Vu sur le web

Le livre, cet objet social

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Comment guider les passionnés de lecture vers les livres qu'ils pourraient vouloir lire ? Malgré tous les algorithmes de recommandation qu'utilisent les grandes plateformes en ligne comme Amazon, la question se pose encore tant ces sites débordent de titres nouveaux, inondant les lecteurs de livres inconnus. Pour le New York Times, il suffirait de s'intéresser à la façon dont les lecteurs s'organisent eux-mêmes, via des sites spécialisés pensés comme des réseaux sociaux. 

« Les livres sont l'un des plus importants objets sociaux qui existent », rappelle Otis Chandler. L'entrepreneur est à la tête de Goodreads.com, l'un des plus importants sites de recommandations de livres. Alors que les grands marchands comme Amazon souffrent d'une perte de confiance du public - leurs recommandations étant suspectées d'obéir à des logiques commerciales - le New York Times explique que Goodreads a bâti sa réputation sur son intégrité : le site ne vend en effet aucun livre. 

La théorie derrière Goodreads et ses deux principaux concurrents, Shelfari et LibraryThing, c'est que les gens font davantage confiance à des recommandations venant d'un réseau social qu'ils développent eux-mêmes. Créé en 2006 depuis l'appartement d'Otis Chandler, le site est peu à peu devenu la première source d'avis indépendants sur le Web avec 21 millions de recommandations. Fort de 15 millions de membres, il compte aujourd'hui pas moins de 20 000 clubs de lecture. De l'Heroïc Fantasy finlandaise à Proust, quels que soient ses goûts le lecteur y trouvera une communauté de passionnés avec qui échanger. 

Avec une telle force de frappe, Goodreads contribue à façonner l'agenda de l'édition : des auteurs auto-édités et inconnus ont percé grâce à l'engagement suscité autour de leur ouvrage sur le site communautaire, l'engagement des animateurs des clubs de lecture et la proximité de l'auteur avec son public sur le site. 

Ces ouvrages gagnent aussi en popularité par l'action de « passeurs », comme Lori Hettler, dont le club sur Goodreads compte aujourd'hui plus de 10 000 membres. Cette lectrice passionnée est devenue tellement connue, que non seulement elle ne manque jamais de recommandations de lecture, mais elle est également courtisée directement par les petits éditeurs pour promouvoir leurs auteurs.

Elle explique au New York Times :

« Avec ma plateforme, j'essaie d'aider des inconnus à percer. Je sais ce qui va parler à mon public, et lorsque nous parlons d'un livre, nous voyons clairement une légère hausse de gens qui disent qu'ils vont le lire ».

Goodreads tire ses revenus de la vente d'espaces publicitaires aux éditeurs, ainsi que d'opérations de promotions ciblées, basées sur un système de data-mining sophistiqué : chaque membre étant invité à renseigner ses livres préférés et sa liste de lectures en cours, il devient facile de lui proposer un rabais alléchant, par exemple sur le dernier ouvrage de son auteur favori. C'est une des raisons pour lesquelles le site est devenu un partenaire incontournable des maisons d'édition :

« Avoir un feedback en temps réel sur l'évolution des ventes est le type de données qu'éditeurs rêve d'avoir », explique au New York Times Rachel Chou, directeur du marketing dans une maison d'édition.

En France, Goodreads a aussi un petit frère : il s'appelle Babelio.

Tommy Pouilly (@5h55) le 14/02/2013
Tommy
Tommy Pouilly (@5h55) le 14/02/2013
Photographie : Par D.Fuka via Flickr

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