Microsoft Research : repousser les limites de l'inconnu (1/3)

Microsoft Research : repousser les limites de l'inconnu (1/3) Entreprise

A l'occasion de la sortie de notre nouveau magazine papier, on vous emmène en trois billets dans les coulisses de Microsoft Research. Première étape, la présentation des laboratoires et des chercheurs : qu'ils soient informatiens, mathématiciens, designers, médecins, psychologues, sociologues, anthropologues… ils repoussent chaque jour les limites de la science pour inventer les technologies et les usages du futur. 

Cati Boulanger a tout juste 28 ans, un visage de poupée et un rire contagieux. L’un de ses projets de recherche, c’est Looking in, un microscope robotisé qu’on peut commander d’un simple mouvement de la tête face à une caméra équipée d’un système de reconnaissance de mouvement. C’est en janvier 2011 que cette jeune chercheuse française, diplôme du MIT en poche, a débarqué sur le campus de Microsoft, à Redmond, près de Seattle, pour y intégrer l’Applied Sciences Group – le groupe des sciences appliquées. Un groupe résolument multidisciplinaire :

« Certains chercheurs viennent de l’ingénierie électrique, d’autres de l’informatique, d’autres encore de l’optique ou du design, explique Cati. On essaie d’interagir les uns avec les autres de façon à additionner les compétences, pour ne pas concevoir les produits de manière monolithique. »

Des groupes de recherche Microsoft pareils à celui-ci, il en existe beaucoup, disséminés à travers le monde. Leur objectif : dessiner les contours de notre avenir technologique. Avec une profonde conviction : « Today’s research is tomorrow’s reality » – la recherche d’aujourd’hui est la réalité de demain.

> L’entreprise high-tech qui investit le plus dans la R&D

Entre juin 2010 et juin 2011, 13 % du chiffre d’affaires de Microsoft ont été consacrés à la recherche et développement. Soit 9 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros) en tout, une somme dont une part est destinée à la recherche et la plus grande partie finance le développement. 

Cette volonté de faire bouger les frontières technologiques tout en développant de nouveaux produits est inscrite au coeur de l’ADN de Microsoft. En 1991, les premières équipes de recherche fondamentale étaient créées alors que le Microsoft de l’époque était encore celui de Windows 3. Ils sont aujourd’hui 850 chercheurs à travailler pour Microsoft Research dans soixante domaines et dans sept pays. Mais délier les cordons de la bourse ne suffit pas à garantir le succès. La clé de la réussite de la R&D Microsoft, c’est avant tout son organisation concentrique et ouverte, qui préserve le temps de la recherche fondamentale tout en favorisant les échanges avec la recherche appliquée et avec les groupes produits. 

Noyau dur de Microsoft Research, la recherche fondamentale se trouve aux quatre coins de la planète, dans des laboratoires propres ou créés en commun avec des universités et de grandes écoles. Autour de la recherche fondamentale gravitent les « Labs », des laboratoires de recherche appliquée où les ingénieurs se mêlent aux chercheurs et où les interactions sont nombreuses avec les groupes produits. Ainsi, les Office Labs sont adossés au groupe produits Office, tout comme les SQL Labs travaillent de manière étroite avec le groupe produits SQL… Si les échéances pour la recherche fondamentale peuvent s’étendre sur dix à quinze ans, les Labs travaillent quant à eux sur des cycles allant de quelques mois à deux ans maximum, et planchent sur des technologies qui intéressent directement le groupe produits auquel ils sont liés.  

> Mission : inventer l’inconnu

Sans cette structure de R&D et les nombreuses interactions qu’elle permet, Kinect, la technologie de commande sans manette qui a fait le succès de la nouvelle Xbox 360, serait sans doute demeurée à l’état de projet dans un tiroir. Tout comme le Worldwide Telescope, qui agrège les images issues des télescopes les plus puissants de la planète pour cartographier le cosmos en 3D.

Sur les campus de Microsoft Research (MSR), à Redmond, Cambridge, Bangalore ou Pékin, les équipes se consacrent à la recherche fondamentale. Leur mission ? Faire progresser l’état des connaissances dans les sciences informatiques, assurer le transfert de technologie au sein de l’entreprise, et, surtout, guider Microsoft sur le chemin du futur. Rien de moins ! Pour y parvenir, la méthode est simple, mais originale :

« Contrairement à d’autres sociétés, explique Craig Mundie, directeur de la recherche et de la stratégie du groupe, Microsoft a inscrit la recherche parmi ses objectifs d’entreprise, de manière à dépasser la simple problématique du développement de produits. »

Dès lors, tous les chercheurs en recherche fondamentale de MSR ont un objectif et un seul : inventer le futur à long terme, voire à très long terme. En goûtant le luxe de pouvoir flirter, loin des contraintes du marché, avec les limites des sciences informatiques.

« Nous tenons à ce que les chercheurs MSR soient détachés des échéanciers et des cycles de commercialisation des produits, ce qui leur permet d’être créatifs sur le long terme », explique Steve Clayton, auteur du blog Next de Microsoft.

Et justement, comment favoriser une atmosphère la plus propice possible à la recherche ? Réponse ici, dans la suite de notre série, ou dans le magazine ci-dessous !

RSLN #11 - Microsoft Research : le futur s'invente aujourd'hui

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