Vu sur le web

Manifeste pour un journalisme d'open data

0

Les datas sont partout : des gouvernements qui publient des millions de jeux de données, aux artistes numériques qui s’en servent pour redessiner le monde, et jusqu’aux entreprises qui construisent de nouveaux modèles économiques avec. Et le journalisme dans tout ça ? Comment se réinvente-t-il face à cette avalanche de données ouvertes ?

« Tout le monde veut être un journaliste de données – les barrières pour le devenir n’ont jamais été aussi minces, notamment grâce à des outils gratuits qui permettent à chacun d’analyser, de visualiser et de présenter des données. Tout le monde peut vraiment le faire » écrit Simon Rogers, en charge de la partie Data du Guardian.

Ce journalisme de données doit être selon lui intimement lié au « journalisme ouvert » [open journalism en VO], cette possibilité offerte à chacun d’utiliser la puissance du web pour améliorer la qualité des contenus produits, par exemple en les augmentant grâce à des commentaires et des retours. 

Pour Rogers, l’avenir du journalisme de données passe précisément par cette capacité à engager et impliquer les lecteurs dans le processus de création de l’information : 

« Le journalisme de données ne consiste pas (seulement) à être intelligent et à le montrer au monde. Ça doit être bien plus que cela. »

En revenant sur l’exemple – « réussi ou non, ce n’est pas la question » - du portail américain d’open data data.gov, il montre que l’accès aux données publiques n’est pas une finalité mais seulement une première étape : il est essentiel de comprendre comment en tirer le maximum.

C’est là que les journalistes de données entrent en jeu, en les interrogeant, les croisant et les mélangeant pour mettre en évidence de nouvelles réalités. Pour autant, il serait naïf de penser que les données détiennent l’exacte vérité : 

« Les journalistes traditionnels ont traité les données avec une sorte de confiance aveugle qu’ils n’auraient jamais accordé à une source humaine. Les chiffres sont supposés justes, car les vérifier est trop inquiétant » détaille-t-il avant de pointer, à force d'exemples, les limites de cette idée.

C’est pourquoi il est essentiel de mettre les données à disposition des lecteurs, pour qu’ils puissent se les approprier, les commenter, les remettre en question et donc les améliorer. Pourtant, la plupart des données sont encore « fermées, en partie à cause des médias [et donc en partie du Guardian] » explique le journaliste :

« Souvent, vous n'avez pas accès aux données utilisées dans un article ou une dataviz. C’est un peu comme dire : "regardez, nous avons fait ce fantastique guide interactif, mais inutile d'essayer de proposer quelque chose en plus : c’est impossible. A bientôt, et merci d’avoir regardé !" » 

Comment faire alors pour intégrer les lecteurs « qui sont tous des experts de quelque chose » - dans ce processus de création ? « En publiant les données sous une forme ouverte, en les rendant accessibles à tous ceux intéressés » répond Simon Rogers, avant de conclure son article avec les dix points essentiels pour un véritable journalisme de données ouvertes.

Arthur Jauffret le 30/10/2012
arthur
Arthur Jauffret le 30/10/2012

Pingbacks and trackbacks (2)+

Ajouter un commentaire


Loading
biuquote
  • Comment
  • Preview

S'abonner à la newsletter

Votre adresse email sera uniquement utilisée pour vous envoyer la newsletter de RSLN. Microsoft ne l'utilisera pour aucune autre communication, qu'elle soit commerciale ou institutionnelle. Microsoft ne vend ni ne loue ses listes d'abonnées à des tiers.