Vu sur le web

La justice britannique est-elle « trop sévère » avec les trolls ?

0

Mille euros d’amende, 240 heures de travaux d’intérêt général, voire plusieurs semaines de prison ferme… au Royaume-Uni, on ne rigole pas quand il s’agit de punir les dérives verbales des internautes. Sur le blog Newsbeat, édité par la BBC, Declan Harvey rend compte des tendances de plus en plus punitives de la police sur les réseaux sociaux.

Le journaliste rappelle par exemple que lors des JO de Londres, le plongeur Tom Daley a reçu un tweet cruel à propos de la mort de son père, survenu un an plus tôt. Résultat : le jeune homme de dix-sept ans à l’origine de ce message s’est vu confisquer ordinateur et téléphone, et écope d’un avertissement pour harcèlement, qui restera inscrit dans son casier judiciaire.

Dans certains cas, les dérapages en ligne de ces internautes les envoient directement derrière les barreaux. C’est le cas de Liam Stacey, qui a « gagné » le droit de passer un séjour de deux mois en prison après un message publié sur Internet, jugé raciste par la justice anglaise.

> Liberté d’expression VS propos haineux

Ces décisions vont-elles trop loin ? A partir de quel moment un « troll », c’est-à-dire une personne qui « suscite artificiellement la polémique », cesse de l’être et commence à devenir blessante, injurieuse, voire hors-la-loi ?

Interrogée par Declan Harvey, l’Association des officiers de Police déclare « que les individus ont le droit de publier leurs opinions, mais dès que celles-ci deviennent indécentes, menaçante ou offensantes, les personnes ciblées ont le droit de nous les signaler. »

Les choses ne sont pas si simples pour des associations et des experts d’Oxford, qui jugent que ces peines « vont bien au-delà de ce qui se pratique ailleurs ».

« Les blagues ou le sarcasme sont souvent mal compris sur Internet, surtout quand on n'a que 140 signes pour s’exprimer », juge l’association The Campaign Against Censorship.

« Ces cas sont ridicules et la police ne les poursuit que parce qu’il s’agit d’affaires faciles à classer », renchérit Index, qui milite en faveur de la liberté d’expression.

> Et en France ?

Ce genre d’affaires est plus rare en France, où l’on dénombre tout de même quelques conflits ouverts en ligne, mais pour lesquels aucune peine de prison n’a été pour l’heure prononcée.

A suivre, l’éventuel procès de @soymalau, un internaute qui a produit des messages perçus comme injurieux par ses deux victimes, Nathalie Kociusko-morizet et Jean-François Copé. Si la première a retiré sa plainte, le second l’a maintenue, ce qui pourrait conduire l’affaire devant les tribunaux en février 2013. Et ce, même si l’accusé a déjà présenté ses excuses.

Jason Wiels le 20/08/2012
jason
Jason Wiels le 20/08/2012

Ajouter un commentaire


Loading
biuquote
  • Comment
  • Preview

S'abonner à la newsletter

Votre adresse email sera uniquement utilisée pour vous envoyer la newsletter de RSLN. Microsoft ne l'utilisera pour aucune autre communication, qu'elle soit commerciale ou institutionnelle. Microsoft ne vend ni ne loue ses listes d'abonnées à des tiers.