Médias

Quatre façons de mettre fin à Internet (ou presque)

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Il est loin le temps du bug de l’an 2000 et des prédictions apocalyptiques qui l’ont accompagné. Un non-événement que l’on regarde presque avec sympathie et dérision aujourd’hui. Sauf que le coup d’une panne généralisée d’Internet n’est pas forcément un fantasme et reste un scénario toujours d’actualité.

C’est ce que détaille le neuroscientifique David Eagleman, auteur de Why the Net Matters sur le site de CNN dans un long billet publié mardi 10 juillet. Au menu, quatre scénarii a priori crédibles qui pourraient « mettre Internet à terre », car, comme tout système, le réseau des réseaux reste faillible.

1. Le soleil décide de nous jouer un mauvais tour

La première cause d’une fin soudaine et brutale d’Internet pourrait être d’origine extra-terrestre. Elle viendrait de loin, à 150 millions de kilomètres de la Terre: une éruption solaire massive, de nature à déclencher des « tempêtes géomagnétique » à la surface du globe, pourrait « faire fondre transformateurs et systèmes informatiques », rien que ça.

Faut-il vraiment s’inquiéter d’une telle histoire, qui semble directement sortie d’Hollywood ? Eh bien explique David Eagleman, d’une part le phénomène a déjà été constaté sur une douzaine de satellites en 1998 qui ont tous cessé de fonctionner en même temps lors d’une suractivité à la surface du soleil. D’autre part, le prochain cycle de tempêtes géomagnétiques majeures serait prévu au milieu de l’année prochaine, en 2013. On croisera les doigts !

2. Une guerre de la déconnexion

Au Moyen-Âge, il fallait assiéger les châteaux forts ; pendant la Seconde Guerre Mondiale, couper les ravitaillements de la ligne de front adverse ; aujourd’hui, un bon général devrait appliquer la stratégie suivante : sus au Net !

Comment mettre en œuvre un tel plan de bataille ? En gavant les réseaux adverses de virus et autres vers destructeurs, directement au cœur des systèmes ennemis. Stuxnet, un ver informatique développé par les Etats-Unis et Israël pour affaiblir l’Iran, fait figure d’exemple probant sur l’efficacité de cette approche :

« Ce ne serait pas surprenant dans le futur qu’une cyberguerre prenne non seulement pour cible les complexes militaro-industriels mais également la connexion Internet de toute la population. Si vous voulez mettre votre ennemi à genoux, affaiblissez d’abord ses réseaux », assène David Eagleman.

3. Le bouton « off »

Un gouvernement pourrait-il décider de couper volontairement Internet, dans l’intérêt national voire mondial ? C’est ce qu’ont souhaité, au moins un temps, certains hommes politiques américains, qui avaient pour velléité de confier au Président la capacité de couper l’accès aux réseaux en cas de force majeure. Un peu à l’image de la valise avec les codes atomiques de certains pays, des dirigeants pourraient donc exiger leur bouton « off », ou « kill switch » - un dispositif d’arrêt d’urgence - de l’accès national à Internet.

De telles expériences ont déjà été menées par les gouvernements égyptien et lybien lors du printemps arabe, tandis que la Chine « chercherait activement à obtenir cette capacité à tout arrêter de manière radicale ».

Cependant, cette possibilité a pour l'instant été écartée par le Congrès américain. Il a été considéré qu’en temps difficiles, les retombées de l’activité sur Internet seraient globalement positives, puisque les bénéfices des actions de solidarité et d’entraide seraient supérieures aux actions destructrices des « bad guys » qui tenteraient de tirer profit de la situation.

4. Couper les (bons) fils

Enfin, n’oublions pas que 99% du trafic Internet passent par les câbles tendus sous les océans. Les couper au bon endroit, surtout près des « points d’étranglement » du réseau, pourrait sérieusement remettre en cause le trafic d’information mondial. Le contrôle du monde sous-marin pourrait donc très bien devenir un enjeu majeur des puissances qui souhaitent protéger leur accès à Internet.

En outre, de tels cas de sabotage ont déjà été répertoriés en 2008, note David Eagleman, à proximité des pays du Moyen-Orient notamment, bien que l’origine de ces « coupes » sauvages n’ait jamais vraiment été identifiée.

> Vers le retour à la bougie ?

Alors, faut-il prendre au sérieux ces menaces ? Si elles sont bien argumentées, voire prouvées pour certaines, rappelons tout de même qu’Internet et sa structure réticulaire est telle que, même attaquée, il pourrait continuer à fonctionner en empruntant plusieurs chemins de traverse.

A part dans le cas d’une énorme tempête solaire, les pannes possibles semblent donc pour la plupart localisées à plus ou moins grande échelle. Ce qui n’est pas pour autant très rassurant pour les pays concernés.

Dans le registre de « la peur de l’avenir », apportons notre pierre à l’édifice : de nouveaux Nostradamus prédisent d'ores et déjà l'avènement d'un nouveau bug d'ampleur mondiale pour 2038. D’ici là, on a au moins le temps de se tenir prêt. 

Jason Wiels le 13/07/2012
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Jason Wiels le 13/07/2012

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