Suivez-nous également sur Twitter @RSLNmag
Médias

Sculpter le son comme une matière

0

Avec le numérique, le son se programme au gré de la volonté des machines. À travers des dispositifs génératifs commandés par des algorithmes, l’artiste japonais Ryoichi Kurokawa a construit un langage esthétique qui s’appuie sur des liens subtils entre le son et des images animées avec toutes les ressources du numérique.

Né en 1978 à Osaka (Japon), Ryoichi Kurokawa navigue de galerie d’art en salle de concert, où il « joue » ses installa­tions audiovisuelles en direct et en collaboration avec des musiciens comme Ryuichi Sakamoto. Il publie son travail aussi bien sous la forme de CD que de DVD, explorant en parallèle les univers du son et de l’image. Dans son œuvre, les structures sonores et visuelles générées aléatoi­rement par les ordinateurs éveillent un imaginaire sensible, méditatif, qui se nourrit d’une réflexion sur le temps. Dans Octfalls (2011), Ryoichi Kurokawa reconstruit paradoxale­ment, à travers une installation programmée au cordeau, la dimension du hasard et de l’imprévisible propre à la nature.

Comme s’il avait fallu attendre la dématérialisation du monde liée au numérique pour que la vibration sonore soit enfin reconnue pour ce qu’elle est : de la matière en mouvement…

Voici un tour d'horizon de ses oeuvres les plus surprenantes.
 

> « Parallel Head » (2008)

Des fragments de notre mémoire ? Ou notre vision du futur ? Images vidéo, images animées, captations sonores : les scènes qui défilent devant les yeux du spectateur sont issues d’un dispositif génératif : produites par un algorithme, elles se déroulent à l’infini et selon des séquences visuelles et sonores perpétuellement renouvelées. Elles sont perçues par le spectateur comme si elles étaient en trois dimensions et pénètrent son cerveau et son imaginaire, à peu près comme si elles en étaient issues…
 


> « Celeritas » (2009)

Au sein du liquide amniotique, quelle perception l’enfant a-t-il du temps ? Cette installation générative mêle des sons prélevés dans des environnements sous-marins et des images réelles retravaillées pour n’être plus que des évocations poétiques à base de points, de lignes, de surfaces. Pour construire une esthétique qui invite à la méditation.
 


> « Rheo : 5 horizons » (2010)

Cinq projections, cinq horizons de steppes marines. Au gré de la musique et des cris d’oiseaux, ils entament une danse lascive. Le paysage devient une vague qui s’anime et enfle jusqu’à basculer finalement dans l’abstraction.

Ce dispositif musical, qui trouve sa place dans une galerie comme dans une salle de concert, a été récompensé dans le cadre du prestigieux Prix Ars Electronica, consacré aux arts numériques.
 


> « Octfalls » (2011)

Une scène tirée de la nature (une chute d’eau) est disséquée et redistribuée sur huit écrans équipés de haut-parleurs diffusant des bruits réels de cascade prélevés dans la forêt. L’intensité et le rythme des sons et des images génèrent une structure temporelle qui vient augmenter l’espace immersif octogonal où déambule le spectateur.

De subtiles modifications de la hauteur des écrans permettent alors de dérégler le dispositif et de jouer de l’ensemble comme d’un instrument de musique. On explore ainsi les relations entre l’ordre et le chaos, constitutives de la puissance de la nature.
 


> Retrouvez les oeuvres de Ryoichi Kurokawa dans :

RSLN le 13/06/2012
rsln
RSLN le 13/06/2012
Photographie :

Pingbacks and trackbacks (1)+

Ajouter un commentaire


Loading
biuquote
  • Comment
  • Preview

S'abonner à la newsletter

Votre adresse email sera uniquement utilisée pour vous envoyer la newsletter de RSLN. Microsoft ne l'utilisera pour aucune autre communication, qu'elle soit commerciale ou institutionnelle. Microsoft ne vend ni ne loue ses listes d'abonnées à des tiers.