Médias

Transmédia : l'info à travers tous les écrans (1/2)

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Téléviseur, ordinateur portable ou de bureau, smartphone, tablette... autour de nous, les écrans se sont multipliés ces dernières années. Par leur intermédiaire, l'individu se retrouve plongé au coeur d'un univers de contenus (écrits, audio, vidéo,...) dans lequel l'audiovisuel se banalise.

Mine de rien, cette convergence n'est pas une mince affaire pour des médias habitués à fonctionner en silos : sous l'influence de ce qu'on appelle le « Transmédia », presse écrite et rédactions web se rapprochent, producteurs et diffuseurs d'information doivent travailler main dans la main... de nouvelles équipes se créent, réunissant des talents variés avec un seul but : penser l'information comme un contenu adaptable, capable de se décliner sur différents médias.

L'autre enjeu est amené par le web social : il s'agit de faire jouer les interdépendances entre les médias traditionnels et les médias communautaires, pour propulser les programmes grâce aux partages en ligne. Dans ce mouvement, de nouveaux métiers apparaissent, d'autres se transforment...

Organisé par Cap Digital en partenariat avec Sofrecom et IMCA à Paris, le 28 septembre dernier, le premier atelier du think-tank « Think Transmédia » était l'occasion de faire le point sur ces grandes évolutions avec des acteurs des médias. 

> La « réunification » de l'homo numéricus

Selon Olivier Landau, Directeur délégué à l'Anticipation et la Stratégie à Sofrecom, plusieurs univers de contenus gravitent autour de la sphère personnelle :

- L’univers des contenus issus des médias professionnels, qu’il s’agisse de contenus live ou « à la demande » ;

- L’univers des contenus communautaires : contenus créés par les utilisateurs, partagés et édités au sein des réseaux sociaux ; 

- L’univers – émergent – des contenus « utilitaires » : vidéo d’entreprise, contenu à vocation commerciale...

Dans les interfaces entre ces univers de contenus, de nouveaux services se déploient qui accélèrent l'hybridation de l'information.

 


Pour Pascal Josèphe, président du cabinet de conseil IMCA, l’essor du numérique permet à l'individu de se chercher dans une période de risques et d'incertitudes : autrefois multiple (consommateur, usager, individu, citoyen, etc.), il s’est aujourd’hui réunifié pour survivre dans une société complexe, qui réclame un fort esprit critique. C'est la raison pour laquelle on préfère aujourd'hui « se fier aux recommandations des pairs, dans 80% des cas », plutôt qu'aux corps intermédiaires. 

« L'homo numericus se méfie de la rigidité des silos qui organisent encore la société et les grandes organisations : il est horizontal et fluide, explique Pascal Josèphe. La principale promesse de l’ère numérique est la liberté, comme le montre le succès de la marque Free et des offres "sans engagement". Paradoxalement, cette liberté et ce confort ont pour contrepartie un amoindrissement de la vie privée ».

Le consultant énumère ainsi huit « zéros », qui seraient autant de caractéristiques de cette nouvelle ère de l'information :

1. Les organisations en silo sont en décalage avec le fonctionnement de l'individu numérique. On a donc un décloisonnement, « une réunification de l'individu grâce au numérique, qui développe un esprit critique face aux dangers ». 

> Zéro cloison : Réseau, partages, contributions, consomm'action, conversation, anticipation, rapidité, interactivité, proximité, recommandation...

2. « La liberté, promesse numérique essentielle ».
> Zéro contrainte : choisir, changer d'avis, quitter, consulter, bouger, créer, diffuser… quand on veut. 
3. En contrepartie, on est surveillé : une contrainte sécuritaire car notre confort est en jeu. La confiance portée aux gouvernements, entreprises, marques, autorités morales, devient la confiance portée aux « gens comme moi ».
> Zéro confiance : esprit critique, méfiance, remise en cause, suspicion, investigation, peurs...
4. « Si personne ne me regarde, il ne se passe rien ».
> Zéro pudeur : vie privée, émotion, communauté, avatar, panoptique, rencontre, pseudonyme, exhibition...
5. « Un seul monde, et moi au centre ». 
> Zéro patience : haut débit, IRL/URL, temps réel, géolocalisation, flux, mobile, hybride, interactivité...
6. « Mon univers tourne autour de ce que je ressens ». 
> Zéro indifférence : fluidité, émotion, personnalisation, unique, synchronisation, micro-solidarité, LOL, émoticônes...
7. « Mes conversations, partout avec moi, sur tous mes écrans ».
> Zéro frontières : fin des fonctionnalités dédiées, selon les terminaux, fluidité des contenus, conversation transversale et permanente : l’interopérabilité au cœur du système.
8. « 2025, alliance nanotechnologies et neurosciences ».
> Zéro limite technologique : « no device », écrans virtuels, commandes par la pensée, mémoire humaine illimitée, créativité assistée, avatar...

 > Accompagner la transition avec prudence

Au cours de la discussion qui a suivi, des professionnels présents dans la salle ont pris soin de tempérer l'impact du changement : 

« Même si le second écran amène des usages complémentaires, l’écran linéaire reste le principal accès, fait remarquer Stéphane Gaultier, de la société Virdual : Il concentre toujours l'essentiel des financements ». Une vision qu'approuve Pascal Josèphe : « Ceux qui annoncent la fin de la télévision se trompent. On est à la fois dans l’hyper individualisation et l’hyper-communion, dans le cas de grands évènements en direct ».

Pour Stéphane Natkin, de l'Ecole Nationale du Jeu et des Médias Interactifs (ENJMIN), « les choses auront changé quand la première campagne de publicité virale rapportera plus qu’un passage à 20h sur TF1 ». Selon lui, ce changement devrait intervenir dans moins de 10 ans... et la mécanique de financement de la télévision en sera bouleversée. 

Par ailleurs, le cloisonnement n’est pas nécessairement une mauvaise chose : dans certains cas, c'est même « ce qui empêche le pétrolier de couler », comme l'a rappelé le financier George Soros, en expliquant que la faillite récente de grandes banques était en partie due au décloisonnement de l’économie.

> Quelles conséquences pour les médias ?

Pour la suite de la matinée, des professionnels des médias ont témoigné de l'irruption du transmédia dans leur univers de travail : comment les écrans multiples transforment-ils les métiers de l'information ? Quelles sont les stratégies à adopter pour y faire face ?

Ne manquez pas la suite de notre billet pour découvrir les réponses des spécialistes à ces questions.

Tommy Pouilly le 08/10/2012
Tommy
Tommy Pouilly le 08/10/2012

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