Kinect Effect

Kinect Conception - Un fauteuil taillé par vos envies

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Microsoft France et l’ENSCI-Les Ateliers ont travaillé main dans la main afin de donner l’opportunité aux étudiants de réaliser des projets innovants en matière de création industrielle, avec Kinect. Après avoir visité le FabLab de l’école, RSLN vous en dit plus sur leurs créations.

Si notre corps est unique, pourquoi ne pas lui offrir le fauteuil qui lui convient ? C’est le défi qu’a souhaité relevé Axel Morales, étudiant à l’ESNCI en dernière année. Armé de Kinect et de son imagination, il a créé l’application Specimen.

En une vidéo et quatre questions au jeune designer, on vous propose de mieux comprendre ce projet plutôt ambitieux.

#1 – D’où est venue l’idée de créer un fauteuil ex-nihilo ?

Axel Morales : Il y a dans les projets Kinect conception la volonté de montrer une nouvelle méthode de design, de génération de forme ainsi que de production. S’attaquer à la chaise, ou au fauteuil, qui est l’objet le plus classique, le plus visité et documenté par les designers qui soit, permet de vraiment montrer ce que cette nouvelle méthode peut apporter.

La règle établie était de travailler à partir de Kinect, une caméra particulièrement efficace en termes de capture vidéo à l’échelle du corps humain. Mon intuition était que tout objet proche de cette échelle peut tirer parti de Kinect, et c’est le cas de la chaise.

J’ai donc pu obtenir un objet aux formes très expressives, car elles ne sont pas issues des outils de dessin conventionnels. De plus, Specimen s’adapte à l’utilisateur sans avoir besoin de se baser sur des théories ergonomiques strictes : chacun défini sa propre notion du confort.

#2 – Matériel, argent, temps : quels sont les moyens nécessaires pour produire un « specimen » ?

Axel Morales : A cause de sa taille, il fallait décomposer l’objet en quarante pièces différentes. Pour des raisons économiques, je me suis limité à l’utilisation d’une seule machine numérique, la découpe laser. Celle-ci découpe tous les éléments structurels du fauteuil dans des planches de MDF, un matériau peu onéreux mais nécessaire en grande quantité pour créer la chaise - il représente la moitié du budget total. Il faut compter en tout environ 150 euros pour un fauteuil.

Le reste du travail est manuel. Une partie des opérations, comme la découpe au cutter de la mousse polyéther pour l’assise ou le perçage et découpage des tubes aluminium pour les pieds sont plutôt à réaliser par une personne du Fab lab, même si elles sont à la portée de l’utilisateur. Celui-ci a la charge de l’assemblage final des pièces. L’opération est plus difficile qu’un montage de meuble, mais son implication dans la réalisation de l’objet fait à mes yeux partie intégrante de la philosophie des Fab Lab.

Du point de vue du temps, avec tout le matériel à disposition, il est très rapide : quelques heures suffisent à la création de la chaise, le plus long étant le séchage de la peinture...

#3 – Comme certains de vos camarades, comptez-vous faire vivre le projet au-delà de son simple statut de travail d’étudiant ?

Axel Morales : Il faut d’abord simplifier le procédé au maximum et ne laisser aucune finition au hasard. Je dois encore améliorer l’interface, la rendre intuitive pour chacun, elle n’est utilisable pour le moment que par une minorité.

J’espère par la suite que de nombreux autres Specimen seront produits. Puis, une fois le scénario de production clairement établi, mon ambition est que le projet n’ait plus besoin de moi pour fonctionner.

 

#4 – Quelles avancées permet Kinect au monde du design selon vous ?

Axel Morales : Kinect donne l’espoir aux utilisateurs de maitriser, au moins partiellement, des outils de création qui sont pour le moment l’apanage des designers. Le langage corporel a une dimension plus intuitive et innée que l’apprentissage d’outils informatiques. Le design a vocation à être de plus en plus démocratique : en ce sens, Kinect peut réellement permettre une avancée.

C’est gratifiant de voir avec quelle facilité on obtient un résultat. On ne fait pas un cliché, un scan unique, au contraire : on manipule une matière physique, son ersatz numérique avec un feed-back en direct et en continu. C’est ce caractère tangible de l'interaction qui rend l’expérience vraiment ludique.

Jason Wiels le 02/03/2012
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Jason Wiels le 02/03/2012

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