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Éducation

L'université en ligne est-elle l'avenir de l'éducation ?

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Le développement des cursus en ligne, c'est l'événement de la rentrée qui approche. Nous vous en parlions récemment : les cours de masse en ligne et ouverts ont la cote aux Etats-Unis. Harvard, le MIT et l'Université de Berkeley en Californie se sont associés pour créer la plate-forme edX, investissant 60 millions de dollars. Et, déjà, plus de 120 collèges et universités veulent rejoindre leurs trois grandes sœurs dans l'aventure. Alors, l'université en ligne est-elle l'avenir de l'éducation ?

En réalité, cet engouement n'est pas nouveau : l'e-learning est déjà un succès outre-atlantique, à tel point que certaines universités virtuelles ont désormais plus d'étudiants que leurs homologues physiques. C'est le cas en Arizona, où l'Université de Phoenix a attribué près de trois fois plus de diplômes en ligne que l'Université d'Etat de l'Arizona n'a décerné de diplômes traditionnels.

« Nous ne devrions pas être surpris, car toute l'industrie va dans cette direction », a déclaré à TechCrunch Robert Pianta, doyen d'une université de Virginie.

> Un modèle économique : le freemium 

Le principe retenu est celui de la gratuité des cours, assortis d'examens payants : dans un pays où le coût de l'enseignement supérieur - largement privatisé - complique l'accès au diplôme pour certaines catégories de population, s'instruire pourrait donc être, à l'avenir, plus accessible au grand nombre. C'est par contre la validation de ces acquis, qui imposera de mettre la main au portefeuille. Un prix que les universités en ligne souhaitent maintenir relativement faible

Offrir la gratuité des fonctions de base, sous réserve que le service soit financé par le prix des prestations plus poussées : ce modèle, baptisé freemium, est un classique des services en ligne. Appliqué à l'enseignement scolaire, pourrait-il contribuer à démocratiser et développer l'éducation pour tous ? C'est en tout cas l'idée mise en avant par les concepteurs de ces programmes en ligne, parfois animés par de véritables motivations philanthropiques : la plate-forme edX, par exemple, est en partie financée par la Fondation Bill Gates.

Dématérialisée, l'université pourrait déjà permettre de toucher de nouveaux publics. Et, peut-être, de favoriser les reprises d'études, pour une éducation tout au long de la vie : l'âge moyen des étudiants de l'université en ligne de Phoenix est ainsi de 33 ans - et beaucoup d'entre eux se sont inscrits après avoir fondé une famille. 

> Une alternative crédible aux diplômes traditionnels ?

Quand on connaît le prix très élevé d'un cursus dans les universités anglo-saxonnes, on comprend que l'e-éducation ait de quoi séduire l’étudiant curieux. Mais la qualité de cet apprentissage n'est pas encore garantie. Non pas que le fait d'apprendre à distance soit moins efficace, mais c'est une chose qui reste difficile à mesurer : 

« En réalité, les enfants ne se développent pas d'une façon formatée, tous les neuf mois que dure chaque année scolaire, comme ils ont pu l'être pendant la grossesse de leur mère ! », explique Paul Heckman, vice-doyen de l'éducation à UC Davis.

L'essentiel de la valeur de ces diplômes réside donc dans l'accueil qui leur sera fait sur le marché du travail. A ce niveau tout reste à prouver, et convaincre les employeurs pourrait rester un défi, à en croire certaines statistiques : un rapport indique ainsi que les étudiants des universités en ligne, qui comptent pour 10% des étudiants américains, représentent 50% des défauts de remboursement des prêts étudiants... signe que l'insertion dans un emploi durable et rémunérateur n'est pas encore garantie après ce genre de cursus. 

 

> L'hybridation cours en ligne / cours en classe, une piste à creuser ?

Un autre point sur lequel l'université en ligne doit encore s'améliorer par rapport aux universités classiques, c'est la possibilité de travailler avec ses camarades : pour dépasser la solitude de la connexion, les étudiants des universités dématérialisées sont déjà à la recherche de nouveaux lieux, proches de leur domicile, pour leur socialisation dans un environnement favorable aux apprentissages. Imaginons : dans un futur où l'enseignement à distance aurait progressé, la construction de centres de télétravail pour étudiants pourraient être une vraie question d'urbanisme... et de développement durable.

Dans un entretien accordé au Monde, le professeur Daphne Koller explique quant à elle que les cours en ligne peuvent être utiles, même pour les étudiants inscrits dans les universités traditionnelles, car ils permettent d'innover en inversant les tempos : dans l'enseignement classique, le temps de classe est un « temps passif » employé à écouter le professeur, tandis que le temps le plus actif - celui de l'entraînement et de la mise en pratique - est réservé aux devoirs, en l'absence de l'enseignant. Avec les cours en ligne, au contraire, les élèves peuvent écouter leurs leçons avant de venir en cours. Le temps avec l'enseignant sera donc un « temps actif », consacré au questions et aux études de cas, où des aptitudes variées de l'élève seront stimulées de façon plus interactive. Le concept porte un nom en anglais, « flip education » que notre Wikipédia francophone connaît sous le nom de « classe renversée ».

Des défis, des questions... et des pistes de solutions : voilà donc ce qui se dessine, pour les cours en ligne, à la rentrée 2012... et dans les années à venir.

Tommy Pouilly (@5h55) le 13/08/2012
Tommy
Tommy Pouilly (@5h55) le 13/08/2012

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