Médias

Le film dont vous êtes le héros

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La première oeuvre cinématographique et documentaire que l’internaute « monte » en trois clics ? C’est The end, etc. co-produit par France Télévisions et Memo Prod. Ni un film, ni un webdocumentaire, ni un documentaire tout court, l’objet multimédia, qui se décline en autant de films qu'il existe de combinaisons de mots-clés, est sorti mercredi 13 février sur tous les écrans numériques – tablettes et ordinateurs. Récit. 

En partenariat avec l’Institut de recherche et d'innovation (IRI) et le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) , l’équipe Transmédias et nouvelles écritures de France Télévisions et Laetitia Masson ont réalisé le premier film dont l’internaute est le héros. Avec au casting entre autres : Élodie Bouchez, Aurore Clément, Jérôme Kircher, Françoise Dolto, Fred et Farid et Tom Roberts.

Rencontre(s)

La jeune « structure » Nouvelles écritures de France Télévisions, née en août 2011 et dirigée par Boris Razon, frappe donc fort pour cette nouvelle année en oeuvrant main dans la main avec la réalisatrice Laetitia Masson. Voyelle Acker, adjointe de la direction Transmédias raconte la genèse de The End, etc.

« À l'automne 2011, nous avons commencé à réfléchir sur un projet autour de la présidentielle. Puis le projet a évolué. Mais l'idée de rester sur le désengagement de façon assez large est restée.
Nous voulions que ce soit une oeuvre pour le web pour avoir une interactivité avec les utilisateurs sous forme de questionnement par rapport à leurs propres engagements. Naturellement, nous avons rencontré Memo Prod qui nous a présenté Laetitia Masson et son travail sur l'engagement/désengagement. »

Ce qui est né de cette rencontre n'est ni un film ni un webdoc mais une oeuvre à mi-chemin entre cinéma et oeuvre documentaire. Le tout proposant à l'internaute cinéphile ou non d'en être le monteur hasardeux. Le format, une expérience interactive de cinéma mélangeant portrait documentaire, fiction et musique, est un pari : « on pense, on croit, qu'il est possible aujourd'hui de tenir un propos documentaire à travers plusieurs langages »  explique Boris Razon sur Webdocu.fr.

Trois mots-clés pour un film

On appuie sur play. « La question politique ne s’arrête jamais. Après coup revoir nos espoirs, revoir nos doutes » assène une voix off en page d'accueil sur un morceau de Jean-Louis Murat. Effectivement, parmi les mots-clés que l’internaute sélectionne sur l’interface - tout en HTML 5 -, il est question de société, de famille, de travail, ou encore d’amour. Un premier écran propose une liste de mots. On choisit, timidement, ne sachant pas ce que l’écran suivant nous réserve. La même chose mais avec des mots différents. Pareil pour le dernier écran avant le film. C’est l’internaute qui vient en trois clics de souris de décider dans quel ordre les séquences allaient s’enchaîner, vers quoi il allait aller, à quoi allait ressembler la séquence finale. Le tout grâce à la sémantique.

Dans une interview sur le blog de France Inter, la réalisatrice Laetitia Masson confiait les thèmes des films : histoire d’amour, travail, parcours de vie et citoyenneté :

« Comment être, vivre, s'engager, se positionner, aborder les aléas de la vie ? Comment faire des choix politiques ou amoureux. Ce n'est ni un webdoc, ni un film de cinéma, peu importe son nom. Un corpus de plus de cinq heures et demi d'images, de témoignages, de chansons, à faire défiler de manière aléatoire selon des mots-clés sur son écran. »

Cinq heures et demi d’images, d’entretiens, de courtes séquences, pour autant de films possible qu'il existe d'agencement des mots-clés, d’une dizaine de minutes chacun - « entre 5 et 15 minutes selon la durée des séquences », précise Voyelle Acker. Et chaque film créé ne ressemblera pas au suivant : si un internaute B choisit les mêmes mots qu’un internaute A, aucun des deux ne verra le même film. Sur l’interface, en fin de film, on navigue par Tags et on peut voir les 25 minutes de fiction complète.

Mais le site web seul n'est pas la seule façon de faire vivre le film puisque sur Twitter, le hashtag #THEENDETC permet de suivre les films des internautes au fil des créations. Une façon de faire vivre le film dans le temps et sur les réseaux sociaux.

Et en tant qu'internaute, combien de temps pourrait passer chacun sur une oeuvre comme celle-ci et sur une interface multi-supports ? « Un temps infini », répond Voyelle Acker.

Claire Berthelemy le 15/02/2013
Claire Berthelemy
Claire Berthelemy le 15/02/2013
Photographie :

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