L'e-learning est-il l'avenir de l'éducation ? débat

« Le numérique abolit les distances physiques mais ne doit pas creuser un fossé relationnel »

contributeur Michel Dupuis Michel Dupuis est Professeur des Universités à l'Université de Lille Nord, Docteur d'Etat en droit privé, il est également Co-directeur de l’ERADP et Administrateur de l’Université numérique juridique francophone (UNJF) le 17/01/2013

L'e-learning est-il l'avenir de l'éducation ? Je retournerai la question sous une autre forme : est-il souhaitable de dématérialiser l’Université ? La réponse négative ne fait pour moi aucun doute.

Loin de moi l’idée que l'e-learning ne constitue pas une évolution nécessaire de l’éducation. Mais il ne peut être l’unique modèle d’enseignement du futur, du moins si j’en juge à ce que connais, l’enseignement des sciences juridiques.

La transmission de la connaissance de base par des modules scénarisés, la mise en place d’exercices auto-correctifs, l’emploi des serious games sont autant d’outils formidables pour former nos jeunes à la dialectique du Droit.

Mais dans quel but formons-nous nos étudiants, est-ce pour en faire des cyber-juristes ? L’enseignement exclusivement distant risque d’effacer l’humain derrière l’ordinateur.

Or l’efficacité des professionnels qui sortent de nos facultés repose en grande partie sur le savoir être, l’écoute, la capacité de travailler en commun, autant de qualités qui s’acquièrent en se confrontant aux autres directement, sans le truchement d’une connexion informatique, aussi performante soit-elle.

Les outils numériques d’enseignement ont l’immense mérite d’abolir les distances physiques, mais ils ne doivent pas creuser un fossé relationnel entre les individus.

On l’aura compris, je pense que l’avenir de l’enseignement passe par un mixage entre le présentiel et l'e-learning : au premier de créer du lien, d’apporter des valeurs, de guider l’apprentissage et d’assurer les contrôles nécessaires à  la validation des connaissances ; au second d’ouvrir ses inépuisables ressources, de transmettre les connaissances.

Les facultés de droit ont ici un défi à relever. Pas sûr qu’elles y soient totalement prêtes et c’est sans doute les contraintes budgétaires qui les y conduiront.

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