Économie numérique

Comment réussir les quartiers numériques en France ?

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De la Silicon Valley californienne en passant par la Silicon Alley new-yorkaise ou encore la « Tech City » londonienne, certaines des plus grandes villes du monde se sont imposées sur la scène mondiale par leur dynamisme en matière de nouvelles technologies. Avec l’ambition d’imposer Paris parmi les villes les plus innovantes, Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique avait annoncé en février dernier vouloir regrouper près de 1000 start-ups en « un lieu qui sera l’étendard du numérique en France ».

Une belle initiative qui devrait permettre à la capitale française et à la France dans son ensemble de rayonner, mais que faut-il mettre en oeuvre pour réussir un tel pari ? Comment faire de Paris et plus largement de la France une véritable terre du numérique ? En accompagnant mieux les start-ups et les jeunes qui innovent ?

En investissant plus massivement dans la recherche et le développement ? En trouvant de nouvelles solutions pour fédérer les actions partenariales entre pouvoirs publics et acteurs privés ? Et si les solutions se trouvaient en fait déjà dans la richesse de nos territoires ?

Pour répondre à toutes ces questions, nous avons demandé à plusieurs spécialistes de participer à ce nouveau débat RSLN dont vous pouvez lire la synthèse ci-dessous.

Un réseau de pôles locaux

Si l’Ile-de-France, qui rassemble à la fois chercheurs, start-ups et grandes entreprises des nouvelles technologies, est aujourd’hui le principal pôle français d’innovation, il est nécessaire pour les acteurs du numérique de coopérer et de travailler en réseau pour agir collectivement et avoir un impact global comme l’explique Eric Legale, Directeur général d'Issy Média :

« [...] il faut imaginer le Grand Paris numérique, en soutenant d’abord les territoires qui se sont construits autour des filières numériques, en Seine Saint-Denis, au centre de Paris ou à l’Ouest parisien. C’est en valorisant ces pôles, en les incitant à coopérer et à travailler en réseau que nous pourrons le plus efficacement faire du Grand Paris le pôle européen incontournable dans ce domaine.»

Mais la France dans son ensemble est déjà bien avancée en matière de développement numérique et c’est à l’échelle locale que le travail s’est effectué comme l’a rappelé Antonin Torikian de faberNovel :

« Depuis une dizaine d’années, les acteurs locaux se mobilisent pour développer le numérique et contribuer à leur échelle au rayonnement de la France. Dynamiques collectives non structurées, associations, grappes d’entreprises et pôles de compétitivité, les écosystèmes numériques se sont développés pour former une part majeure du substrat de la compétitivité française. A l’origine de la politique des clusters (pôle de compétitivité, grappes d’entreprises), la DATAR avait déjà identifié l’importance de structurer les tissus locaux et régionaux. »

Une dynamique territoriale primordiale pour impulser un mouvement de plus grande ampleur et créer des synergies comme l'explique Dominique Piotet :

« La taille du marché et son accessibilité jouent aussi un rôle central. En ce sens, nos quartiers numériques ne devront pas être des silos isolés les uns des autres et coupés du reste du monde, et notamment du reste de l’Europe. Favoriser les synergies entre quartiers et s’assurer de l’ouverture à l’extérieur sera un des facteurs clés du succès. Les effets de synergie existent, et ils sont prouvés. Ils ne suffisent pas à générer l’innovation, mais ils y contribuent fortement. »

Un élan d'innovation

Outre les infrastructures et l'équipement nécessaire à une numérisation de la France, Dominique Sciamma pense qu'il faut avant tout un élément pour stimuler le mouvement et le mettre en marche :

« On pourrait croire pourtant que la tâche est simple. Numériser un pays ? Posons de la fibre ! Eduquons à l’informatique ! Subventionnons un PC par étudiant ! [...] Nous pensons souvent, collectivement, que tout se ramène au bout du compte à une question de moyens. Or, plus que de moyens, c’est d’un élan dont nous avons besoin, d’un élan qui ne se confondrait pas avec une course, et où celui qui pousse n’est pas celui qui court. »

Mais un quartier numérique c'est avant tout un état d'esprit que certains spécialistes souhaitent voir se diffuser dans toute la société. Pour Alexis Mons, les quartiers numériques ne sont pas indispensables, au contraire :

« Ne faisons pas des quartiers numériques, n’enfermons pas celui-ci dans des zones, faisons en sorte qu’il se diffuse partout dans la société, moins les outils que l’état d’esprit et la soif de création et de créativité qui l’accompagne. »

Et Bruno Marzloff de conclure : 

« L'enjeu est donc de mettre en pratique un territoire qui cesse de se penser en silos fonctionnels pour hybrider des valeurs de proximité, de subsidiarité et d'urbanité. A ce titre, l'idée d'une trame de hubs, d'un réseau de tiers-lieux, métissant le travail, la crèche, la consigne (pour les commandes à distance), l'échange local, que sais-je encore, a de forts retentissements sociaux et économiques et s'inscrit dans le sens d'une histoire qui s'écrit, là, sous nos yeux. »

Pour lire toutes les contributions au débat, c'est par ici !

RSLN le 27/05/2013
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RSLN le 27/05/2013

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