Société

Virtual Fantasy : quand les étudiants font (presque) mieux que les pros

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Avec seulement deux jours devant elles, les équipes étudiantes qui participaient à la compétition Virtual Fantasy n’avaient pas la moindre seconde à perdre. Dans le sous-sol de la salle polyvalente de Laval, Il fallait coder, développer, « brainstormer » et préparer ses arguments pour séduire les membres du jury qui passaient dans les rangs des jeunes créateurs.

Les étudiants pouvaient concourir dans deux catégories : « temps limité », dans laquelle ils devaient réaliser un projet viable de réalité augmentée de A à Z, et « démo », pour des réalisations plus abouties, car préparées en amont dans leurs écoles. Retour sur les créations les plus réussies.

> Un marathon de 30 heures

Un véritable parcours du combattant, c’est ce qu’ont dû endurer les dix équipes participant au concours « temps limité ». D’abord, elles ont tiré un objet mystère : un arrosoir, une balayette, ou même une laisse pour chien…

« On leur impose des objets pour qu’ils ne viennent pas avec des projets préparés à l’avance ! La contrainte principale, c’est donc d’intégrer ces objets dans une application de réalité augmentée inédite », explique Marie-Laure Laumaillé, responsable de la compétition.

Chaque équipe disposait de plusieurs ordinateurs, d’une manette infrarouge, de Kinect et d’un kit d’objets en carton, pour créer des maquettes par exemple. Puis la course folle pouvait commencer : trente heures non stop de création de projets. Inutile de préciser que la nuit du jeudi au vendredi a été blanche pour l’ensemble des participants.

A la fin du compte à rebours, le jury a inspecté une par une les réalisations des différents groupes, épuisés, parfois déçus d’un résultat imparfait, mais heureux d’être arrivés jusqu’au bout. Après délibération, ce sont les étudiants de l’école de design Nantes Atlantique qui ont raflé le premier prix.

Ils avaient tiré au sort trois balles de jonglage qu’ils ont su utiliser intelligemment dans leur jeu Pigmys Panic !. L’utilisateur doit se servir de ces balles comme indiqué à l’écran (« coincez les dans le creux de la jambe », « sous le bras »), et se retrouve rapidement dans une position acrobatique pour effectuer les missions demandées. Un jeu déjà fun, pour lequel leurs créateurs imaginent déjà un avenir dans la « rééducation médicale par le numérique. »

L’autre application à ne pas manquer était l’œuvre de quatre étudiants de l’Ecole Polytechnique de Montréal. Après avoir tiré au sort un hélicoptère et un camion rouges, ils ont tout simplement proposé au jury de se mettre dans la peau d’un pompier.

Fire Town réunit ainsi détection de mouvement, QR codes et objets physiques dans le but de sauver un maximum d’individus des flammes. La vidéo parle d’ailleurs d’elle-même :

> Des « démos » impressionnantes

L’autre compétition, des projets à l’état de « démonstration » que proposaient des étudiants, se déroulait plus au calme. Ce qui ne veut pas pour autant dire que les jeunes développeurs ont moins bien travaillé, au contraire. Citons par exemple l'Abbaye d'Evron, le travail des élèves de l’ESCIN, qui ont su rendre interactive et crédible la vie dans un monastère à travers les époques.

Mais la démo qui a remporté tous les suffrages était sans conteste celle proposée par les élèves de l’Ecole Arts et Métiers Paris Tech. Le concept ? Le jeu des petits cheveux, revisités à la sauce réalité augmentée.

 

Sur une table multitouch d’une belle surface, les quatre joueurs déplacent leurs pions, sautent les cases et lancent le dé comme pendant leur enfance… à ceci près que la table s’anime, des pièges se déclenchent et des mini-jeux s’enchaînent. De quoi rajouter du piment à chaque tour et casser la monotonie qu’on prête d’habitude à ce vénérable jeu de plateau.

« On a tenté de réunir le meilleur du jeu de société et du jeu vidéo. L’esprit convivial a été préservé et tout le monde peut jouer », décrit Kelly Buratto, chef du projet et élève en Master Ingénierie du Virtuel et Innovation. Et la durée des parties ? « Elles sont courtes, pas plus de dix minutes ! »

Pour avoir su détourner avec brio le concept des petits chevaux, Horses Party a remporté la compétition, avec un voyage au Japon à la clé pour toute l’équipe. Le seul hic : si ce jeu était un jour commercialisé, il serait surement réservé à quelques nantis, la table coûtant à elle seule pas moins de 10 000 euros. Sur place heureusement, tout le monde a eu la chance de faire un tour de piste.

Regardez les projet Abbaye d'Evron (à 6:07) et Horses Party (à 10:11)

Jason Wiels le 11/04/2012
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Jason Wiels le 11/04/2012

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