Vu sur le web

Les LOLCats nous rendent-ils intelligents ?

0

A première vue, difficile de prendre au sérieux les images de chats qui circulent sur Internet depuis le début du phénomène lolcat, tant ces photos de félins assorties d’un commentaire sont synonymes de détente et de douce plaisanterie.

Pourtant, des chercheurs commencent à s’intéresser au phénomène, ainsi qu’aux autres mèmes qui fleurissent sur Internet, comme des éléments emblématiques d’une nouvelle « culture populaire » : à la ROLFcon, une conférence scientifique sur la culture web qui s’est tenue au MIT, certains sont venus présenter des travaux plutôt originaux sur la question, raconte The Atlantic.

Pour Kate Milter, diplômée de la prestigieuse London School of Economics sur un mémoire consacré au LOLCats, le contenu de ces images importe peu : c’est la façon dont elles sont créées et circulent, ainsi que ce qu’elles révèlent de notre culture, qui est intéressant.

 « S’agissant des LOLcats, le partage et la création sont souvent au service d’une même cause : établir des liens significatifs avec les autres », dit-elle.

C’est également ce que nous avait expliqué Clay Shirky, lorsqu’il était venu nous rendre visite à Paris.

Kate Miltner propose quant à elle toute une sociologie des afficionados de LOLcats. La première catégorie d’amateurs, qu’elle nomme « Cheezfrend », sont des gens qui aiment les chats, et veulent « être sympa, sourire et aider les autres ». La seconde catégorie est représentée par des « geeks », qui détournent les LOLcats en les associant à d’autres mèmes, pour créer des contenus à haute teneur en culture web, que seuls les initiés comprendront. La troisième catégorie, enfin, est celle des profanes, qui partagent occasionnellement les LOLcats qu’ils trouvent sur les réseaux lorsqu’ils les trouvent amusants.

Pour la jeune chercheuse, les mèmes sont le reflet des angoisses et des désirs de notre société. « En les étudiant, nous pouvons mieux comprendre ce qui se passe dans l’esprit collectif de notre culture », déclare-t-elle.

Kate Miltner a ensuite présenté quelques mèmes récents qui, s’ils n’ont pas fait polémique, ont du moins suscité de vives réactions. Car en détournant des éléments de l’actualité du web ou de l’actualité tout court, les auteurs des mèmes semblent parfois se moquer, ou faire preuve d’un certain cynisme face à des situations parfois tendues.

Doit-on cautionner des mèmes qui véhiculent des clichés racistes ou sexistes ? C’est, en substance, la question que pose Rebecca Rosen, la journaliste de l’Atlantic.

Pour Latoya Peterson, fondatrice du blog Racialicious qui traite des liens entre la culture pop et les différences ethniques, c’est « à la fois problématique et intéressant » :

« Même si le mème flirte avec des stéréotypes, il permet aux gens d'explorer les questions d'identité et d'offrir, avec humour, leurs propres commentaires sur ce qu'ils en pensent. Grâce à la nature participative du mème, et de l'Internet en général, ils ont trouvé [sur ces sujets] un espace d'expression qui n'existait pas lorsque les médias était plus centralisés ».

A contre-courant des voix qui déplorent la fin de l’engagement civique, la ROFLCon rappelait donc, pour la journaliste, que le débat public en ligne est encore bien vivace. Il suffit de savoir où le chercher : ici, dans la pop et la web culture, assurément.

Tommy Pouilly (@5h55) le 09/05/2012
Tommy
Tommy Pouilly (@5h55) le 09/05/2012

Pingbacks and trackbacks (1)+

Ajouter un commentaire


Loading
biuquote
  • Comment
  • Preview

S'abonner à la newsletter

Votre adresse email sera uniquement utilisée pour vous envoyer la newsletter de RSLN. Microsoft ne l'utilisera pour aucune autre communication, qu'elle soit commerciale ou institutionnelle. Microsoft ne vend ni ne loue ses listes d'abonnées à des tiers.