Environnement

Govjam : 48 heures pour remettre le design au coeur du service public

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Ce jeudi 7 juin s’est clos la première édition du Govjam, un événement impulsé par le gouvernement australien dont l'initiative, reprise du Brésil à l’Iran, en passant par l’Italie et la Grèce, a permis à des inventeurs motivés de repenser, tous ensemble pendant deux jours, la façon de concevoir les services publics.

A Paris, l’Agence pour la promotion de la création industrielle (APCI) et Utilisacteur, deux organismes qui œuvrent en faveur de la reconnaissance du design de services, se sont chargés d’organiser la participation française à ce grand brainstorming mondial dans les locaux de la Mutinerie.

Le thème de ce premier rendez-vous ? « Infectious connexions », ou comment faire pour que la philosophie du design se transmette, tel un virus, à l’Etat et aux collectivités afin d’améliorer les services rendus aux citoyens.

« Le designer renverse les hiérarchies, il part de l’utilisateur. Moi j’ai fait un rêve : que le design de services rentre à l’intérieur de la fonction publique et la change de l’intérieur », plaide Anne-Marie Boutin, présidente de l’APCI.

Anne Marie Boutin de Apci et Romain Lacombe, chargé du développement et de l'innovation au sein d'Etalab

Parmi la petite dizaine de personnes qui a cogité pendant 48h sur le sujet proposé depuis Canberra, se trouvaient côte à côte des étudiants, des experts en design et des connaisseurs de l'administration. Et sur les neuf pays participant à cette édition 2012, la France bénéficie d’un vrai avantage : la formation des designers.

« Il en sort chaque année entre 1000 et 1200 des écoles françaises », commente Anne-Marie Boutin.

Des lieux de formation dont on parle souvent sur RSLN, comme l’ENSCI et les projets audacieux de ses étudiants ou la Strate College Designers. Sans oublier notre numéro consacré à la French touch du design numérique.

> Le design pour encourager les citoyens à économiser l'eau

Alors, qu’est-il sorti de ce marathon créatif ? L’équipe française a choisi de concentrer ses forces sur le secteur de l’eau, bien public par excellence (même si sa gestion peut aussi être confiée à des entreprises privées, selon les villes). Le groupe s’est en effet appuyé sur un véritable objectif gouvernemental : que le pays réduise de 20% sa consommation d’eau totale à échéance 2020.

Le projet Save & Swap (« économise et échange ») a ainsi vu le jour. Le principe ? Les participants ont jugé qu’il était difficile pour un ménage de connaître avec précision sa consommation d’eau courante. Sans vrai repère, comment en effet savoir si cette dernière chute ou augmente ? Il y a bien la facture, mais elle est de plus en plus ponctuelle – deux, trois fois par an.

Ce nouveau service a pour ambition de permettre une visualisation quotidienne de la consommation de chaque foyer, en proposant à chaque citoyen de s’identifier sur une plate-forme commune, intitulée donc Save & Swap.

« Mieux visualiser, c’est mieux diminuer. Là, on propose de piloter au jour le jour sa consommation d’eau », explique Thomas Thibault, étudiant en design.

Outre la diminution de la facture et la bonne conscience écologique, son équipe a pensé à une autre forme de motivation pour faire baisser les courbes des tableaux de bord de chacun : récompenser les comportements les plus vertueux, par exemple, ceux en dessous de la moyenne de la ville, avec un système de bons points.

« Telle une monnaie d’échange qui resterait dans le circuit des services publics, ces points pourraient servir à se rendre gratuitement au musée, à la bibliothèque ou dans les salles de sport », continue Thomas Thibault.

> De la théorie à la pratique : une question de volonté politique ?

Plutôt enthousiastes, les membres de l’équipe ont même imaginé que les villes les plus parcimonieuses de France pourraient se voir attribuer des « gouttes d’eau » comme d’autres collectionnent les fleurs.

 « De très bonnes idées, même si on devine aisément les limites », pointe la présidente de l’APCI. « Il faudrait en effet être capable aujourd’hui de compter la consommation en eau par foyer, mieux, par appareil. »

« Il suffirait pourtant d’un petit moulinet dans les tuyaux qui raccorde par exemple chaque appartement dans un immeuble au réseau de distribution », objecte un des participants.

Est-ce à dire que les grandes idées proposées par les designers ne nécessitent finalement que de petits moyens pour être mises en œuvre ?

« Et d’obtenir l’approbation des services de l’Etat pour innover. C’est possible, à condition de "contaminer" un maximum de personnes », conclue Anne-Marie Boutin.

On l’aura compris, le rendez-vous pour l’année prochaine au Govjam 2013 est déjà pris, pour la piqûre de rappel.

> RSLN n°10 sur le design numérique

Jason Wiels le 08/06/2012
jason
Jason Wiels le 08/06/2012
Photographie :

1 Comments


Adam Lawrence

Thanks for writing!

The GovJam was an initiative of the Australian government, but also of Protopartners and WorkPlayExperience, the people behind the Global Service Jam and the Global Sustainabilty Jam. Govjam was a pilot event, attempting to bring the energy, fun and productivity of these events into the public sector. As with all Jams, the focus was less on the project outputs than on the skills learned, the contacts made, and the experience of the focussed, high-energy co-creative productivity that comes from "doing, not talking". See www.globalservicejam.org for more.
Best wishes,
Adam Lawrence,
CoInitiator, Global Service Jam, Global Sustainability Jam and GovJam.

le 11 June 2012

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