L'e-learning est-il l'avenir de l'éducation ? débat

« Dans dix ans il n'y aura plus de cours magistraux à l'université ! »

contributeur Bruno Devauchelle Formateur-chercheur au CEPEC (Centre d'études pédagogiques sur l'expérimentation et le conseil) de Lyon, membre du laboratoire de recherche IRMA (Erté) de l'université de Poitiers et Président du Café Pédagogique. le 17/01/2013

De plus en plus d'enseignants du supérieur déplorent l'attitude de leurs étudiants pendant les cours. La multiplication des écrans reliés à Internet dans les amphis et les salles de cours a changé radicalement la question du e-learning. Ce sont les étudiants qui, par l'irruption de leurs pratiques personnelles du numérique pendant les cours, posent désormais la question des modèles traditionnels d'enseignement, en particulier magistraux. 

L'e-learning  est devenu un lieu commun qui fait oublier un élément essentiel : ce que c'est qu'apprendre, en particulier à l'université. La mise en ligne de plus en plus fréquente de contenus universitaires, cours enregistrés, conférences, articles scientifiques etc., laisse penser que l'on peut simplement apprendre en regardant ces cours (ce que peuvent laisser penser les initiatives du MIT ou de l'université de Stanford). La récente apparition de la notion de MOOC (Massive Open Online Course) a permis de faire comprendre que les seuls contenus en ligne ne suffisaient pas. Guidance de l'apprentissage, interaction entre les acteurs de l'enseignement, activité des étudiants, productions collectives ou collaboratives font désormais partie des éléments incontournables des dispositifs d'enseignement ouverts et à distance, ou encore des dispositifs hybrides (cf les travaux de Daniel Peraya à Genève, de Bernadette Charlier à Fribourg, entre autres).

Dans dix ans les enseignants donneront quelques conférences, mais surtout accompagneront les étudiants dans leur parcours d'apprenance. Ils les aideront à mieux s'approprier les savoirs plutôt que de se contenter de les leur dicter pour qu'ils les restituent ensuite.... Alors l'e-learning aura pris tout son sens.

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1 Comments


jJérôme G

Espérons qu'il ne faille pas attendre encore une décennie pour que les profs d'université se mettent à la page.
Les cours magistraux relèvent du degré zéro de la pédagogie ! C'est mégalo, soporifique et très souvent inefficace en terme de transmission des Savoirs. Disons-le franchement : "les cours magistraux, c'est de la pure fainéantise !".

Puisqu'il n'y a aucune interactivité, autant les enregistrer pour les mettre à disposition des étudiants sur Internet. Ce qui faciliterait la gestion de leur planning (temps,  déplacements, organisation...) et dégagerait du temps pour des cours pratiques. L'action des enseignants  seraient sans doute beaucoup plus constructive et plus économique...

le 06 February 2013 à 12h35

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