Pour Bruno Walther, "la business intelligence a besoin d'un nouveau modèle commercial: le freemium"

Pour Bruno Walther, "la business intelligence a besoin d'un nouveau modèle commercial: le freemium" Économie numérique

Créée en 2010 par Bruno Walther et Gilles Babinet, la start-up CaptainDash est spécialiste de la business intelligence : elle propose aux directions Marketing un outil d’agrégation et de visualisation de données, qui leur permet d’avoir une vue d’ensemble de l’activité traitée et facilite la prise de décisions.

CaptainDash s’apprête à effectuer cet automne un virage décisif vers « l’application freemium », un modèle économique jusqu’à lors jamais testé dans ce secteur. Bruno Walther nous explique les raisons qui ont motivé ce choix.

RSLN - Pourquoi ce virage stratégique ?

Bruno Walther - Il y a deux ans, nous avons commencé dans le traitement et la visualisation de données par l’ouverture d’une plateforme web. Depuis, nous avons assisté à une consumérisation très rapide de l’informatique d’entreprise : les gens ont calqué leurs pratiques professionnelles sur leurs pratiques personnelles. Ils exigent des interfaces légères, consultables à toute heure et en tout lieu, qui ne demandent plus des autorisations dans tous les sens. Les modes de commercialisation dans le secteur de la business intelligence sont devenus obsolètes, car trop longs et trop coûteux. L’idée qu’il faille deux ans pour implémenter un projet et apporter des preuves de concept n’est plus adaptée aux enjeux de l’époque.

> Vers des écrans et un univers intégrés

Comment envisagez-vous cet avenir « tout mobile » ?

Demain, nous consulterons tous les services de la même manière que nous consultons aujourd’hui nos courriels : sans nous poser la question du device. Nous allons vers des écrans et un univers totalement intégrés, qui seront la rencontre entre l’ordinateur, le mobile, la tablette et même pourquoi pas la console de jeux vidéo. Ces outils, tels que nous les connaissons, ont vocation à disparaître. A l’avenir, ils seront hybrides et reposeront sur des applications et des market places, plutôt que des logiciels.

Concrètement, quelle forme prendra l’application CaptainDash ?

Notre objectif est d’être la première solution de business intelligence à faire le pari du « freemium ». Elle sera donc téléchargeable gratuitement, les utilisateurs pourront tester et utiliser le service gratuitement sans aucun coût de setup. Le produit comportera un niveau premium, payant, avec des outils plus approfondis.

C’est un choix inédit dans ce domaine...

Nous avons créé CaptainDash alors que la « data » n’était pas encore à la mode. Nous ne sommes pas partis d’un exemple à l’étranger, mais d’un besoin métier qui n’était pas couvert : celui des directions Marketing qui recevaient des dizaines de rapports, avec des données impossibles à traiter car issues de systèmes d’information différents. Nous avons dû convaincre les investisseurs qu’il y a avait là un espace pour innover. C’est toujours casse gueule, mais ça vaut le coup. Être les premiers sur ce créneau nous a permis de nouer de nombreux partenariats, d'avoir une réel avance technologique et un leadership en terme de management de la data.

> La data crée une urgence dans les organisations

Vous relativisez la prise de risque ?

Nous pouvons faire un carton, comme nous planter complètement. Mais c’est le principe même d’une start-up ! Nous passons notre temps à faire des PowerPoint et des business plan à 5 ans, mais nous changeons de feuille de route tous les mois ! Quand nous avons créé CaptainDash, nous n’avions pas encore la question de la big data, ni celle de la consumérisation de l’informatique d’entreprise. Comme tous les entrepreneurs, nous avons fait des erreurs, nous avons pris des murs, mais nous avons réessayé. Je ne sais pas quel sera l’état du business dans trois ans. Tout change très vite, mais j’ai une certitude : la data transforme tout et crée une urgence dans les organisations.

Sur quels partenaires pouvez-vous compter ?

Nous avons fait une levée de fonds l’année dernière, auprès d’e-source. Nous travaillons à un deuxième tour de table financier pour le développement à l’international, notamment aux Etats-Unis où nous voulons arriver dès février prochain. Nous sommes également intégrés au programme BizSpark One de Microsoft : il s’agit d’un accompagnement très poussé, réservé à une soixantaine de start-up dans le monde. Nous avons été repérés par leur équipe américaine car, selon elle, notre projet correspond parfaitement à la philosophie de Windows 8 et de son interface Metro, qui se veut intuitive et personnalisable.

Votre service sera donc disponible sur Windows 8 ?

Exclusivement. Microsoft est dans une logique d’innovation dans le mobile, que je trouve particulièrement intéressante. Avec pour objectif d’être la plus belle application business dans leur store et de bénéficier de l’effet d’accélérateur de ce grand groupe.

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