Suivez-nous également sur Twitter @RSLNmag
Vu sur le web

Le Web, cet espace méritocratique. Vraiment ?

0

Sur internet, la voix des uns compte autant que celle des autres. Grâce au blogging, aux réseaux sociaux ou encore aux plateformes de journalisme citoyen, tout un chacun peut s'exprimer sur tout ce qu'il souhaite, débattre d'égal à égal avec d'autres internautes, échanger des contenus, les diffuser, etc. Voilà pour l'image d'Epinal.

Sur le blog du Forum économique mondial, la chercheuse danah boyd (Microsoft Research, Harvard, New York University), explique pourquoi le web est loin d'être aussi méritocratique que l'on pourrait le penser de prime abord. Et sa réflexion part d'un simple constat :

"Ce n'est pas possible de suivre tout ce qui se passe et nous comptons sur les autres pour sélectionner du contenu pour nous ; historiquement, nous nous sommes tournés vers des curateurs professionnels tels que les journalistes. Avec la montée des médias sociaux, nos propres réseaux sont devenus, de facto, nos propres curateurs."

Inégaux face aux réseaux

Alors certes, "tout le monde" - sous réserve de disposer d'une connexion internet, d'un ordinateur, d'une tablette ou d'un smartphone et des connaissances de base du fonctionnement de ces outils et du réseau ; ce qui est déjà beaucoup... - peut s'inscrire sur un ou plusieurs réseaux social pour publier, par exemple, son avis sur un fait d'actualité ou sur un produit culturel. Mais en sera-t-il pour autant entendu ? Car le contenu publié a beau être public, "de nombreux efforts sont encore nécessaires pour le promouvoir".

Et, pour aller plus loin, par qui le contenu est-il lu ? Pour danah boyd, les gens qui vous entourent, dans un cadre professionnel ou personnel, déterminent comment vous utilisez les médias sociaux. Et votre réseau on line. Car comme dans vie réelle, "la plupart des gens ne suivent pas des inconnus de manière aléatoire ; ils suivent les gens qu'ils connaissent, qu'ils respectent ou qui éveillent leur curiosité". Ce qui limite la portée de vos éventuelles publications...

Le contenu qui attire l'attention ? L'embarrassant, l'humiliant et le grotesque

Pour la chercheuse, le contenu a également son importance. Et celui qui attire l'attention est assez facilement identifiable : c'est celui qui est embarrassant, humiliant ou grotesque. Soit, par exemple, les articles sous formes de listes (listicles), les vidéos virales, les mèmes ou encore les buzzwords. Des formats qui nécessitent bien souvent des codes particuliers, d'écriture ou d'illustration, ou encore des compétences techniques, de tournage et de montage vidéo par exemple. Des capacités ou des connaissances que "tout le monde" ne peut, faute de formation ou de temps, acquérir et... réutiliser.

Les réseaux sociaux : la reproduction du système médiatique traditionnel ?

Diverses dynamiques qui poussent danah boyd à conclure :

"Les médias sociaux ont mis en place un nouveau paysage médiatique. Ceux qui peuvent tirer profit de ces outils pour partager de l'information usurpent le traditionnel mode top-down de la diffusion médiatique. Mais réussir à utiliser les médias sociaux de manière pertinente demande une littératie médiatique conséquente. Ce qui nécessite de baigner dans les dynamiques de ces systèmes et de comprendre ses forces et ses limites."

Toute ressemblance avec le système médiatique traditionnel serait-elle fortuite ?

 

Pour aller plus loin, lire le post de danah boyd sur le blog du Forum économique mondial

Ajouter un commentaire


Loading
biuquote
  • Comment
  • Preview

S'abonner à la newsletter

Votre adresse email sera uniquement utilisée pour vous envoyer la newsletter de RSLN. Microsoft ne l'utilisera pour aucune autre communication, qu'elle soit commerciale ou institutionnelle. Microsoft ne vend ni ne loue ses listes d'abonnées à des tiers.