Bootcamp Imagine Cup - Le regard des professionnels sur les développeurs de demain

Bootcamp Imagine Cup - Le regard des professionnels sur les développeurs de demain Éducation

Depuis sa création il y a dix ans, Imagine Cup est devenu le rendez-vous incontournable des jeunes développeurs et créateurs en tous genres. Pour l’édition 2012, toutes les équipes françaises s’étaient réunies en Picardie, les 30 et 31 mars derniers, avec en ligne de mire les finales nationales du mois prochain. Au programme, deux jours de coaching, de motivation et d’amélioration de leurs projets pour « imaginer un monde meilleur » grâce à la technologie.

Nous étions à leurs côtés pour vous plonger au cœur de leurs projets et de leurs envies. Avec une petite question derrière la tête : comment les évolutions technologiques influencent-elles les idées
des étudiants ?

> Les évolutions technologiques au service de l’imagination des équipes

Les innovations technologiques libèrent l’inventivité des étudiants. Le cloud leur permet notamment de se baser sur des capacités de stockage beaucoup plus importantes et une puissance de calcul augmentée à un coût très réduit. Du coup, les projets qui se reposent sur des bases de données considérables se retrouvent au premier plan, à l’image du projet de retranscription orale de la langue des signes « Show me a sign » (en français, faites-moi un signe). D’ailleurs les technologies de reconnaissance gestuelle ont aussi inspiré plusieurs projets aux compétiteurs.

 « Les projets des étudiants sont clairement marqués par les évolutions technologiques. Ils se basent évidemment sur le monde qui les entoure et on voit en particulier que les smartphones les inspirent », remarque Julien Tellouck, animateur chez Gameone et coach dans la catégorie Game Design.

Et ils ont pris en compte les spécificités de ce support pour développer des programmes sur-mesure.

« Cette année les étudiants ont donc une propension plus grande à se baser sur les graphismes 2D dans la création de leurs jeux. Auparavant, on voyait davantage de jeux en 3D », souligne David Dauvilliers, producteur de jeux chez Heliceum et membre du jury Game Design.

> Environnement et accessibilité : le défi des thématiques de l’ONU

Le concours Imagine Cup se base sur les objectifs du millénaire de l’Organisation des Nations Unies. Les étudiants sont donc tenus de s’en inspirer, mais les membres des jurys et les coaches notent certaines tendances dans le choix des thématiques de fond :

« Depuis le Grenelle de l’environnement, le nombre de jeux dont le sujet est l’environnement s’est considérablement développé.Cette problématique a l’air de passionner les étudiants plutôt davantage que la faim dans le monde par exemple. On sent qu'ils ont envie de sensibiliser les joueurs aux questions de réchauffement climatique ou d’énergies renouvelables » remarque Valentin Billotte, président de Graphic Stream.

En développement de logiciels -la catégorie software design de l’Imagine Cup- les problématiques d’accessibilité et de santé ont les faveurs des participants. Le projet
« Capstreet »
, par exemple, propose des itinéraires adaptés aux personnes à mobilité réduite directement sur leurs téléphones portables.

« Les projets que j’ai pu voir jusqu’ici tournent davantage autour du handicap ou de la santé. Les questions comme la famine, l’accès à l’eau potable ou le développement agricole ne sont pas choisies par les étudiants. Il est certain que ces thématiques ne sont pas particulièrement faciles à traiter ; mais je crois aussi que les étudiants se sentent trop éloignés de ces questions », note Eric Mittelette, responsable des relations avec les développeurs chez Microsoft France.

> Des étudiants plus impliqués, « des projets
plus mûrs »

Mais si le fond évolue, la forme n’est pas en reste : plusieurs coaches et jurys sont revenus durant ce Bootcamp 2012 sur l’amélioration de la qualité des projets et des présentations :

« Les projets sont plus aboutis, peut-être à cause de l’augmentation de la puissance des technologies à disposition des étudiants. On remarque nettement aussi que certains projets sont presque prêts à être commercialisés. Le fait que les écoles sont plus investies et intègrent l’Imagine Cup dans les projets de fin d’année n’y est sans doute pas pour rien », souligne Valentin Billotte.

Les projets des étudiants semblent aussi être davantage multidisciplinaires. Dans les présentations, l’attention accordée aux questions de financement et au business plan va croissante depuis quelques années :

« Nous sommes loin du profil ultra geek des premières années. Les présentations sont plus carrées, mieux ficelées. Les projets sont aussi plus orientés sur leur commercialisation qu’avant. Nous sommes parfois stupéfaits de voir que les projets sont à deux doigts d’être en fait des start-ups » explique Eric Mittelette.

Une évolution qui se traduira peut-être par un nouveau record du nombre de médailles françaises en juillet prochain à Sydney. Mais à laquelle il manque encore une composante essentielle : les femmes.

« Malheureusement, la population féminine est toujours trop peu représentée lors de l’Imagine Cup. C’est d’ailleurs assez étonnant lorsque l’on sait que 55% des joueurs sont des joueuses… » regrette Valentin Billotte.

Pour aller plus loin :

Claire Claire Abrieux le 03/04/2012
Photographie

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