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Société

Eric Horvitz : « Nous sommes à l'aube d'une révolution »

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Nous vous parlions récemment du Machine Learning Summit 2013 et de l'enjeu du décryptage et de l'exploitation des Big Data aujourd'hui. Lors de l'événement, nous avons eu le plaisir de rencontrer Eric Horvitz, co-directeur du principal laboratoire de Microsoft Research à Redmond dans l'Etat de Washington.

Le laboratoire couvre toutes les sphères de la recherche informatique dans le monde mais pour le Machine Learning Summit, Eric Horvitz est venu parler d'apprentissage statistique. Enthousiaste, il nous a raconté l'idée qu'il se faisait de la société de demain. Pour lui, les algorithmes et les robots feront partie intégrante de notre vie. 

Un monde de données

Les données sont devenues un élément central de notre société. Mais l'enjeu actuel est celui de leur exploitation. Comment les collecter, comment les analyser et qu'en faire ? Pour Eric Horvitz, les données ont un pouvoir immense :

« L'un des enjeux majeurs aujourd'hui est celui de la domestication des données. Elles sont capables de prédire et de diagnostiquer. Elles peuvent révéler un état qui est en d'autres circonstances caché au monde. On peut par exemple prédire le futur en croisant différentes données corporelles, environnementales et de santé d'un patient et savoir quand il commencera à souffrir du cœur ou autre. »

Et les prédictions peuvent être faites dans tous les domaines à partir du moment où l'on recoupe les bonnes données entre elles :

« Ces outils peuvent aider les organisations à être plus prévisibles en sachant ce qui va arriver et en agissant de manière anticipée. »

L'apprentissage statistique pour décrypter

Pour analyser les données, les chercheurs font donc appel à l'apprentissage statistique - ou apprentissage automatique. Un domaine majeur aujourd'hui puisque la compréhension des données et des informations qu'elles transportent posent les bases du succès des entreprises et de toutes les organisations :

« Nous avons des ordinateurs qui sont de plus en plus puissants et qui sont capables de calculer à partir de masses de données. L'apprentissage statistique était il y a quelques années encore un exercice académique, aujourd'hui il fait et il défait des entreprises. Quand on regarde une vidéo sur internet par exemple, on est dans l'apprentissage statistique puisque les publicités ont été choisies pour nous en fonction de nos goûts. »

Mais si les algorithmes rythment toute la société et sont capables de déterminer tout ce qui va se passer, quelle part reste-t-il à la surprise ? Une question sur laquelle s'est déjà penché le chercheur :

« Il y aura moins de surprise c'est sûr mais plus d'optimisation d'un service par exemple. Si les gens peuvent anticiper ce qui va se passer, ils pourront changer des éléments en fonction de ces prévisions. »

De nouveaux métiers

De nombreuses entreprises cherchent désormais des data scientists et certaines universités, à l'image de la New York University ou encore de Columbia, délivrent désormais des diplômes d'analyste de données.

« Et ces analyses seront primordiales selon Eric Horvitz car comme on dit "Big Data can also lead to big problems". Nous avons besoin de personnes capables de développer des algorithmes pour analyser ce déluge de données et y donner de la valeur.

Nous avons de larges bases de données et elles sont en train de devenir le centre de la compétition dans de très nombreuses industries. Comment savent-elles ce que veulent les gens ? Comment trouvent-elles des régularités dans leurs usages et leurs consommations ? L'apprentissage statistique devient essentiel dans tous les domaines que se soit l'économie, la santé ou même l'éducation. En analysant les données des élèves on peut développer un apprentissage qui leur est adapté par exemple. Et c'est ce que Coursera est en train de faire. »

Une révolution « computationnelle »

S'il considère que le terme « Big Data » est aujourd'hui tendance, il a pour autant tout son sens puisqu'aujourd'hui les données sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus disponibles. Les capacités de stockage sont également beaucoup plus grandes, ce qui ne manque pas de rappeler quelques souvenirs à Eric Horvitz :

« Quand j'étais étudiant en 1989 j'avais utilisé presque tout mon argent d'enseignant-chercheur pour acheter un disque-dur de 40 Mo. C'était très cher et il était énorme. Quand il m'a lâché j'ai dit à mes amis, ça y est "j'ai tout perdu". Aujourd'hui rien que sur de toutes petites clés USB on peut stocker tellement plus. »

Et pour le chercheur, l'apprentissage statistique est un changement majeur comparable à la révolution industrielle :

« Je pense que nous sommes aux premières lueurs d'une révolution computationnelle. Je pense que dans 500 ans nous regarderons en arrière et nous constaterons que le début du XXIe siècle était le début de la révolution computationnelle comme on regarde aujourd'hui la révolution industrielle. On ne s'en rend juste pas encore compte parce qu'on est dedans. »

Pour lui, nous avons déjà largement initié la transition et les smartphones en sont les pièces maîtresses. Tout le temps connectés dans nos poches, ils constituent une extension de l'être humain. Les détecteurs sont aussi de plus en plus nombreux et de moins en moins chers.

Mais le chercheur n'oublie pas que la question des données est intimement liée à celle de la vie privée :

« C'est une question que nous nous posons constamment : comment en savoir un maximum sur les gens pour mieux les servir tout en protégeant leur vie privée»

RSLN le 07/05/2013
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RSLN le 07/05/2013

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