Et maintenant, quelles politiques numériques ? débat

Pas une mesure, mais des mesures

contributeur Jean-Louis Frechin Directeur innovation et prospective de l’ENSCI – LesAteliers le 02/08/2012

Il n’y a pas une mesure prioritaire pour le Numérique mais une prise en considération que nous vivons un changement d’âge et d’époque qui sculptera le destin du XXIe siècle. Le numérique, « nouveau pétrole » détermine la généalogie des organisations, des choses, la manière dont nous les faisons. Dans ce contexte, nos modèles sont remis en cause à cause. On peut ainsi souligner plusieurs idées pour construire de nouvelles propositions.

  1. Le numérique élargit la notion de progrès et délaisse le seul critère technologique, au profit d’enjeux d’usages, humanistes, centrés sur la force de la « multitude » et de nouvelles formes de création de valeurs.
  2. La relation entre producteur et consommateur est changée à tout jamais...
  3. On ne peut oublier la nature, l’objectif et la qualité de ce que l’on se propose de « produire » et la nature symbolique de cette production.
  4. Nous ne retrouverons pas nos usines d’antan, par contre nous pouvons inventer un Nouveau Monde industriel.

Ces émergences impactent profondément la société française, inadaptée à ces mutations par son modèle éducatif, ses peurs, sa difficulté dans la relation au monde.

Voici quelques mesures pour un Redesign de la France en complément de nos atouts qui sont nombreux et que nous oublions trop souvent.

Éducation créative, pratique et ouverte sur l’esprit d’entreprendre et d’autonomie émancipatrice. Notre pays revendique une réputation créative. Mais pour répondre à ce legs issu de la fin du XIXème siècle, il faut valoriser les passions, les vocations et les initiatives par une éducation généraliste valorisant l’adaptation au monde, mais également la création et la pratique.

Une simplification administrative au service et centrée sur le citoyen. Le numérique n’est pas un moyen, mais une opportunité de redéfinir le rôle, les services et la relation aux citoyens signant un nouvel pacte républicain.

Nouveau statut pour définir le rôle et l’objet social des entreprises. Réinscrire les entreprises et les organisations dans des objectifs identifiables, sociaux, territoriaux, politiques, économiques dont la juste finalité est un « bénéfice humain » dont la conséquence sera un gain économique et un progrès social.

Un plan national pour valoriser les PME, les entreprises Innovantes et les StartUps (small business act). Favoriser l’accès au marché public aux petites entreprises. Encourager les relations entre grand groupe et petite structure, redéfinir les politiques d’achats et l’amélioration des conditions de paiement.

Clarifier les rôles respectifs de la recherche et de l’innovation dans le discours et les actions publiques. Valoriser les propositions de la science, mais également les propositions de transformations centrées sur les usages et les produits/services par la mise en place d’un crédit impôt innovation.

Valorisation nationale du design comme force de transformation et de proposition. Considérer l’apport du design et de la création industrielle pour ce qu’ils apportent; une force de proposition et de transformation puissante impliquée et contextuelle, stratégiques et créatrice de valeur(s) humaines, économies et différentiantes.

Montrer et révéler les changements et champions dans une exposition nationale de la « France qui change ». Réinventer le concept d’exposition universelle et identifier les « Tour Eiffel » du XXI siècle pour représenter nos destins communs, une fierté collective et un message d’avenir aux jeunes.

Ces propositions de changement sont une responsabilité politique, un défi et un leg de notre histoire. Les créateurs, les entrepreneurs et les scientifiques doivent l’assumer et s’y préparer... Les politiques doivent l'intégrer... c’est un enjeu d’économie politique.

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