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Un livre encodé dans un brin d'ADN

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Quel est le point commun entre un bit et un nucléotide ? Facile : l'un est la base de l'information numérique. L'autre est la base de l'ADN : c'est à dire, de l'information génétique. 

Et si ces deux systèmes d'information distincts pouvaient interagir entre eux Et bien, on pourrait peut-être faire de l'ADN un excellent support de stockage de données numériques.

De la science-fiction ? Non, c'est bien réel, depuis le tour de force réalisé par une équipe de chercheurs de Harvard, que racontent le Guardian et The New Scientist - et que relaie en français ActuaLitté : les scientifiques sont en effet parvenus à encoder un livre de 53 000 mots, 11 images au format JPG et un programme informatique dans du matériel génétique. 

> Des 0 et des 1 dans l'ADN

Pour convertir les informations, le procédé est en théorie plutôt simple : l'information génétique est codée par l'ordre dans lequel s'enchaînent quatre nucléotides fonctionnant deux à deux (A et GC et T). L'information numérique, quant à elle, se lit dans l'ordre des bits, qui peuvent être un 0 ou un 1. Dans cette expérience, A et C ont donc servi à écrire les 0, et G et T, les 1. 

Les informations numériques ont ensuite été introduites dans des cellules d'ADN synthétisées artificiellement, au moyen d'une imprimante à jet d'encre. Le tout est ensuite placé sur une puce de verre, qui constitue le support lisible par un ordinateur.

Au final, le procédé n'est donc pas très différent d'une copie de données sur disque dur... à la différence près qu'on ne peut écrire qu'une seule fois sur un brin d'ADN. Et donc, comment effacer nos données ? Il suffira de détruire leur support.

> Bientôt un disque dur moléculaire ?

Alors, l'ADN est-il le futur du stockage d'informations ? On pourrait le croire, à voir les formidables capacités de stockage qu'il propose : un gramme d'ADN peut contenir jusqu'à 445 milliards de gigaoctets. C'est l'équivalent de 100 milliards de DVD ! A ce rythme, nos bonnes vieilles disquettes et disques durs pourrait être rapidement relégués au rang d'antiquités : les chercheurs affirment que d'ici à une dizaine d'années, l'ADN les aura remplacés.

L'ADN présente en outre de nombreux atouts, rappelle ActuaLitté : facile à copier, il reste lisible après des milliers d'années, même conservé dans les pires conditions imaginables. Et contrairement à toute l'évolution technologique traditionnelle, aucune chance que le support de stockage soit obsolète au bout de quelques années : l'ADN est aussi vieux que la Terre. 

Présentes dans toutes les cellules vivantes, les molécules d'ADN renferment l'ensemble des informations nécessaires au développement et au fonctionnement d'un organisme. Mais que l'on se rassure, l'invention de ces chercheurs ne s'appliquera pas de sitôt à nos cellules humaines : il est en effet impossible, pour le moment, d'écrire dans une cellule vivante... sous peine de la modifier et de perturber son évolution.

Tommy Pouilly (@5h55) le 17/08/2012
Tommy
Tommy Pouilly (@5h55) le 17/08/2012

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