Vu sur le web

#OLD : la course à la fraîcheur de l'information

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Avez-vous déjà croisé ce mot, OLD, précédé du hashtag (#) sur votre fil d'actualités Twitter ou Facebook ? Peut-être vous l'a-t-on gentiment adressé lorsque vous avez partagé sur les réseaux une information déjà relayée par d'autres ? 

Depuis quelques années déjà, la généralisation de l'information en continu et en temps réel induit une exigence accrue de réactivité chez les journalistes : pour avoir le maximum de valeur ajoutée, l’information brute doit être relayée immédiatement... et avant tout le monde.

Longtemps, cette exigence de la nouvelle fraîche s'est limitée à un microcosme de blogueurs et de professionnels des médias, hyper-connectés au réseau social Twitter. Mais avec la montée en puissance du web social, elle s’est progressivement étendue à l’internaute lambda et généralisée à toutes sortes de contenus, remarque Le Collectif Orange. 

Dès lors, il n'y a plus de doute possible : ces trois lettres deviennent un véritable élément culturel sur Internet. Et cela, pour au moins deux raisons.

> Une logique de distinction

Sur Twitter, la capacité de chacun à dénicher l'information inédite est récompensée en termes d'influence. Alors, pour ceux qui choisissent d'entrer dans cette course, le moindre retard aura tôt fait d'être considéré comme un flagrant délit de ringardise... voire une véritable « faute professionnelle ».

La conséquence ? Quel que soit le type de lien, chaque information est devenue hautement périssable :

« Dans la vraie vie, il fallait une saison pour qu’une robe soit dépassée ; il ne faut plus qu’une demi-journée pour qu’une vidéo marrante soit lessivée par son rabâchage sur le réseau », faisaient remarquer Vincent Glad et Soline Ledésert dans le magazine Amusement.

Ainsi, et malgré son aspect anecdotique, l'usage répété du #old témoigne de l’existence d’une nouvelle temporalité dans la culture de partage de l’information sur le Web. Pour diffuser des informations qui n'ont pas un caractère de nouveauté, il faudrait les réécrire, en proposant un angle différent.

Ou alors, se risquer à relayer les faits bruts, en prenant des précautions : « Je sais, c'est old, mais... ».


Parmi les internautes, il y a bien entendu ceux qui s'emportent contre ce diktat :  

 
Et puis, il y a ceux qui prennent le parti d'en rire :

Et pour se prémunir de cette sanction immédiate, certains vont jusqu'à utiliser des services permettant de vérifier la fraîcheur d'une information avant de la partager : Is It Old, par exemple, analyse le nombre de fois qu’un lien a été partagé sur Twitter et depuis quand. 
 

> Un moyen de lutter contre l'infobésité ?

« Pourquoi s’imposer cette tyrannie du temps réél, qui tend à interdire toute déconnexion ? » interrogent Vincent Glad et Soline Ledésert. Et les journalistes d'avancer une autre explication, au-delà de la logique de distinction :

« L’infobésité, cette surabondance de contenu hébergée sous un nombre quasi-illimité de noms de domaines, oblige les utilisateurs à faire le tri. Tous les jours évacuer les informations de la veille au profit des nouvelles est peut-être la meilleure solution, collectivement improvisée, pour répondre au tourbillon de news ».

Que l'on se rassure : la fraîcheur des informations n'est pas le seul facteur d'influence en ligne : leur qualité, leur pertinence dans le domaine d'intérêt de nos réseaux, leur capacité à « créer du lien » compte tout autant. C'est sans doute la raison pour laquelle nombre d'internautes, et parmi les plus sérieux, choisissent d'ignorer cette course effrénée...

Tommy Pouilly (@5h55) le 17/09/2012
Tommy
Tommy Pouilly (@5h55) le 17/09/2012

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