Vu sur le web

Bill Gates : « construire un système hybride entre cours en classe et cours en ligne »

1

Pour l'entrepreneur philanthrope qui investit, via sa Fondation, dans l'enseignement en ligne, il n'y a pas de doute : la prochaine révolution éducative passera par Internet. En hybridant les cours traditionnels avec des cours en ligne, on pourrait bien réconcilier de nombreux étudiants avec le système éducatif, tout en favorisant une meilleure reconnaissance des compétences et une plus grande égalité dans les apprentissages.

Lorsqu'on s'intéresse aux MOOC et au boom de l'enseignement supérieur en ligne, on n'est jamais bien loin de la Fondation Bill Gates : l'organisation philanthropique, créée et présidée par le fondateur de Microsoft, finance en partie EdX, la plateforme de cours en ligne des universités Harvard, MIT et Berkeley. Pourquoi ce soutien ? C'est la question qu'a posée The Chronicle of Higher Education à Bill Gates. L'entrepreneur humaniste en a profité pour livrer sa vision de l'éducation et de ses enjeux dans un futur proche.

> 2013, l'année de la révolution éducative ?

Elles ont beau envahir notre quotidien depuis de nombreuses années, les nouvelles technologies n'ont encore jamais vraiment été utilisées au service de l'éducation institutionnelle. Mais cela pourrait changer bientôt : pour Bill Gates, une nouvelle vague d'utilisation des outils numériques à l'école arrive, qui porte une promesse de changement dans les fondamentaux de l'éducation.

« On peut dire que l'éducation individuelle a changé. Pour l'étudiant très motivé, la possibilité de trouver en ligne, gratuitement, des cours de grande qualité permet à chacun d'apprendre bien mieux ».

Mais pour tous les autres, on ne peut pas importer le numérique dans la salle de classe sans se poser des questions : comment faire la différence entre ce que la technologie peut améliorer, et ce qui doit rester de l'ordre du face-à-face ? Selon l'entrepreneur, c'est la grande question à se poser. 

« A terme, on utilisera les technologies pour permettre aux étudiants de se déplacer moins souvent jusqu'au campus. Je suis très optimiste là-dessus : on va construire un système hybride entre cours en classe et cours en ligne ». 

> Dissocier le diplôme de la formation pour valoriser les apprentissages informels et les compétences

Pour Bill Gates, qui a quitté l'université de Harvard avant la fin de son cursus pour fonder Microsoft, le système des diplômes pose problème : la valeur d'un jeune professionnel se mesure trop à ce sésame, et d'autant plus qu'il sera issu d'une « bonne école » ou d'une « bonne université ». Comment valider des compétences réelles en-dehors de ce système contraignant, notamment lorsqu'elles sont acquises par un passionné qui s'instruit seul sur Internet ?

Selon l'entrepreneur, il serait intéressant de « séparer la validation des savoirs (le passage du diplôme) de la façon dont on a fait l'acquisition de ces connaissances ». Si on a acquis en autodidacte tous les savoirs et toutes les compétences requises pour la pratique d'un métier, pourquoi ne pourrait-on pas passer l'examen d'entrée dans la profession, au même titre que ceux qui ont suivi la formation institutionnelle ? 

« Ainsi, je pourrais être reconnu comme un 'étudiant professionnel' : j'aime me nourrir de cours en ligne, c'est une qualité : cela montre que je suis très intéressé ».

> Renverser la classe pour plus d'égalité dans les apprentissages ?

Bill Gates déplore un certain élitisme du système éducatif : les meilleurs lycéens accèdent aux meilleures universités, où ils seront mieux formés que ceux qui, étant déjà moins bons, auraient le plus besoin d'un enseignement de qualité.

Pour en finir avec ce modèle, Bill Gates est partisan de la « flipped classroom », ou classe inversée : plutôt que d'écouter leur professeur faire son cours en classe, puis les laisser faire leurs devoirs seuls à la maison, les élèves apprendraient leur cours avant la classe, en ligne, auprès des meilleurs professeurs. Et une fois en classe, ils mettraient en pratique leurs savoirs par des ateliers en groupe, sous la houlette de leur professeur « physique ». 

Ainsi, tout le monde pourrait profiter des cours des « professeurs superstars », plutôt que de se battre pour être admis dans l'université qui les accueille... et on réserverait aux interactions physiques ce qu'elles apportent de meilleur : l'échange, l'entrainement et la pratique entre pairs.

« Avoir tous les élèves assis dans la classe à écouter le professeur faire son cours sera vu un jour comme quelque chose d'archaïque », conclut le philanthrope.

Alors, les cours en ligne seront-ils un outil pour réduire les inégalités dans les apprentissages ? Il faut croire que oui, et ce serait même déjà le cas, à voir l'opportunité qu'ils représentent pour les étudiants des pays en développement.

Tommy Pouilly le 04/12/2012
Tommy
Tommy Pouilly le 04/12/2012
Photographie : /

1 Comments


Pierre Thomas

Un point de vue très intéressant, Epitech essaie de développer ce modèle, avec un certain succès !

le 06 December 2012

Pingbacks and trackbacks (1)+

Ajouter un commentaire


Loading
biuquote
  • Comment
  • Preview

S'abonner à la newsletter

Votre adresse email sera uniquement utilisée pour vous envoyer la newsletter de RSLN. Microsoft ne l'utilisera pour aucune autre communication, qu'elle soit commerciale ou institutionnelle. Microsoft ne vend ni ne loue ses listes d'abonnées à des tiers.