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Storyful : les détectives des médias sociaux

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Un tweet sur une manifestation en Egypte, la photo prise avec un smartphone d'un ouragan dévastateur ou même la vidéo d'une fille dansant dans sa chambre qui tourne mal : les médias ont recours de plus en plus à des contenus trouvés sur le web dans leur couverture de l'actualité.

Depuis 2010, une agence de presse nouvelle génération, Storyful, basée en Irlande, travaille avec des grands médias du monde entier tels que le Wall Street Journal et le New York Times pour le repérage et fact-checking de tweets, de vidéos et d'images. La radio Américaine National Public Radio s'est intéressée à ce service qui vise à éviter la propagation de fausses informations tirées des médias sociaux, dans un article récent. 

Lorsqu'un un événement d'actualité importante se produit, il y a toujours un manque d'informations officiels au début, mais beaucoup de contenus réalisés par des citoyens sur les réseaux sociaux. Le problème : la difficulté de vérifier l'authenticité de ces éléments.

Dans la course au scoop, il est souvent d'usage de poster un tweet, une photo ou vidéo afin d'être le premier à le faire, puis de devoir le retirer ou modifier par la suite en cas d'erreur. Les conséquences de la diffusion de contenus truqués, datés ou d'informations fausses pèsent bien entendu sur la réputation du média. Il est impossible d'ignorer ces nouvelles sources d'informations, mais leur vérification semble nécessaire pour en faire une couverture juste. 

National Public Radio a rencontré le directeur de Storyful, David Clinch, qui explique les méthodes de l'agence pour vérifier la justesse de ces contenus. Il donne l'exemple de cette vidéo, tournée juste après l'attentat du marathon de Boston, dans laquelle on aperçoit une femme courant avec une caméra sur la tête. Afin de vérifier que son auteur était un véritable témoin oculaire de l'attentat, il fallait tout d'abord situer la source. Elle avait été uploadée par un compte YouTube, d'un certain NekoAngel3Wolf, sans aucun détail personnel. Storyful a ensuite vérifié qui avait été le premier à partager la vidéo sur Twitter. Ils ont retrouvé un utilisateur, NightNeko4, qui avait également un compte Pinterest sous le même pseudo. Le compte Pinterest comportait un lien vers une page Facebook. Storyful a recherché ensuite si le nom de la personne sur Facebook figurait bien parmi les inscrits au marathon.

"Nous avons retrouvé une personne avec le même nom de famille qui avait arrêté la course exactement au même endroit et moment ou la bombe s'est déclenché" explique David Clinch.

Enfin, les enquêteurs ont retrouvé le contact de la personne dans les pages blanches et l'ont appelée au téléphone. C'était bien elle, en effet, qui avait tourné la vidéo. 

Ce type de fouille est juste une des manières par lesquelles l'agence vérifie les sources de contenus sociaux. Tout, de la longueur d'une ombre par terre à une bonne connaissance des procédés de trucage Photoshop permet de déterminer si une vidéo est bien ce qu'elle prétend être. 

Pour lire l'entretien complet sur le site de National Public radio et découvrir d'avantage sur Storyful, c'est par ici.

Chloe Rhys le 24/10/2013
Chloe Rhys
Chloe Rhys le 24/10/2013
Photographie :

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