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Politique

Mash-up et hackathon : le numérique à l'agenda du Ministère de la Culture

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Stimuler les cultures numériques et montrer les possibilités offertes par la libération des données publiques culturelles en France, tel est l’objectif de l’Automne Numérique lancé par le Ministère de la Culture et de la Communication le 8 octobre dernier. Entre mash-up et hackathon, lumière sur les usages collaboratifs issus du Web. 

La libération des données publiques – ou open data en anglais – s’est imposée comme un élément clé de la modernisation de l’action publique ces dernières années. En France, le service du premier ministre Etalab créé en 2011 se charge désormais de rassembler sur une seule et même plateforme, Data.gouv.fr, les données des administrations afin de les mettre à disposition des citoyens. Cet Automne, le ministère de la culture et de la communication a décidé de passer un nouveau cap. 

A l’occasion de la libération de 150 nouveaux jeux de données, le département des programmes numériques a voulu mettre sous les feux des projecteurs les pratiques culturelles issues du web collaboratif lors d’un atelier mash-up et d’un hackathon. Et pour garantir la qualité et le succès de l’événement, il a rassemblé toutes les communautés de l’open source et de l’économie collaborative : Open Knowledge Foundation (OKF), Creative Commons, Wikimédia France, OuiShare, La Cantine/Silicon Sentier ou encore Simplon.co, la jeune pousse du numérique. Ces communautés sont venues apporter leur expertise tout au long des événements.

Braconner la culture pour inventer de nouvelles œuvres 

La mise en pratique de l’Automne Numérique a débuté par un atelier mash-up au cœur de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI). Si pour les élèves de l’établissement, habitué à la création, la pratique est familière, ils ont pu en explorer toutes les possibilités grâce à l’accompagnement des communautés partenaires. Pour Rayna Stamboliyska d’OKF France :

« Le mash-up est un processus créatif qui mobilise des objets culturels qui existent déjà par ailleurs, des matériaux bruts comme des œuvres abouties. L’idée c’est de faire des mélanges en se réappropriant ces œuvres initiales pour créer un nouvel objet culturel qui a une vie propre. »

 

Cinq groupes d’élèves se sont donc saisis des oeuvres du domaines public ouvertes récemment par le ministère de la culture et de la communication et ont laissé libre cours à leur imagination : 

Pendant qu’une application mélange différentes œuvres pour se répondre au cœur d’une « battle » culturelle, une autre les mixe en fonction d’un mot-clé pour ensuite les partager sur les réseaux sociaux. D’autres élèves ont inventé un « mash-up exquis » reprenant la technique du cadavre exquis ou encore machine à tatouer – en hackant une imprimante 3D - les œuvres tombées dans le domaine public afin de les réincarner.

Pour Jacques, élèves en second semestre à l’ENSCI, l’atelier mash-up est l’occasion d’en apprendre plus sur les communautés venues accompagner les étudiants : 

« Je ne savais pas qu’il y avait un groupe comme Creative Commons qui se chargeait de promouvoir les licences libres. C’est très intéressant, surtout dans notre domaine. »

Un constat partagé par Fanny et Leslie, également étudiantes à l’ENSCI :

« Dans notre domaine, ça nous concerne plus que tout. On connaissait ces problématiques de propriété intellectuelle mais pas dans le détail. C’est vrai que lors de nos travaux on a tendance à prendre un peu tout et n’importe quoi sur le web sans se soucier des droits derrière. Cet atelier c’est une bonne occasion de réfléchir à la question. »

A l’issue de la journée, les cinq groupes ont présenté leurs projets à la Ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filippetti. Dépassant la seule démarche artistique visant à créer de nouvelles œuvres uniques, ce sont différents outils au service du mash-up et du braconnage culturel qui ont été présentés par les étudiants. De quoi valoriser, encourager et pourquoi pas démocratiser les usages d’une génération qui a grandi avec les outils numériques.

Hackathon dataculture : 52h pour créer les services culturels de demain

Pour la deuxième étape de l’Automne Numérique, le département des programmes numérique du Ministère a décidé de mobiliser un format issu là encore des cultures numériques pour sensibiliser le public à open data en matière culturelle et l’inviter à se réapproprier les données récemment ouvertes : le hackathon – ou marathon du « hacking ».

C’est au cœur de Simplon.co, la jeune « fabrique de codeurs entrepreneurs » qu’une soixantaine de participants se sont réunis pour 52 heures. Venus des quatre coins de la France, ils n’avaient qu’un objectif : créer un service culturel innovant à l’aide des données culturelles libérées. Développeurs, graphistes, web-designer, porteurs de projets …. Les profils étaient variés au sein des onze équipes qui se sont affrontées et les projets d’une très grande qualité :

« La Der des Ders », qui a par ailleurs remporté le prix des participants, s’est saisi des photos de la guerre 14/18 pour les revaloriser sur une frise chronologique et une carte collaborative. Partant de leurs propres difficultés à utiliser certaines données, l’équipe Connexe a de son côté voulu créer un outil de mise en forme automatique de celles-ci pour en faciliter la réappropriation par le grand public. Structuré sur une architecture transmédia, le projet Planet’Art s’est dédié à la création d’une balade virtuelle dans l’art contemporain pendant que l’application Allomusée cherchait de son côté à faciliter l’accès aux musées les plus proches de chez soi.

D’autres équipes à l’image de celle de Culturomètre ont voulu faciliter l’action publique et sensibiliser les Français quant à leur accès aux institutions culturelles en cartographiant celles-ci et en tentant de faire ressortir des tendances. Le projet a par exemple souligné que c’était dans la Creuse que les investissements culturels étaient les plus nombreux.

 

Malgré la fatigue, les participants parmi lesquels on comptait presque autant de filles que de garçons n’ont pas caché leur enthousiasme pendant les 52h. Pour Leïla :

« Je pense que c’est une bonne chose que l’événement soit à l’initiative du ministère lui-même. Ça montre qu’ils font plus que suivre la tendance de l’ouverture des données mais qu’il cherche aussi à ce qu’on les utilise. »

 

Un hackathon, c’est aussi une ambiance conviviale de travail et d’entraide. Les équipes n’ont d’ailleurs pas hésité à tester leurs prototypes entre elles. Selon Yannis :

« C’était vraiment super. Le lieu est agréable, c’est lumineux et en plus on est bien nourri. Ce sont les conditions idéales pour travailler. On s’entraide pas mal avec les autres groupes. Quand on a des questions on n’hésite pas. »

Jugés par des professionnels issus des nouvelles technologies, le jury final a fait son choix sur la base des données mobilisées, du design, du caractère innovant et de l’utilité du service. Mais pour connaître les résultats des trois trophées restants, le grand prix, le prix jeunesse et le prix spécial du jury, les participants devront attendre le 7 novembre lors de la journée de conférence « Transmettre la culture à l’ère du numérique », dernier volet de l’Automne Numérique. Et pour revivre en images tout l’Automne Numérique, c’est sur le Tumblr de l’événement.

RSLN le 28/10/2013
rsln
RSLN le 28/10/2013

1 Comments


ICHANE Anaël

On ne parle de mon projet àlors je me permet de le faire : E-Story.co.  Il vise à accompagner les professeurs dans la création de supports de cours interactifs et numériques sur la base de données ouvertes. N'hésitez pas à tester le prototype ici : www.e-story.co.

La video de démonstration ici: http://www.youtube.com/watch?v=S_RBanfD0cc.

le 28 October 2013

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