Suivez-nous également sur Twitter @RSLNmag
Économie numérique

Open data : un atout incontournable pour les collectivités territoriales (1/3)

0

Nous vous proposons de découvrir un guide pour mener à bien un projet Open Data. Rédigé par Microsoft, il fait partie d'un ouvrage dédié à l'Open data coordonné par le Réseau des Territoires Innovants, et qui sera diffusé début janvier 2013.

Première partie avec les enjeux de la libération des données et la question essentielle de la qualité des données publiées.


« Le mouvement de libération des données publiques au bénéfice des citoyens, plus communément appelé « Open data », est en marche dans de nombreux pays.

En plus de participer activement à la modernisation des administrations qui les mettent en œuvre et de permettre l’optimisation de la dépense publique, les projets Open data constituent une opportunité d’innovations démocratiques, sociales et économiques inédites.

  • Innovations démocratiques, car ils facilitent l’information des citoyens, une meilleure compréhension des politiques publiques, contribuant ainsi à une plus grande implication de chacun. 
  • Innovations sociales, car ils fluidifient la communication entre les différents acteurs et favorisent l’émergence de dispositifs innovants grâce à une appréhension plus fine des besoins. 
  • Innovations économiques, car ils accélèrent l’émulation entrepreneuriale dans les écosystèmes au cœur des territoires et la création d’applications nouvelles.

> La garantie d’un meilleur service aux citoyens

La mise en place d’un projet Open Data représente un nouveau moyen pour l’Etat et les collectivités de répondre aux attentes des administrés et aux besoins de développement des acteurs économiques locaux. Il initie une importante avancée démocratique en mettant en avant la transparence de l’action publique et favorise une plus grande participation des citoyens à la vie politique.

Il génère de nouveaux services destinés aux administrés pour les assister dans la vie de tous les jours et il permet à des start-up, des PME, des entrepreneurs de toutes tailles, de créer des applications originales permettant à un écosystème créateur d’emplois locaux d’émerger.

Si un projet Open data est simple techniquement, il est facteur de transformation de l’organisation. L’adhésion des élus et des agents publics est déterminante. Ceux-ci y trouveront un gisement de motivation et de satisfaction tant l’Open data leur donne un accès simplifié aux données dont ils ont besoin pour piloter la collectivité ou mener à bien leurs missions quotidiennes.

L’ouverture est essentielle à la réussite de ce projet. Elle concerne tout autant les données, qui doivent impérativement être publiées dans des formats ouverts et interopérables, que les technologies utilisées afin de garantir l’accès à ces données, que la collaboration au sein des organisations pour sélectionner les données et accélérer la mise en place de services innovants.

> Des bonnes pratiques fondées sur l’expérimentation

Microsoft a eu l’honneur d’accompagner des initiatives ambitieuses comme celles du Conseil général de Saône et Loire, de Bouches-du-Rhône Tourisme, de la ville de Versailles et de Versailles Grand Parc, nous permettant aujourd’hui de témoigner des facteurs clefs de succès et d’établir des recommandations pour ceux qui souhaitent se lancer dans un tel projet.

Nous nous proposons ainsi de dresser un panorama de bonnes pratiques en nous concentrant d’abord sur la problématique des données, leur sélection et leur mise à disposition pour exploitation, pour ensuite aborder les bénéfices pour le fonctionnement de la collectivité. Nous espérons ainsi contribuer à faciliter la mise en place de projets Open data et démontrer tout le potentiel qu’ils représentent pour la transformation de l’Etat et des collectivités.

> Trois étapes pour réussir votre projet Open data

La réussite d’un projet Open data tient à l’usage que feront les citoyens et les développeurs des données publiées : la consultation des données par le citoyen, leur réutilisation et la création de nouveaux services par des développeurs et des entreprises, et enfin la génération de phénomènes de co-production par tous. Toutes les étapes du projet doivent donc se dérouler en fonction de l’objectif d’usage.

Nous vous conseillons trois étapes :

  1. Inventorier, sélectionner et s’assurer de la qualité des données ;
  2. Créer et publier un catalogue pratique et facile d’accès ;
  3. Promouvoir le projet pour en amorcer l’utilisation et la co-production.

Chaque étape a ses bonnes pratiques à suivre.

> Première priorité : la qualité des données

1) Répertorier les données

La première étape consiste à répertorier l’ensemble des données produites par l’organisation afin de sélectionner celles qui seront publiées. C’est la phase la plus longue d’un projet Open Data. L’inventaire doit être aussi exhaustif que possible, pour connaître toutes les données produites et évaluer leur qualité, non pas en terme de potentiel d’utilisation, toujours difficile à estimer à l’avance, mais en fonction de critères de récence, de densité et de granularité.

Un jeu de données est pertinent :

  • Si on n’observe pas de lacune dans ses colonnes, comme des coordonnées géographiques manquantes dans un fichier d’accidentologie ;
  • S’il présente une granularité suffisante (par exemple, pour de la consommation d’énergie, des données par minute sont plus pertinentes que des données mensuelles) ;
  • Si le format des données est fiable avec le même référentiel pour tous, comme un nommage de colonne uniforme pour le terme « arrondissement » versus « arrdt » ou « arr », etc.

Seul un jeu de données complet, parfaitement formaté et dont la mise à jour sera assurée, doit être éligible à la publication, sous peine de rendre les données largement inutilisables et donc inutiles, et de déclencher la déception des citoyens.

Citons comme exemple un service faisant de la pédagogie sur les risques routiers et montrant ainsi les passages à niveau où les accidents sont les plus nombreux. Ce service résulte d’un croisement de données entre un fichier d’accidentologie fourni par l’Etat et la cartographie SNCF des passages à niveau. Il ne sera utilisable que si le fichier est complet, utilisant les mêmes référentiels géographiques.

2) Mobiliser les utilisateurs

Il est parfois difficile de se rendre compte a priori de la validité des jeux de données car ceux-ci peuvent comporter des centaines de milliers d’information. C’est par la restitution sous forme de cartographies ou de graphiques que seront mises en évidence les erreurs.

Une phase de test et de mobilisation des utilisateurs peut se révéler très utile, en leur permettant de contribuer à leur tour à la qualification des jeux de données en envoyant leurs propres données. Par exemple, des restaurateurs feront parvenir leurs horaires d’ouverture si la donnée n’est pas à jour et apporteront également des informations complémentaires concernant leur commerce (type de menus, échelle de prix, nombre de places, accessibilité, etc.).

Par le recensement complet des données, l’organisation entre en possession d’une nouvelle matière à forte valeur pour optimiser sa gestion. Certaines données ne correspondront pas en effet au projet Open data mais elles viendront approvisionner des tableaux de bord pour aider la collectivité à faire ses choix stratégiques de pilotage.

3) Quel cadre juridique ?

Une fois les jeux de données reconnus comme éligibles, la sélection se fait sur des critères légaux puis politiques. Même s’il n’existe pas de loi ad hoc concernant l’Open data, la loi de référence est celle relative à la liberté d’accès aux documents administratifs et à la réutilisation des informations publiques, du 17 juillet 1978.

Elle énonce que les données nominatives, personnelles, sensibles (de sécurité nationale par exemple) ou encore les données de tiers ne sont pas publiables. Néanmoins, les données nominatives peuvent être rendues anonymes.

A cet égard, il importe d’être également vigilant quant au respect de la vie privée et des données personnelles et donc de se rapprocher de la CNIL en cas d’hésitation sur l’application de la loi « Informatique et libertés ».

4) Libérer le potentiel de l’Open data

Il revient ensuite à un comité de faire un choix éditorial sur les données publiables. Nous recommandons d’impliquer dans ce comité des profils variés, décideurs/responsables de communication/agents métiers pour s’assurer d’un maximum de diversité de sujets et de garantir la pertinence de la sélection.

Pour libérer tout le potentiel de l’Open data en termes d’innovation, de transparence démocratique et d’innovation économique et sociale, il est préférable de publier le plus grand nombre de données possible. Le principe même de l’innovation repose sur des idées nouvelles, pas encore imaginées. Il ne faut donc pas se limiter en pensant que la donnée n’est pas pertinente, seuls les citoyens et développeurs jugeront de son intérêt en fonction de leurs usages ou de leurs idées de services innovants.

Aujourd’hui les différentes démarches Open data réalisées en France concernent principalement les données relatives au patrimoine culturel, aux infrastructures publiques, aux transports, à l’environnement, les données sociodémographiques et, dans une moindre mesure, aux finances publiques.

L’étape de sélection passée, il est recommandé de diffuser les différents jeux de données au fur et à mesure car il est important de répondre rapidement aux besoins des citoyens et fournir un premier service de qualité même si le nombre de thématiques est restreint. Cette approche par étape permet de gérer efficacement les ressources nécessaires à la qualification des données mais également de tirer profit des retours d’expérience des utilisateurs. »


Prochaines étapes : mettre en place une plateforme simple et peu coûteuse puis assurer la promotion du projet.

RSLN le 19/11/2012
rsln
RSLN le 19/11/2012
Photographie : /

Pingbacks and trackbacks (2)+

Ajouter un commentaire


Loading
biuquote
  • Comment
  • Preview

S'abonner à la newsletter

Votre adresse email sera uniquement utilisée pour vous envoyer la newsletter de RSLN. Microsoft ne l'utilisera pour aucune autre communication, qu'elle soit commerciale ou institutionnelle. Microsoft ne vend ni ne loue ses listes d'abonnées à des tiers.