Économie numérique

Ces développeurs qui misent tout sur les applications

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Chaque jour, ils sont des centaines à remplir les rayons virtuels des « store », les plateformes de téléchargement, avec l’espoir que leur application fera fureur. Salariés ou étudiants, amateurs comme professionnels : rencontre avec cette nouvelle génération de développeurs.

Fin septembre, une quarantaine de développeurs du Nord Pas-de-Calais s’est donnée rendez-vous au Mercure de Lille, pour la première étape du DevCamp Tour Windows 8. D’âges et d’horizons très différents, ils partagent un point en commun : leur amour des lignes de code !

« J’ai bossé pour une petite boite pendant dix ans. Mais entre l’accompagnement des clients et les paperasses administratives, je passais trop peu de temps à créer », témoigne Christophe, habitué des hackatons et premier arrivé dans la salle de conférence. « Aujourd’hui je suis à mon compte. Je me consacre pleinement au développement. Je fabrique des applications, les balance sur le store, les fais un peu buzzer puis elles vivent d’elles-mêmes », se réjouit-il. 

Edouard, salarié d'une SSII, témoigne : « Quand on est dans une société de services, ce n’est pas facile d’être dans cette mouvance. J’ai pris une journée de RTT pour venir travailler ici, au calme et entouré d’autres professionnels ». À côté de lui, Davy acquiesce. En contrat dans une société qui développe des applications à usage médical, il voit ici l’occasion  « de confronter les points de vue avec des personnes d’autres horizons, de débattre des évolutions, d’étudier les nouvelles tendances et donc de trouver de nouvelles idées »

Les applications valorisent les développeurs

Quelques mètres plus loin, Eric Vernié, formateur Microsoft [l’éditeur de RSLN, ndlr], dispense ses conseils. Tout au long de la journée, les développeurs viennent lui poser leurs questions et expérimenter avec lui de nouveaux outils. 

« Le développement d’applis, c’est d’abord le plaisir de l’artisanat : faire quelque chose de ses mains, qui sera design et performant », souligne-t-il. « Avant, les développeurs faisaient grise mine, car ils étaient utiles mais rarement mis en valeur. Avec les applications, ils ont l’occasion de créer des outils gratifiants, d’être fiers de ce qu’ils font et même de gagner de l’argent », analyse le spécialiste.

La salle ne compte pas que des professionnels. Ci et là s’affairent notamment des ‘moonlighters’, ces passionnés "en roue libre", qui excellent dans leur domaine mais apparaissent parfois comme incompris.  « Ils courent après la nouveauté, testent tous les périphériques possibles, cela leur permet de sortir de leur quotidien qui n’est pas toujours très facile », poursuit Eric Vernié.

Développer pour les autres... mais aussi pour soi

Certains, comme Philippe, ont un but strictement personnel : « Je développe pour palier l’absence de services que j’aimerais utiliser. Si cela peut ensuite être utile à d’autres, c’est tant mieux », sourit-il. Sa sixième appli donnera des résultats de matchs locaux de football. 

Le DevCamp s’organise en une série de laboratoires, qui permet à chacun  d’approfondir ses connaissances à son rythme. L’occasion de prendre conscience de toutes les étapes qui précèdent sa diffusion au public. « Nous débarquons. C’est notre première appli. Ici, nous sommes aiguillés », se réjouit Pierrick, étudiant en troisième année à EPITECH Lille« Développer permet d’apprendre le fonctionnement des choses, cela ouvre toutes les portes », résume-t-il avec passion. Avec Guillaume et Samuel, qui l’accompagnent, ils ont imaginé un jeu vidéo

« En utilisant nos Xbox, il nous est venu l’idée d’un jeu multiplateforme, qui serait également accessible sur mobile et sur ordinateur". « Pour le stockage des données, nous regardons ce qu’il est possible de faire en Cloud Computing », complète Samuel.

Ils sont déjà six sur le projet, mais ils se heurtent à un problème de taille : « Nous ne sommes pas infographistes, nous n’avons pas de formation en la matière. Nous allons donc devoir frapper à la porte d’étudiants d’autres écoles pour qu’ils nous donnent un coup de main », souligne Guillaume.Si ce travail fait partie de leurs études, leur objectif est aussi de rendre l’appli accessible à tous. « Si elle est à la hauteur, ce serait dommage de ne pas la publier », commente Pierrick. Et pourquoi pas séduire de nombreux utilisateurs ? 

Leur quête du Graal : séduire des millions d'utilisateurs

« Les stores, ce sont des centaines de millions d’utilisateurs à travers le monde, avec une forte marge de progression dans les prochaines années. Une opportunité exceptionnelle pour les développeurs. Il est compréhensible qu’une partie d’entre eux se lance dans la quête du Graal », poursuit Eric Vernié. Christophe relève la tête en entendant l’argument : « Si une de mes applications touche ne serait-ce que 1% des utilisateurs, je serai déjà millionnaire », se prend-t-il à rêver. 

Matthieu Lamarre le 03/10/2012
Matthieu
Matthieu Lamarre le 03/10/2012

1 Comments


Gisèle

C'est pas étonnant. Vu que ça ne coute pratiquement rien au début, un ouvre un site, on se le paye par de la pub genre http://madvertise.com/fr/ et c'est parti. Et si ça ne marche pas du premier coup, on a perdu un peu de temps, mais il y a toujours la chance de devenir riche sans investir!
Enfin, il faut savoir coder.

le 19 October 2012

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