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Un manifeste pour le code à l'école

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Quelle place pour le numérique à l’école, aujourd’hui et demain ? C’était la question au cœur de notre évènement du 5 avril dernier, où des experts français et internationaux sont venus présenter leurs visions de l’éducation à l’ère numérique. 

C’est à cette même question que s’est intéressé, John Naughton, professeur et spécialiste des enjeux publics de la technologie à l’Open University, qui a lancé dans le Guardian un appel en faveur du numérique à l’école.

« À partir de l'école primaire, tous les petits britanniques devraient avoir la possibilité de  découvrir les idées clefs de l'informatique, de comprendre la pensée de calcul, d’apprendre à programmer, et de pouvoir ainsi prendre part aux développements futurs de ces activités », écrit-il.

Pour lui, cela ne peut se faire qu’en révolutionnant l’approche de l’informatique à l’école. La formation aux TIC a suivi une mauvaise direction à cause d’une erreur fondamentale : tout comme la formation à la conduite, on a pensé qu’on pouvait apprendre à piloter une machine sans savoir « ce qu’il y a sous le capot ». Cette démarche a conduit, selon lui, à concentrer les formations sur l’utilisation de logiciels obsolètes.

Mais l’informatique ne se réduit pas à cela. De la gestion de nos comptes bancaires à la médiation de nos relations sociales, en passant par la synchronisation de nos agendas, elle sert à une foule de choses diverses et variées. Et ce qu’elle propose avant tout, c’est une nouvelle façon de penser la résolution de problèmes, dans un cadre conceptuel inédit. Ce que les écoliers doivent apprendre, c’est la « pensée computationnelle ».

Qu’est-ce qui caractérise cette forme de pensée ? Le professeur cite la capacité à penser de manière récursive, dans l’abstrait, et à déployer des raisonnements créatifs en décomposant des tâches complexes.

Dans la foulée du développement des capacités computationnelles, de nouveaux métiers apparaissent : qu'on pense, par exemple, à tous ceux liés à la gestion des risques provoqués par les activités humaines. Ceux-ci nécessitent des connaissances transversales qui empruntent à de nombreux domaines : l’algorithmique, pour comprendre les recettes mathématiques qui composent les programmes. La cryptographie, pour savoir comment l’information confidentielle est protégée sur le web. La biologie computationnelle, qui permet de faire le lien entre le code génétique et les codes informatiques, entre l’intelligence humaine et artificielle.

Pour John Naughton, il n’y a pas de meilleure façon d’aider quelqu’un à comprendre ces notions que de les amener à écrire le code qui les mettra en œuvre. Pour lui, il n’y a pas de doute : « le code informatique est le nouveau latin ». Et ne pas l’enseigner condamnerait nos enfants à être intellectuellement paralysés, réduits à l’état de consommateurs passifs de systèmes informatiques fermés.

Tommy Pouilly (@5h55) le 10/04/2012
Tommy
Tommy Pouilly (@5h55) le 10/04/2012

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