A quand un Internet physique ?

A quand un Internet physique ?

Pour Benoit Montreuil, chercheur à l'université de Laval au Québec, il est temps que la distribution s'inspire du fonctionnement d'Internet. En effet, pourquoi chaque compagnie devrait-elle disposer de sa propre logistique quand on pourrait mutualiser entrepôts et camions comme le protocole TIPP le fait pour les paquets de données qui circulent sur la toile ? C'est la vision que livre le chercheur à Fast Co-Exist.

Des plateformes logistiques ouvertes à toutes les entreprises. Un protocole de distribution universel qui définirait une taille et une forme standard de container et une manière dont ceux-ci voyageraient. Voilà ce que contient l'idée du chercheur québécois. Avec une étude de l'université Virginia Tech à l'appui, il montre que le résultat serait à coup sûr moins de gaspillages et de dégâts pour l'environnement : si on pouvait convertir simplement un quart de la chaîne de production selon les principes d'Internet, les compagnies américaines pourraient économiser 100 millions de dollars, réduire d'un tiers leurs émissions carbone et faire réaliser des économies au consommateur, explique l'étude. 

Ce qui serait mutualisé également avec le protocole, c'est le travail humain nécessaire à toutes ces livraisons : finies les contraintes qui pèsent sur des routiers dévoués à une entreprise en particulier. Lorsque chacun a accompli le nombre d'heures de conduite autorisées, il pourra être facilement remplacé par un autre qui finira la livraison. En établissant un principe de relais à chaque plateforme, la journée de travail du livreur pourra être divisée par deux, explique Benoît Montreuil - qui rejoint ainsi Jérémy Rifkin sur le potentiel qu'ont les nouvelles technologies pour nous libérer du travail. 

Le résultat ne serait pas pour autant une économie centralisatrice et dirigiste : chaque entreprise continuerait à faire ses propres investissements en matière de stockage et de livraison. Son adhésion au « protocole » permettrait simplement à son dispositif d'être mutualisé et lui permettrait dans le même temps de profiter des infrastructures partagées de tous les autres adhérents. 

A quand une telle innovation ? Pour Benoît Montreuil, cet objectif pourrait être réalisable rapidement, d'autant que des géants de la distribution comme Walmart s'y intéressent déjà. Son projet a déjà reçu des financements de la National Science Foundation américaine, ainsi que de l'Union Européenne.

Tommy Tommy Pouilly le 26/02/2013
Photographie
  • SkillArtwork by Erik Johansson.

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