Vu sur le web

Twitter : grand gagnant des élections américaines ?

0

Le 22 octobre s'est tenu le dernier débat opposant Barack Obama à Mitt Romney. Si l'heure est à l'analyse, il semblerait que ce soit les utilisateurs de Twitter, et non pas les bloggeurs ou les experts, qui décideraient des vainqueurs dans leur course à la présidence américaine. C’est en tout cas ce qu’écrit Stephen Mills sur le site du Guardian. Explications. 

« L’élection présidentielle américaine de 2012 montre clairement que le court moment où les blogs politiques ont façonné le discours politique est terminé et que nous sommes maintenant dans l’ère de Twitter » explique le journaliste.

Petit retour en arrière pour mieux comprendre : en 2008, les blogs politiques étaient les principales armes des partis et des militants pour porter leurs idées en ligne. Aujourd’hui, l’explosion des réseaux sociaux et en particulier de Twitter a radicalement changé la donne.

Combiné au multi-écran, le réseau social s’est mué en terrain d’arbitrage, et exerce désormais une pression majeure sur les personnalités politiques, notamment dans la campagne présidentielle américaine.

> Le tweet par minute, nouvel outil de mesure

Le nombre de messages échangés sur le réseau social est assez vertigineux : en 2008 le site internet avait comptabilisé un total de 360 000 tweets pendant les deux conventions américaines. En 2012, ce chiffre frôle désormais les 14 millions, détaille Adam Sharp, directeur de l’actualité et de l’innovation sociale à Tweeter.

Le discours de Mitt Romney a ainsi enregistré des piques à 14 000 tweets par minute (tpm) pendant que Michelle Obama plafonnait à 28 000 tpm lors de la convention démocrate. Son époux a ensuite enregistré le résultat record de 54 000 tpm. Le premier débat présidentiel a lui aussi écrasé les records avec près de 153 000 tweets par minute

« Les médias sociaux mesurent pour la première fois les conversations spontanées… celles qui, auparavant seraient restées des conversations de comptoir […]» explique Adam Sharp.
 


> Tonalité des discours : les internautes donnent  le tweet 

Les messages postés par les utilisateurs du site internet donnent le ton des débats, l’avis général étant régulièrement confirmé par les sondages le lendemain. Ils choisissent donc désormais en temps réel qui l’emporte, comme ce fut le cas lors du premier débat présidentiel donnant Mitt Romney vainqueur, et remettant ainsi à zéro les compteurs des intentions de vote. 

Comme l’explique Joe Rospars, directeur de la campagne en ligne de Barack Obama, les regards se tournaient autrefois vers les quelques experts interrogés après les débats. Désormais, tout le monde s’exprime et donne son avis en même temps sur Internet. Le risque ? Que cette pratique mènent à des débats politiques encore plus rapides et superficiels ou que les politiques fassent davantage dans la démagogie.
 

> Twitter met la pression

Le réseau social exerce une telle pression sur les candidats qu’ils se sentent obligés de réagir dans l’instant, au risque de commettre des erreurs. Un exemple ? La réaction largement critiquée de Mitt Romney  suite à l’assassinat de l’ambassadeur américain à Benghazi serait notamment due, selon John Pitney, professeur de Sciences Politiques en Californie, à la pression des réseaux sociaux.

Si l’importance de ces derniers dans l’accélération de la circulation des informations est claire, le succès et l’influence de la plateforme dans la campagne présidentielle doit quand même être nuancé : Caroll Doherty, chercheuse au Pew Research Center, rappelle ainsi que seulement 13% de la population américaine  utilise le réseau social. De quoi relativiser « l’engagement citoyen » dans la campagne sur le service.

Ajouter un commentaire


Loading
biuquote
  • Comment
  • Preview

S'abonner à la newsletter

Votre adresse email sera uniquement utilisée pour vous envoyer la newsletter de RSLN. Microsoft ne l'utilisera pour aucune autre communication, qu'elle soit commerciale ou institutionnelle. Microsoft ne vend ni ne loue ses listes d'abonnées à des tiers.