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Médias

La radio de demain, plus que du son ?

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Après le passage au numérique de la télévision, la radio est aujourd’hui le dernier média analogique. Loin d’être le parent pauvre de la révolution technologique en cours, elle s’est déjà diversifiée, et pour demain les idées d’innovation sont légion. Mais pour elle, désormais, plusieurs modèles de développement sont possibles. Petit tour d'horizon de la question à cette conférence en marge de l’exposition « Radio : ouvrez grand vos oreilles » au Musée des Arts et Métiers à Paris. 

> La radio des années 2000 : du son, et après ?

La radio FM, tout le monde connaît. En poste à piles ou baladeur, elle a bercé notre enfance. Mais Internet et les supports et formats numériques - MP3 notamment - a changé la donne : la radio s’écoute aussi sur l’ordinateur, sur smartphone ou sur tablette, des appareils qui permettent de l’enrichir d’informations contextuelles. Dans le même temps, elle s’est vu doter d’une nouvelle fonction : celle de conserver en mémoire ses émissions, et de les proposer via Internet sous la forme de podcasts. Internet et la numérisation des contenus audiovisuels ont aussi généré l’apparition des webradios, de nouveaux acteurs proposant des « pastilles » documentaires et de la musique directement sur la Toile. 

Ainsi le lien très fort qui unissait depuis longtemps la radio au poste et à l’écoute en direct a tendance à se relâcher. Doit-on pour autant s’attendre à un changement profond du paysage et du rôle de ce média ? Oui et non : malgré les nouvelles formes d’écoute et de participation sur la Toile, les radios traditionnelles continuent de faire de fortes audiences : huit français sur dix les écoutent tous les jours. Dans le même temps, étant confrontés à une baisse de leurs revenus publicitaires, les acteurs traditionnels sont obligés de se diversifier : c’est à partir d’une station, Skyrock, que s’est déployée l’une des plus importantes plateformes de blogs en France

 

> La radio avec des écrans, est-ce encore de la radio ?

C’est l’une des grandes questions qui se posent pour l’avenir de la radio. Pour certains, la TV, la radio et Internet vont fusionner en un seul et même média : on entend même parler de « radiovision ».

C’est notamment ce couplage du son et de l’image qui cristallise le débat. Selon Laurent Bouneau, Directeur général des programmes de Skyrock, ce qui fait la spécificité de la radio est qu’on peut avoir d'autres activités tout en l’écoutant. Pour lui, les auditeurs n’en demandent pas davantage, et l’ajout de contenus visuels n’apporterait rien de plus – pire, cela pourrait « détruire tout l’intérêt de la radio par rapport à d’autres médias ». 

Joël Ronez, directeur des nouveaux médias à Radio France, tempère : lorsqu’on écoute la radio sur un écran, on s’attend à trouver un minimum d’informations comme le nom du titre ou le sujet du programme, la pochette d’album, un lien permettant d’afficher la chanson… ce genre d’image « qu’on ne regarde pas, mais sur laquelle on aime jeter un œil » est selon lui une bonne piste de développement pour la radio sur écran. 
 

> Une radio enrichie de services internet ? 

Par ailleurs, ajoute Joël Ronez, les « hardcore users » (les utilisateurs les plus avancés) sont aujourd’hui une nouvelle minorité à satisfaire : ces utilisateurs participent à l’univers de la radio en ligne, et vont jusqu'à la créer des contenus. Pour eux, on peut envisager de nouvelles formes d’interactivité sans remettre en question le modèle actuel de la radio : il est possible par exemple d’imaginer une radio hybride. Tout en restant principalement diffuseurs de son, les radios deviendraient de façon complémentaire des producteurs de services et d'interactivité.

C’est justement ce genre de services que proposent Marc Brelot et Samuel Vuillermoz. Le premier préside la société d’expertise et de solutions multimédia Vizion’R, quand le second dirige le MXlab, un fournisseur de services radio par internet. Sur leur plateforme, les internautes proposent et choisissent leurs titres, contribuant ainsi à promouvoir plus de 15 000 groupes de musique. Le nom de ce concept ? DIY.fm, la radio « Do It Yourself ». 

Pour ces professionnels, Internet propose donc de nouveaux moyens d’envisager la radio, par exemple pour la rendre plus participative : 

« Notre ambition ? Ramener les jeunes vers la radio (suisse) en leur proposant de la faire eux-mêmes, pour qu'ils fassent l'avenir de la radio », déclare Samuel Vuillermoz.

> Et la Radio Numérique Terrestre ?

La RNT est à la radio ce que la TNT est à la télévision : comme la radio analogique, elle est diffusée par les ondes hertziennes, mais le signal est numérique d’un bout à l’autre de la chaîne. Par rapport à la radio FM, elle permet notamment de multiplier le nombre de radios diffusables sur le territoire et donc de contourner la saturation de la bande FM. Surtout, elle permettrait de diffuser des contenus enrichis et des informations contextuelles - textes, images, voire vidéo - autour du son pour proposer une nouvelle expérience à l’auditeur.

Mais face à la résistance des principaux acteurs du marché, la RNT peine pour l’instant à s’imposer en France et à dépasser les initiatives locales et régionales, comme en Loire-Atlantique ou à Lyon.

Entre ces différentes perspectives, la radio continue donc de chercher son modèle dans une révolution qui touche l’ensemble des médias, avec un objectif essentiel : rester un média simple et direct, qui passionne les français en leur offrant un choix très large.

Tommy Pouilly (@5h55) le 01/06/2012
Tommy
Tommy Pouilly (@5h55) le 01/06/2012

2 Comments


javier

check this visual radio interactive widget  our R&D area developed for main sport radio program in spain (by the way covering eurocup final) http://www.cadenaser.com/eurocopa/directo/

le 04 July 2012
ritaa

la gratuité fait peur n'est il pas ?

le 31 August 2012

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