Médias

Transmédia : quelles conséquences pour les médias ? (2/2)

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Autour de nous, les écrans se sont multipliés ces dernières années. De leur côté, les contenus d'information sont priés de suivre le rythme: sous l'influence de ce qu'on appelle le « transmédia », de nouvelles manières de penser et de produire l'info apparaissent.

Organisé par Cap Digital en partenariat avec Sofrecom et IMCA à Paris, le 28 septembre dernier, le premier atelier du think-tank « Think Transmédia » était l'occasion de faire le point sur ces grandes évolutions avec des acteurs des médias. Hier, nous écoutions ainsi des experts nous expliquer les attentes de l'Homo numericus en matière d'info. 

Aujourd'hui, nous revenons sur le débat de la fin de l'atelier, au cours duquel des professionnels des médias ont témoigné de l'irruption du transmédia dans leur univers de travail : comment les écrans multiples transforment-ils les métiers de l'information ? Quelles sont les stratégies à adopter pour y faire face ?

> Phase 1 : la fusion du web et du papier, au service de l'instantané

Confronté au web depuis plus longtemps, le monde de la presse a pris une longueur d'avance sur la télévision en matière de transmédia. Aurélien Viers donne l'exemple du Nouvel Obs : dès 1997, le magazine a pris conscience que le web exigeait des formats beaucoup plus courts et immédiats que ceux de la version papier, qui étaient plutôt de longs dossiers : c’est dans cet esprit que le site « Temps réels » du Nouvel Obs a été créé.

Ensuite, il a fallu évoluer vers la fusion des rédactions papier et web : « la frontière est en train de disparaître », confirme Aurélien Viers. Le journaliste note un vrai tournant l’été dernier, lorsqu'une partie des sites d’information a vu leur fréquentation diminuer tandis que celle de leurs applications mobiles (tablettes et smartphones) augmentait fortement. « La tablette efface la frontière entre contenus web et papiers, conclut-il : la seule différence qui reste est celle entre gratuit et payant ».

Pour couvrir les événements en se rapprochant toujours plus du temps réel, la presse a mis en place des dispositifs traitant le « pendant », et non plus seulement l'avant et l'après : en témoigne par exemple la mise à jour en continu de l'article consacré au débat entre les finalistes des présidentielles de 2012 par le Nouvel Obs, invitant le lecteur à « rafraîchir la page ». Pour autant, « ce sont des applications tierces, comme Facebook ou Twitter, qui sont aujourd'hui en avance là-dessus », reconnaît Aurélien Viers. 

 

> Phase 2 : de la TV connectée aux médias hybrides, et aux nouveaux métiers ?

Non content d'avoir transformé le couple « web et papier », le transmédia s'attaque désormais aux contenus audiovisuels : connectée aux réseaux sociaux, la TV, aussi, devient sociale. Sur les chaînes françaises, les premières programmations transmédia font d'ailleurs leur apparition cette année. 

« L’application de France TV Info est ainsi très bien conçue car elle permet aux spectateurs de poser des questions aux journalistes », remarque Aurélien Viers.

Dans la foulée, ce sont de nouveaux métiers qui font leur apparition : des community managers sélectionnent des questions et des contenus participatifs venant de blogueurs ou de simples spectateurs. « L'éditeur front page », quant à lui, sélectionne et met en valeur ces contenus sur la page d’accueil du site. En parallèle, les amateurs s'organisent : CitizenSide, par exemple, se définit comme un média ouvert à tous - « il suffit d'être témoin d'un événement, local ou international, et d'envoyer ses photos ou ses vidéos », indique le site. 

 

Enfin, le transmédia rapproche les producteur et les diffuseurs d'information dans une stratégie unique. Hubert Besson, directeur général de Telfrance Série et producteur de la série Plus Belle La Vie, a pu en témoigner : 

« Alors que la logique initiale était celle de dispositifs web isolés, avec des logiques parfois différentes, diffuseur et producteur se sont progressivement rapprochés de manière à mener une stratégie transmédia coordonnée sinon unique, puisque PBLV a aujourd’hui deux sites web : celui de France Télévisions et celui de Telfrance. Sur Facebook, la série compte près d’1 million de fans ».

Plus précisément, de petits groupes de travail ont été mis en place afin de faire émerger de nouvelles expériences métiers, a expliqué Benjamin Faivre de Telfrance Série. Lorsque la série a dû être interrompue pour laisser place à la diffusion des Jeux Olympiques de Londres, cette équipe a imaginé « Plus Belle la Vie sous surveillance », un « jeu en réalité alternée » (ARG). Pour lui, pas de doute : l'immense succès rencontré par expérience s'explique en grande partie par l’étroite collaboration entre diffuseur et producteur, dont les intérêts convergent.

> Et ensuite... ?

La réflexion autour du transmédia vous intéresse ? Il est encore temps de vous inscrire à l'atelier 2 : « Une nouvelle économie des médias audiovisuels », qui aura lieu le 22 novembre prochain. 

Tommy Pouilly (@5h55) le 09/10/2012
Tommy
Tommy Pouilly (@5h55) le 09/10/2012

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