Économie numérique

« Où vont vos données quand vous mourrez? »

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 «Qui s'occupera de mon compte Facebook après ma mort?». Cette interrogation, qui pouvait sembler saugrenue il y a quelques années encore, est révélatrice de notre temps : en parallèle de notre existence physique, nous disposons à présent d'une existence parfaitement... numérique, qui survit généralement à notre passage dans l'au-delà.

Comment gérer l’identité en ligne des défunts ? Que faire de leurs photos, de leurs vidéos, de leurs tweets, bref, du flux d’information qu’ils laissent derrière eux ? C’est la question soulevée samedi 6 octobre lors du Digital Death Day à Londres. La conférence, qui porte comme sous-titre « Where does your data go when you die ? » (Où vont vos données quand vous mourrez ?) cherche à trouver des solutions quant à notre survivance numérique.

> Facebook, plus grand cimetière du monde

Facebook a dépassé cette semaine le cap du milliard d’utilisateurs, mais combien de personnes ayant un compte sont aujourd’hui décédées ? Premier réseau social de la planète, il en devient aussi progressivement le plus grand cimetière, comme nous le raconte Anne-Florence Pasquier dans son article publié sur Online Illustré.

Selon la société américaine Entrustet, spécialisée dans la gestion des comptes internet des défunts, Facebook comptabilisait environ 1,8 million de personnes décédées en 2011. Autant de murs qui font désormais office de pierres tombales, si le compte n’a toutefois pas été supprimé par un proche.

> L’interminable deuil

Il est en effet désormais courant, suite à la mort d’un individu, de voir son profil Facebook couvert de messages, de vidéos et de photos postés en son honneur. Une façon de dire au revoir selon certains, mais également l’omniprésence du souvenir du défunt pour d’autres. Comme l’explique Edmond Pittet, auteur du livre La mort humanisée, cité par Anne-Florence Pasquier:

 « Face à la mort, on a besoin de se protéger. Certaines personnes écoutent la voix du défunt ou visionnent une vidéo pour ne pas l’oublier. En cela, Facebook aide à faire son deuil. Toutefois, on a aussi inventé l’outil qui empêche d’y mettre un point final. » 

 

> Un nouveau business

Alors, comment gérer l'exécution testamentaire de son existence numérique. Comment éviter que vos avatars ne viennent troubler vos proches après votre décès ? 

Certaines entreprises se sont lancées dans la gestion des comptes internet des personnes décédées, notamment de leurs profils sur les médias sociaux. D’autres mettent désormais à disposition des « coffres-forts » numériques. Ceux-ci permettent de stocker ses mots de passe, ses photos, ses textes ou encore ses vidéos à destination de ses proches. Autre nouveauté: la pierre tombale intégrant un QR code (ci-dessus). Celle-ci permet, en un flash, d’avoir accès à différents contenus concernant la personne décédée. 

> Transmettre son patrimoine numérique

Mais si ce « marché de l’identité en ligne posthume » rencontre un certain succès, transmettre sa propriété virtuelle pose encore problème. Il est en effet loin le temps où l’on léguait une caisse de vieux vinyles ou une collection de CDs. Aujourd’hui, la plupart des chansons sont téléchargées, achetées en ligne et stockées sur son ordinateur.

Récemment, les déclarations de l’acteur Bruce Willis affirmant vouloir transmettre sa bibliothèque de musique en ligne à ses enfants avaient lancé le débat. Il est en effet courant que ces titres fassent l'objet de licences nominatives, et qu’ils ne puissent pas être transmis. Ils demeurent la propriété de l’entreprise qui les a mis en ligne.

Tout comme la question de l’enterrement ou de l’incinération, il faudra donc très bientôt penser à exprimer ses souhaits au sujet de son identité en ligne comme de l’héritage de son « patrimoine numérique ». 

RSLN le 05/10/2012
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RSLN le 05/10/2012

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