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Économie numérique

Pourquoi les touches de notre clavier sont-elles dans cet ordre-là ?

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Décoder, décrypter et répondre aux questions de votre quotidien numérique : l’Antisèche revient sur RSLN. Au programme : le mystère de l’organisation des touches de notre clavier.

Mon azerty

D’abord, quelques définitions toutes simples. Un clavier « azerty » est le clavier le plus répandu dans les pays francophones. Azer… comment ? Azerty : comme les six premières lettres de la première rangée de votre clavier. Celle de tout en haut à gauche, lue de gauche à droite –dans le sens logique de notre lecture.

De l’autre côté de l’Atlantique, de la Manche les claviers sont en « qwerty ». Et outre-Rhin, ils sont en Quertz. Et les lettres ne sont pas exactement à la même place. Mais pourquoi ?

Sholes et les machines à écrire

Vous vous êtes peut-être fait la réflexion un jour. Mais pourquoi les lettres de mon clavier ne sont pas dans l’ordre alphabétique ? Et vous avez peut-être lu quelque part qu’il s’agissait de ralentir la vitesse de frappe sur les machines à écrire. C’est faux.

D’abord, parce que lorsque le premier clavier a été inventé, non il n’y avait pas de dactylos à ralentir. Ensuite parce que le but de la machine à écrire était tout de même de… pouvoir écrire.

Les machines à écrire ont par contre déterminé la place des lettres sur votre clavier.

Si vous avez déjà vu fonctionner une machine à écrire, vous avez sans doute remarqué que ce sont de petits marteaux qui viennent frapper le ruban encreur. Et bien, au moment de la création de cette machine par Christopher Latham Sholes, en 1873, l’inventeur s’est rendu compte que si les lettres étaient disposées dans l’ordre alphabétique, les marteaux se télescopaient, rendant ainsi l’écriture impossible ou alors bien trop lente. Pour une version sympathique –en langue anglaise- de l’histoire de la machine à écrire, c’est par ici.

Mais pourquoi n’y a-t-il pas eu d’évolution du clavier ?

En fait, il y aurait pu en avoir. Et oui, d’autres personnes se sont déjà penchées sur l’ergonomie imparfaite de ce charmant outil qui nous sert à écrire, chatter, chercher, surfer, etc.

Sholes lui-même avait repéré le problème de ralentissement du clavier qwerty. Mais Remington qui se chargeait à l’époque de vendre la géniale invention, était suffisamment satisfait du succès de la machine à écrire. Les seules modifications apportées par Sholes ont donc été la possibilité d’écrire en capitales et en minuscules.

En 1932, c’est au tour d’August Dvorak d’inventer un nouveau clavier. Le pédagogue et professeur en psychologie à l’université de Washington avait mis au point, après dix années de recherche, un clavier plus ergonomique et surtout plus facile à prendre en main.

La disposition Dvorak, conçue pour le confort de l’utilisateur et repose sur plusieurs principes :

- utiliser les deux mains lors de la frappe

- se servir d’abord de la rangée centrale, ensuite la rangée du haut et en dernier la rangée du bas

- solliciter les doigts les plus habiles, à savoir l’index et le majeur.

 

Voici une image d'un clavier Dvorak :


Et pourquoi alors n’utilisons-nous pas tous ce système ? D’abord, parce qu’une fois que nous avons appris à écrire avec le clavier, nous nous disons tous que cela ne vaut pas le coup de prendre le temps de réapprendre avec un autre système. C’est ce qui a donné lieu à la théorie de la dépendance au sentier, ou path dependence, qui dénonce l’incapacité à adopter des systèmes supérieurs à ceux existants par simple influence du passé.

Ensuite parce qu’il n’a pas été prouvé de façon stricte que ce système fait gagner du temps. Et enfin, chez nous francophones, parce que le clavier a été optimisé pour la langue anglaise.

L’ère numérique n’y a rien changé ?

Pourquoi le clavier n’a pas fait l’objet d’évolutions au moment de l’apparition des systèmes numériques ? Et bien, le clavier d’ordinateur était déjà une petite révolution lors de son apparition. L’idée était même de garder la similarité d’apparence avec les claviers des machines à écrire afin de ne pas dérouter les utilisateurs.

Apparus dans les années 1960, les claviers numériques sont une véritable interface homme-machine. Depuis, la forme de votre clavier n’a pas finie d’évoluer. Par exemple des claviers « droits », c'est-à-dire en escalier comme les premières machines à écrire, nous passons peu à peu aux claviers plats reconnus comme plus ergonomiques.

Les touches n’ont cessé d’être plus nombreuses et plus adaptées aux usages, avec notamment le pavé numérique, les touches de fonction ou les touches multimédia. Et aujourd’hui, encore, il continue d’évoluer, principalement, avec les claviers des téléphones portables ou des écrans tactiles.

Source des visuels : keyboard, Flickr, licenceCC, par mrdelayer et Klein Voss, Flickr, licenceCC, par shordzi

Claire Abrieux le 29/12/2011
Claire
Claire Abrieux le 29/12/2011

7 Comments


[Enikao]

Précision : les claviers d'outre-Rhin ne sont pas en QUERTY, mais en QUERTZ Smile

le 29 December 2011
[Enikao]

Euh, pardon, QWERTZ.

le 29 December 2011
Gérard Mélone

Bonjour Claire,

Merci pour cet article !
Une petite coquille : "Un clavier « azerty » est le clavier le plus répandu dans les pays anglophones"
"Azerty... anglo", ah bon ?

le 29 December 2011
TanKu

"Un clavier « azerty » est le clavier le plus répandu dans les pays anglophones"

Je suis le seul à être choqué?

Pour ce qui est de la disposition des touches, j'ai du mal à croire que la vitesse de frappe n'a pas été un facteur déterminant. En effet le but était de ne pas enrayer les machines à écrire mais je doute que la vitesse de frappe n'était pas un facteur pris en compte.
En effet, l'espacement permet d'éviter aux marteaux de se croiser mais pas dans tous les cas...et pour ceux là je pense que seule la vitesse permet d'éviter l'enrayement non?

Best,
--Fabien

le 29 December 2011
Claire Abrieux

Bonjour à tous,

Merci pour vos lectures attentives. Nous avons corrigé les coquilles.

Pour répondre à Fabien, à l'époque l'important était seulement que la machine fonctionne. Sholes était préoccupé par le fonctionnement global et pas tant par l'ergonomie du clavier. Et il faut dire également que le premier modèle est passé quasiment inaperçu par ses contemporains. Il n'y a pas vraiment eu de feedbacks donc pour améliorer la machine. Si vous voulez en savoir plus sur l'exégèse de la machine à écrire, voilà deux sources intéressantes -mais en langue anglaise- :
http://home.earthlink.net/~dcrehr/whyqwert.html
en.wikipedia.org/.../Sholes_and_Glidden_typewriter

le 30 December 2011
Bulair

Très bon article. Une question cependant : comment se fait il que le clavier Azerty ne comporte pas d'accent aigu ? Ni de guillemets (« et ») ?

le 11 December 2012
agostini

je possède une machine à écrire ERIKA très ancienne(avant guerre)est-ce que quelqu'un pourrait me dire ce que signifie la disposition des touches de ce clavier hors normes( à savoir qu'il n'y a pas de chiffre 1 )exemple : 2ème.lignes : 2-A-E-U-°-K-G-M-L-N-P ( voir mon annonce sous"le bon coin" )

le 31 January 2013

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