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Société

Découpeuse laser et tiramisu : c'est la rentrée au FacLab !

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Si le nouveau site de l’université de Cergy-Pontoise à Gennevilliers paraît encore bien vide, pour ne pas dire un peu froid, attendez avant de lui tourner les talons. Car il faut savoir que tout le rez-de-chaussée du bâtiment principal est habité par le FacLab. Un locataire singulier qui, pour le néophyte, cumule les objets de torture : scie à chantourner, imprimante 3D et autre découpeuse laser cohabitent ainsi avec de nombreux ordinateurs. Autant d’outils essentiels pour que ce « Fabrication Laboratory » puisse exprimer tout son potentiel.

Depuis son ouverture il y a six mois, le FacLab constitue un des pionniers dans le paysage encore relativement dégarni des FabLab français. En cette nouvelle année scolaire, ses créateurs, Emmanuelle Roux et Laurent Ricard, deux entrepreneurs venus du Web, ont à cœur de concrétiser la philosophie de ce lieu de fabrication ouvert :                   « participer, partager, documenter ».

C’est donc autour d’un pique-nique, lui aussi très collaboratif puisque chacun avait amené un petit quelque chose, que s’est tenue la rentrée du FacLab. Venus à pieds, en moto ou en train, parfois de loin, les apprentis ou avertis bricoleurs ont discuté des idées, plus ou moins réalistes, souvent originales, qu’ils souhaitent réaliser cette année.

> Do it myself

Du haut de sa longue chevelure grisonnante et de ses deux doctorats, en mathématiques et en informatique, Marc impressionne, tout comme ses projets. Pour sa première réalisation au FacLab, il aimerait créer de toutes pièces un « exosquelette pour les pattes arrières de son chien », qui a du mal à marcher.

Jean-Yves, lui aussi venu pour la première fois, vise un peu moins haut, mais compte aller au bout de sa démarche. Il a découvert le FacLab cet été, « grâce à un reportage sur Antenne 2 ». Ça tombe bien, il doit créer une poignée sur mesure pour ses fenêtres, qui coulissent mal. Un petit coup d’impression 3D, et ce petit désagrément ne devrait plus être qu’un mauvais souvenir.

Dans la salle voisine, Thierry et Adel débattent de la taille des plus grosses clés USB en vente sur le marché. Ce sont des fidèles du lieu.

Le premier se définit comme « pas très social » et vient ici « pour tuer le temps ». Pourtant, il n’hésite pas à prodiguer ses conseils à des quasi-inconnus. L’année dernière, il a planché sur un prototype de cryptex, le même que dans Da Vinci Code. Cette année, il se contentera pour l’instant de finir le zeppelin qu’il a déjà commencé, et dont l’armature en bois orne la salle centrale du FacLab.

Adel, sourire aux lèvres, a lui du mal à cacher son enthousiasme :

« Des projets ? J’en ai à peu près 15 000. Depuis un voyage en Floride où j’ai vu le mot « FabLab » sur un panneau, cet univers me fait rêver. Je suis amoureux du lieu. »

A tel point qu’il a englouti ses dernières économies pour se procurer de quoi construire son propre vélo électrique. Car au FabLab, si tout est gratuit, il faut cependant venir avec ses matières premières, soit en les achetant, soit en faisant de la récup’.

La bidouille avec deux bouts de ficelle et du carton, Rafaëla connaît bien. En plus de ses savoirs culinaires inépuisables (elle a ramené du gâteau pour tout le monde), cette bijoutière de profession peut « bricoler » un bijou à partir de tout et n’importe quoi : « carton, laine, résine, os de seiche, y’a pas de limites ! ». C’est justement pour se forcer à expérimenter de nouvelles matières et de nouvelles formes, que Rafaëla vient régulièrement à Gennevilliers.

Parmi les toutes premières à avoir mis les pieds au FacLab, il y a aussi Josiane et sa passion pour les vêtements. Après avoir passé un temps dans l’univers de « parfum et des cosmétiques », cette sémillante couturière effectue des recherches poussées en découpe des tissus. Après discussion avec Mathieu, un jeune ingénieur qui fréquente également le lieu, elle a peut-être trouvé une solution pour « couper à cru des matériaux nobles sans qu’ils ne s’effilochent ». Facile.

Ça papote, ça discute, mais vient déjà l’heure du dessert. Frédéric a apporté un tiramisu géant. En tant qu’éducateur, il aimerait bien amener ses ados au FacLab, pour qu’ils se changent  les idées et fabriquent par exemple « un robot tous ensemble ». Mais il se heurte à une direction rigide, pour qui des mots comme « création » et « numérique » suffisent à motiver un refus catégorique.

> « Jamais dû se rencontrer »

Vous l’aurez compris, au-delà du lieu, la force et l’énergie du FacLab se situe d’abord dans chacun de ces amateurs qui viennent imaginer, réinventer, s’entraider dans une bonne humeur particulièrement communicative. Comme le résume Olivier Gendrin, le « fab manager » qui fait tourner la maison au quotidien, « viennent ici des gens qui n’auraient jamais dû ou pu se rencontrer autrement ».

Dès la mi-septembre, le lieu devrait voir son affluence encore augmenter. Le nouveau master journalisme de l’université ainsi que la licence professionnelle développeur web et web mobile vont s’installer dans les étages supérieurs. Alors que les premiers pourront s’entraîner à faire des reportages sur toutes ces inventions à venir, les seconds seront plus qu’incités à mettre les mains dans le cambouis :

« On veut leur montrer qu’Internet, c’est bien plus que des lignes de codes, qu’il existe à tous les niveaux des interconnexions entre le Web et la vraie vie. Nous allons expérimenter l’Internet des objets toute l’année », insiste Emmanuelle Roux.

Et aussi continuer à équiper le FacLab en outils de toutes sortes. D’ailleurs, Josiane salue la cantonade : elle doit déjà filer, elle connaît un bon plan pour ramener une machine à coudre.

Bon à savoir : retrouvez le FacLab sur son site Internet ou sa page Facebook. Si vous avez envie de vous rendre sur place, les locaux sont ouverts du lundi au vendredi, de 13h à 18h - nocturne le mardi jusque 19h45.

Jason Wiels le 04/09/2012
jason
Jason Wiels le 04/09/2012
Photographie :

1 Comments


Emmanuelle Roux

Merci vraiment pour ce très bel article et pour le temps passé avec nous lundi. A très bientôt pour des projets personnels ?

le 06 September 2012

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