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La Silicon Alley détrônera-t-elle la Silicon Valley?

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New-York a des ambitions numériques ! Plus grande ville des Etats-Unis, place mondiale du commerce et de la finance, elle compte devenir « le nouvel eldorado » des start-ups.

Tandis que la Silicon Valley à la Française n'a toujours pas vu le jour, de l'autre côté de l'Atlantique la "Grosse pomme" réalise une impressionnante mutation. Haut lieu de la finance, en première ligne lors de la crise des subprimes, New-York a vu depuis 2007 des centaines d’analystes financiers et d’ingénieurs quitter Wall Stress pour s’établir… dans la Silicon Alley. Située en plein cœur de Manhattan, cette technopole concentre les entreprises spécialisées dans l’innovation et la communication.

> Le numérique recrute

En cinq ans, ce sont plus de 1.000 start-up high-tech qui ont vu le jour, comme le détaille Usine nouvelle, dans un article très documenté sur le sujet. Le nombre d’emplois dans ce secteur affiche une croissance de 60% en moins de dix ans, passant de 33.000 en 2003 à 53.000 en 2012.

Bien qu’elle n’accueille pas les sièges des géants du web, la ville « où l’on ne dort jamais » mise sur d’autres atouts… En premier lieu, celui de concentrer les industries des médias, de la publicité et de la mode. Ils en font « the place to be » en matière de création et d’art. De nombreux investisseurs y ont également leurs bureaux.

« Ici, l'écosystème est en place pour monter une start-up.Vous avez des business angels, des fonds de capital-risque et des clients. Pourquoi la ville explose aujourd'hui ? Tout simplement parce que c'est la capitale du contenu et de la publicité, et qu'internet converge vers ces mondes-là », confie Mathieu Nouzareth, dirigeant français de FreshPlanet, interrogé par Usine nouvelle.

> Des investissements à la hausse

Alors qu’il chute dans la Silicon Valley et à l’échelle nationale, le nombre de start-up financées par des fonds de capital-risque progresse nettement à New-York. Entre 2007 et 2011, elles sont 34% de plus à en avoir bénéficié, selon PricewaterhouseCoopers. Soit 390 start-ups qui totalisent 2,7 milliards d’investissements. En cinq ans, 133 entreprises ont même levé plus de 10 millions de dollars. Des chiffres qu’il faut toutefois relativiser, lorsqu’on les compare aux 1.200 entreprises dotées de 12 milliards de dollars à Palo Alto.

Selon Usine nouvelle, cette situation au beau fixe doit beaucoup à Michael Bloomberg, premier magistrat et réputé très technophile. Il compte faire de sa ville « la capitale mondiale de l’innovation ». Rien que ça ! En quelques années, il a ouvert plusieurs chantiers : open-data, concours d’applications et incubateurs dont trois sont spécialement dédiés au numérique.

Dans une mégalopole saturée, les locaux sont l’un des principaux points de tension pour les petites entreprises. Les incubateurs allient loyers modérés, espaces de co-working et assistance administrative, comme en témoigne le webdocumentariste Maxime Leroy. Un campus high-tech devrait même voir le jour à Roosevelt Island en 2017, là encore à l’initiative du Maire. Il sera coordonné par l’université Cornell et l’Institut israélien Technion. Son objectif : pallier toute pénurie d’ingénieurs.

> Complémentaire plutôt que concurrente

La Silicon Alley va-t-elle à terme dépasser la Silicon Valley ? Non, répondent les professionnels. Les deux technopoles auraient plutôt tendance… à devenir complémentaires. « Palo Alto pour le hardware et New-York pour le software », analyse Usine nouvelle. Sans oublier Boston et Seattle, qui n’ont pas non plus dit leurs derniers mots…

Matthieu Lamarre le 24/09/2012
Matthieu
Matthieu Lamarre le 24/09/2012
Photographie : Kristen & Todd

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