Environnement

Partager des données pour lutter contre la faim ?

0

Peut-on lutter contre la faim dans le monde en aidant les fermiers à partager des informations avec les ONG et les laboratoires de recherche agricole ? C'est le pari fait par l'équipe de SmartAgro, qui présente à Imagine Cup un projet ambitieux : relier ces différents acteurs par une infrastructure logicielle.

> SmartAgro, comment ça marche ? 

Dans les pays en voie de développement, les acteurs de la production agricole souffrent d'un manque de circulation des informations, notamment à cause de l'isolement des champs. Les entreprises d'agroalimentaire font face à des difficultés pour trouver des producteurs et bâtir des partenariats de long terme. De leur côté, les agriculteurs peinent à accéder au marché, et souffrent de capacités de négociation limitées. Quant aux ONG et coopératives, elles manquent souvent de données sur les besoins des fermiers pour adapter leur soutien. 

« 80% du milliard de personnes souffrant de la faim travaillent dans le domaine agricole », déplorent Hubert Casadepax, Céline Freudenreich, Mathieu Hollebecq et Adrien Olivencia. Peut-être un système d'information aiderait-il à organiser tout ça ? C'est ce que propose l'équipe de SmartAgro : une infrastructure logicielle doublée d'un dispositif de coopération pour ces différents acteurs.

Dans un premier temps, les agriculteurs collectent des données sur leurs champs à l'aide d'un smartphone prêté par les ONG. SmartAgro les centralise, les consolide et les partage avec l'ensemble des acteurs. 

« Crowdsourcer » ainsi la collecte de données permet aux ONG de s'épargner de coûteuses missions d'enquête, et ainsi d'économiser l'argent pour l'aide humanitaire. Pour les agriculteurs, il devient possible de comparer, de communiquer pour améliorer l'échange de savoirs ou la répartition des ressources. Enfin, les données peuvent être achetées par les compagnies pour trouver des fournisseurs et des débouchés pour leur marché dans ces régions.  

> Un projet prometteur

La première qualité d'un jeune entrepreneur, c'est de réussir à mobiliser autour de son projet. Difficile par exemple de s'improviser expert en solutions agronomiques quand on est, à plein temps, étudiant en informatique. Un moment clé du projet est donc la recherche des partenaires, une tâche pour laquelle les étudiants de SupInfo Toulouse ont pu compter sur l'aide de leur mentor, Jean-Christophe Vasselon. 

Pour acquérir les connaissances nécessaires sur le domaine agricole, les jeunes entrepreneurs ont ainsi réalisé des enquêtes de terrain, en demandant conseil à des étudiants de l'Ecole d'agronomie de Toulouse. Pour assurer le design, c'est Céline Freudenreich, de l'école d'arts appliqués LISAA Vauquelin, qui a rejoint les étudiants toulousains. Quant au modèle économique du projet, le groupe l'a réalisé sur les conseils d'étudiantes de l'ESSEC. 

Ce travail d'équipe a payé : SmartAgro a été couronné de succès au concours Imagine Cup, terminant  premier dans la catégorie « Best design », et troisième dans la catégorie Windows Phone.

Une belle opportunité de développement leur a également été offerte lorsque les étudiants ont remporté le concours « Start-up Chile » : depuis janvier dernier, deux personnes du groupe expérimentent SmartAgro aux antipodes, sur invitation du gouvernement chilien. L'objectif ? Déployer un prototype sur un marché de test d'ici à cet été, à partir d'une expérience de terrain rassemblant une quarantaine d'agriculteurs. Pour cela, l'équipe est bien encadrée par le ministre chilien de l'agriculture, les étudiants bénéficiant des services d'une équipe de coaches sur place.

Et ensuite ? « on espère pouvoir se lancer à grande échelle dès l'année prochaine », déclare Hubert Casadepax, chargé de la communication du projet. Avec, peut-être, de nouveaux partenaires.  

RSLN le 11/06/2012
rsln
RSLN le 11/06/2012
Photographie : Capture d'écran.

Pingbacks and trackbacks (1)+

Ajouter un commentaire


Loading
biuquote
  • Comment
  • Preview

S'abonner à la newsletter

Votre adresse email sera uniquement utilisée pour vous envoyer la newsletter de RSLN. Microsoft ne l'utilisera pour aucune autre communication, qu'elle soit commerciale ou institutionnelle. Microsoft ne vend ni ne loue ses listes d'abonnées à des tiers.