Collaborative cities : un webdocumentaire sur l'économie collaborative

Collaborative cities : un webdocumentaire sur l'économie collaborative Économie numérique

Ils sont jeunes, ont des projets et agitent le web pour leur donner vie. A partir de cette rentrée, RSLN vous propose des portraits réguliers de la nouvelle génération d’entrepreneurs du numérique. Premier de cette série : Maxime Leroy, qui entame la réalisation d’un webdocumentaire sur l’économie collaborative.

A l’initiative du webdocumentaire Collaborative cities, Maxime Leroy s’apprête à sillonner pendant deux mois douze villes d’Europe et d’Amérique du Nord. Son objectif : rencontrer et valoriser les acteurs innovants de l’économie collaborative, un secteur en pleine expansion grâce à Internet.

Crowdfunding, covoiturage, couchsurfing… Pour donner vie à son projet, ce jeune de 23 ans a su exploiter tout le potentiel du web communautaire ! Il entame désormais son périple, que chaque internaute pourra suivre en direct en apportant sa contribution.

RSLN – Comment es-tu venu à t’intéresser à l’économie collaborative ?

Maxime Leroy – Tout juste sorti d’un bac L, j’étais tenté par le journalisme mais l’état de la profession m’inquiétait. Je me suis donc lancé dans des études de design d'interactivité, à l'Ecole de design de Nantes, en me disant que ce domaine était le meilleur moyen d’explorer de nouvelles méthodes de publication. Mon cursus m’a amené à travailler un an à New-York, comme assistant au Parsons Desis Lab, un laboratoire dédié à l’observation des services, par le prisme de l’innovation sociale et des pratiques collaboratives. J’ai découvert le potentiel d’internet en la matière. Les enseignants étaient tous connectés à des services collaboratifs, on en étudiait tous les jours en cours, avec chaque fois de nouveaux modèles à découvrir. Je me suis passionné pour ces questions. De retour à Paris, j’y ai consacré mon mémoire et mon projet de fin d’études. C’est à ce moment qu’a germé dans mon esprit l’idée d’un documentaire.

> « Les expériences collaboratives évoluent grâce et par le web! »

Il y a tant à dire sur ce sujet ?

L’économie collaborative, ce n’est pas juste trois voisins qui s’organisent pour un trajet en voiture ou leurs achats alimentaires ! C’est un secteur en croissance, avec des projets qui ont pris une ampleur considérable, à l’image d’airbnb. Le logement, les transports, en passant par la finance, l’éducation et même la production : ces secteurs évoluent profondément grâce au web et aux pratiques collaboratives. Il y a là quantité d’expériences qui renforcent le lien social, permettent des économies budgétaires et des optimisations de ressources. Or, elles restent souvent réservées aux initiés, professionnels du web ou de l’économie sociale et solidaire. Les utilisateurs d’un service connaissent rarement les services connexes, dont ils sont souvent le public cible. Le webdocumentaire Collaborative cities est un moyen de recenser, valoriser et partager ces initiatives. De montrer par exemple à quelqu’un qui fait du covoiturage, qu’il peut aussi pratiquer le couchsurfing.

Comment as-tu sélectionné les villes et les projets à valoriser ?

Je fais partie d’une communauté nommée OuiShare. Elle met en réseau près de 300 personnes à travers le monde, porteuses d’initiatives collaboratives, et m’a apporté l’intelligence collective. Sur le groupe Facebook où nous discutons, j’ai soumis une première liste de projets et de villes. Celle-ci s’est considérablement enrichie grâce aux contributions des membres. OuiShare dispose de spécialistes dans les différents secteurs, qui m’ont facilité la prise de contact. J’ai abouti à une liste de start-up et de grandes entreprises, de non-profit comme de profit, en Europe et en Amérique du Nord, deux territoires où j’avais la garantie de contacts solides.

> « Le crowdfunding m’a permis de constituer une communauté autour du projet »

Pour le financement, tu as opté pour une solution de crowdfunding...

J’ai mené une campagne via le site KissKissBankBank. Mon objectif : collecter près de 12.000 euros en deux mois. C’était un peu l’aventure, car malgré la veille que j’avais pu faire auparavant, je savais que cela pouvait très bien ne pas réussir. Le lancement de la campagne coïncida avec un événement de OuiShare, ce qui permit de collecter tout de suite 1.000 euros. Finalement, au terme des huit semaines, le projet avait totalisé 14.335 euros.

Quelle différence avec un projet autofinancé ?

Une véritable communauté s’est constituée autour du webdocumentaire, avant même le début du tournage ! Cent-cinquante personnes ont contribué au financement. Si une partie provenait de OuiShare et de mon entourage, d’autres étaient de parfaits inconnus. J’ai contacté chacun individuellement. Nous avons débattu ensemble sur la page de présentation du projet. J’ai même découvert ainsi de nouvelles initiatives collaboratives. Je suis fier qu’autant de liens se soient noués.

> Des rendez-vous réguliers avec les internautes

Prochaine étape, le tournage ? Sera-t-il lui aussi collaboratif ?

Il débutera le 17 septembre ! J’ai la chance d’avoir à mes côtés deux partenaires très précieux : Adesias pour la vidéo et FaberNovel qui coproduit. Pendant deux mois, avec un cadreur, je vais parcourir douze villes et réaliser une trentaine d’interviews. Ce sera pour les internautes une expérience à part entière, au moins aussi intéressante que la consultation finale des vidéos. Nous mettrons en place un site internet dédié, avec une timeline où nous publierons en direct les contenus qui nécessitent peu de temps de montage, tel que des photos report des lieux découverts, des retranscriptions des interviews, ... Nous allons aussi tester une grande part des services que nous présenterons, un peu en mode road trip.

Les internautes pourront-ils contribuer ?

Nous leur proposerons des rendez-vous réguliers : des chats en ligne, pour qu’ils posent leurs questions sur les initiatives présentées, et un « meet up » par ville avec les acteurs de l’économie collaborative. Les premières vidéos seront disponibles un mois après notre retour, au rythme d’une à deux par semaine. Cela nous amènera jusqu’en février 2013, date à laquelle nous les inviterons à une projection à Paris. Ce sera l’occasion de nous rencontrer et de poursuivre le dialogue !

Envisages-tu déjà la suite ?

Des projets, j’en ai plein en tête ! En premier lieu, un documentaire vidéo de 52’, qui permettrait de toucher davantage le grand public. J’ai aussi envie d’aller à la rencontre des étudiants, pour les sensibiliser à ces nouveaux modèles qui, j’en suis convaincu, peuvent apporter beaucoup à l’entrepreneuriat français. Et j’envisage déjà une seconde saison, sur d’autres continents où il se passe énormément de choses et où les modèles collaboratifs n’ont pas forcément les mêmes motivations : l’Amérique Latine, l’Afrique et l’Asie.

Pour suivre Maxime Leroy et le tournage du webdocumentaire Collaborative Cities, rendez-vous dès aujourd’hui sur http://collaborative-cities.com.

Vous êtes, vous aussi, porteur d’une initiative innovante ?
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