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Médias

« J'ai deux mamans » : pourquoi la sincérité paye sur Internet

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Peut-on aider à changer les mentalités quand on n’a même pas 20 ans ? Oui, mille fois oui, répond Zach Wahls, un Américain élevé par un couple de femmes et qui considère qu’il a été bien éduqué, aussi bien que peut le prétendre un enfant originaire de l’Iowa au 21ème siècle.

Son opinion, il l’a exprimée début 2011 devant la majorité républicaine fraîchement élue à la chambre des représentants locale. Ces élus souhaitaient revenir sur la décision de la Cour suprême de leur Etat, qui avait légalisé le mariage homosexuel en 2009. Un amendement qui n’a en fin de compte pas été voté.

Lors du Personal Democracy Forum organisé à New York en juin dernier, les organisateurs ont proposé à Zach Wahls de venir sur scène afin de tirer le bilan de sa courageuse intervention. Elle est rapidement devenue l’une des vidéos politiques les plus vues de l’année dernière, drainant pas moins de 20 millions de spectateurs :

> Séquence émotion

La vidéo de sa prestation devant les élus n’étant disponible qu’en anglais, voilà le message qu’il a voulu faire passer :

« Ce que je voulais vous dire, c’est que nous ne sommes pas différents d’autres familles: nous allons à l’Eglise, en vacances et prenons nos dîners ensemble. Nous avons aussi nos moments difficiles, nos disputes », a déclaré l’apprenti ingénieur à ses concitoyens, à propos de ses mères Jackie et Terry, et de sa sœur Zebby, dont les gènes sont issus du même donneur anonyme que Zach.

Ce dernier n’a pas hésité à interpeller le Président de l’audience publique en déclarant : « si j’étais votre fils, M. le Président, je suis sûr que je vous rendrais très fier. »

Et d’enfoncer le clou dans une performance oratoire convaincante car poignante, et sans notes :

« Quand la question lancinante ‘est-ce que les gays peuvent élever des enfants’ revient sur la table, je réponds toujours et je dis : j’ai été élevé par deux femmes, et je m’en sors plutôt bien jusqu’à présent ! »

C’est vraiment grâce à cette sincérité que l’auteur pense avoir pu conquérir la Toile : « Mon témoignage, je pense, a apporté de la crédibilité au débat. Je n’ai fait que me lever pour défendre ma famille, que j’aime. C'est ce qui a tout simplement donné le plus d’impact à mon intervention », explique-t-il sur scène.

> Internet pour « réorienter les discours politiques »

Cela signifie-t-il que les réseaux sont toujours prompts à rendre les internautes tolérants ? Ce n’est pas ce que défend Zach Wahls, qui voit plutôt Internet « comme un outil, ni bon, ni mauvais, mais qui dépend de l’utilisation que l’on en fait ».

A cet égard, une autre vidéo parue récemment illustre bien cette possible dualité. Karen Klein, une accompagnatrice d’école, a été la cible de moqueries très virulentes de la part d’ados américains qui partageaient le même bus scolaire. Ils ont publié eux-mêmes la vidéo de leur méfait, ajoutant l’humiliation publique aux blessures morales.

Mais sur Internet, ce lynchage médiatique se transforme rapidement en un véritable élan de solidarité national. Un projet de crowdfunding récolte alors près de 500 000 dollars pour payer à Karen des vacances bien méritées.

C’est en faveur de réactions de ce type que Zach Wahls conclut son intervention. Pour lui, disséminer un maximum de vidéos comme la sienne permet vraiment à Internet de jouer un rôle important afin de « réorienter le discours des politiques ». Et de se réapproprier un peu de pouvoir, plutôt que de le laisser aux mains des « traditionnels gardiens ».

Comment ? En étant le moins partisan possible, donc le plus honnête.

Jason Wiels le 31/07/2012
jason
Jason Wiels le 31/07/2012
Photographie : capture vidéo

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