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Vu sur le web

« Mes lunettes lisent en vous comme dans un livre ouvert »

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Si au détour d'une page web, vous avez vu Sight, ce court métrage d'anticipation qui a fait parler de lui récemment, vous avez peut-être été impressionné par ces lentilles de contact que porte le personnage : en captant les infimes variations dans les expressions du visage de son interlocutrice, un système informatique embarqué l'informe en temps réel de son état émotionnel.

Et bien, à lire l'un des épisodes d'une série très intéressante sur la « mesure de soi » proposée par InternetActu sur Le Monde, il semblerait que cette technologie existe déjà... en fait, sous forme de lunettes.

Comprendre notre intelligence émotionnelle, c'est en effet ce à quoi s'attache Rosalind Picard, directrice du Groupe de recherche sur l'informatique affective au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et cofondatrice d'Affectiva, une start-up spécialisée dans les technologies de mesure de l'émotion. Et c'est plutôt impressionnant, comme en a rendu compte Sally Adee, en allant interviewer la scientifique pour le NewScientist. Jugez plutôt : 

« Les yeux de Rosalind Picard étaient grands ouverts. Je ne pouvais la blâmer : nous étions assises dans son bureau au Media Lab du MIT, et mes questions étaient étonnement incisives. En fait, je commençais à soupçonner que j'étais l'une des journalistes les plus avisées qu'elle ait rencontré... jusqu'à ce qu'elle me tende ces lunettes.

A l'instant où je les mis, je découvris que je me trompais. J'ai réalisé que son regard d'admiration traduisait en fait de la confusion et du désaccord. Pire, elle s'ennuyait. Une petite voix me le murmurait via une oreillette attachée à la lunette : Picard était déconcertée ou en désaccord avec moi. Une lumière rouge clignotait au-dessus de mon oeil droit pour me prévenir d'arrêter de parler. C'était comme si j'avais développé un sens supplémentaire. »

> L'informatique émotionnelle va-t-elle nous transformer ?

Comme les lentilles du court-métrage, la paire de lunettes mise au point par Affectiva a pour fonction d'aider celui qui la porte à décoder les émotions de la personne avec qui il discute. Pour cela, les lunettes sont équipées d'une petite caméra qui surveille 24 points du visage. Des petites lumières rouges, jaunes et vertes installées sur le bord du champ de vision permettent de traduire les expressions de l'interlocuteur selon qu'elles sont négatives, neutres ou positives. 

« Lors d'une conversation en face à face, des milliers d'indicateurs minuscules sur le visage d'une personne - plissement du front ou des lèvres, clignement et froncement des yeux - ajoutent une série d'indices non verbaux à nos communications verbales », explique la journaliste du New Scientist.

Le rôle de la technologie, à ce stade, est donc de détecter et d'amplifier ces signaux pour les rendre « lisibles ». Ce qui n'est pas chose aisée : l'article nous apprend qu'une personne moyenne réussirait à interpréter correctement 54 % des expressions d'un visage. Le logiciel, de son côté, ne parvient pour l'instant à identifier correctement que 64 % des expressions.

Quoi qu'il en soit, les possibilités que pourraient offrir à l'avenir les progrès de la technologie laissent songeur. Car les expressions du visage ne sont pas le seul repère que les dispositifs informatiques peuvent capter et interpréter : le langage du corps, la variation dans le ton ou la hauteur de voix, les changements de couleur du visage sont autant d'indices que l'on peut mesurer pour donner une image plus complète de nos interactions sociales. 

Aussi, que serait le monde si nous pouvions mieux comprendre et nous adapter aux signaux sociaux que les autres nous envoient ? L'informatique émotionnelle va-t-elle nous transformer, en nous permettant par exemple d'acquérir des compétences sociales supplémentaires ? 

Ou bien, comme le suggère le court-métrage de façon un peu pessimiste, de telles compétences seraient une porte ouverte à toutes les manipulations ? A la fin de l'article, Hubert Guillaud d'InternetActu pose clairement la question : saurons-nous établir des règles d'usages avant que cette technologie ne se répande ? 

Si ces questions vous intéressent, une série télévisée américaine exploite largement le concept. Il s'agit de Lie to me : 

Tommy Pouilly (@5h55) le 24/08/2012
Tommy
Tommy Pouilly (@5h55) le 24/08/2012
Photographie : (Capture d'écran)

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