Politique

Web et Politique - Table ronde : les coulisses de la campagne numérique 2012

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Nous vous proposons de revivre en vidéo notre événement « Du web en politique : que nous réserve 2012 ? » du mercredi 16 novembre dernier sur le campus de Microsoft.

Quelles stratégies web se dessinent pour la campagne 2012 ? Quels types de mobilisation les partis recherchent-ils ? Que reste-t-il aux médias quand les politiques tendent à devenir eux mêmes des producteurs de contenus ? Autant de questions posées à nos quatre invités lors de la table ronde dédiée aux coulisses de la campagne numérique 2012.

De gauche à droite sur la vidéo : Jonathan Bouchet-Petersen, journaliste politique à Libération, Manuel Diaz, président de l’agence Emakina.fr,qui s'occupe de la communication digitale de l’UMP ; Valério Motta, responsable du service web du Parti Socialiste depuis septembre 2009 ; et Frédéric Neau qui est en charge de la campagne web d’Europe Ecologie Les Verts.

> La vidéo intégrale de la table ronde :

> Les leçons à tirer des campagnes précédentes :

Revenant sur l’expérience récente des primaires socialistes, Valério Motta y voit un tournant dans la pratique Internet de son parti :

« Dans les mois qui ont précédé les primaires, on a construit beaucoup de débats en ligne, les live-tweets ont été intégré aux conventions. On peut dire qu’il y a eu acculturation du Parti Socialiste avec les nouvelles technologies. »

Pourtant, « beaucoup de choses existaient déjà ». Par exemple, en 2002, lors de la campagne de Lionel Jospin, les meetings étaient « streamés » et les militants pouvaient déjà imprimer leur matériel de campagne. Mais ces innovations « n’étaient pas remontées au niveau des pratiques » analyse Valério Motta.

De son côté, Manuel Diaz voit rétrospectivement le projet des « Créateur du possible », le réseau social UMP, comme une « erreur » :

« Créer des réseaux dont on est le propriétaire, à l’heure où il en existe déjà de nombreux sur Internet, c’est la principale raison qui explique pourquoi ça n’a pas marché. Et d’autres partis ont d’ailleurs fait la même chose » avance-t-il

> Quelles conditions faut-il réunir pour faire une bonne campagne sur Internet ?

Toujours selon Manuel Diaz, reprendre en main le débat politique passe avant tout par des innovations d’ordre technique :

« Désolé de parler un peu ‘plomberie’, mais ce qu’on essaye de faire c’est d’injecter de l’ADN digital dans la démarche politique. Cela passe par une refonte du site web, l’utilisation de l’HTML 5, une non-discrimination des utilisateurs en fonction des canaux, être ouvert sur les réseaux sociaux, etc. » 

Frédéric Neau partage en partie ce besoin d’être moins « égocentré » de la part des partis politiques, que la mode qui consistait pour chaque parti d’avoir « son Facebook » n’était pas une bonne stratégie (directement copiée sur le succès de MyBarakObama en 2008). « Le terrain de jeu maintenant, c’est Facebook et Twitter ».

Jonathan Bouchet-Petersen rappelle lui que, jusque-là, les candidats essuient sur Internet plus souvent des tirs de « boules puantes » et des commentaires « dénigrants » plutôt que de se voir opposer « un débat de fond constructif ».

Valério Motta pointe tout de même plusieurs types de contenus, qui, selon lui, marchent bien et intéressent les internautes. « Les directs commentés et nourris avec les Internet, via Coveritlive ou Storify, et tous les projets co-construits de manière collaborative avec les internautes » sont selon lui deux bonnes façons de capter l’attention et de susciter l’engagement des citoyens.

> Les sites des partis politiques : des lieux d’information et de recrutement

Bien décidés à diffuser de l’information auprès de leurs sympathisants, voire à couvrir les événements politiques majeurs, les sites des partis ont-ils pour autant vocation à venir se substituer aux médias traditionnels ?

« Je vois mal le Parti Socialiste corriger en direct les propos de François Hollande lors d’un meeting », objecte Jonathan Bouchet-Petersen, qui met en avant le travail de vérification des faits, à même d’être réalisé par des « médias plus indépendants ».

L’objectif des partis est donc avant tout d’aller s’adresser à leur base militante, puis ensuite aller chercher la conversation avec les autres internautes sur les réseaux sociaux. Doté d’un budget plus modeste (un à trois millions d’euros, huit à dix fois plus pour le PS et l’UMP), la question du numérique pour communiquer est essentielle pour Europe Ecologie Les Verts. Frédéric Neau a donc commencé « tout seul » la communication en ligne du parti avant les élections européennes. De vidéos en réalisations concrètes, il est maintenant à la tête d’une "cyber-armée" de 300 écolo-geeks.

> 2012, une campagne pleine de surprises ?

Quelles évolutions attendre de cette campagne présidentielle 2012 ? Pour Manuel Diaz, les « digital natives ont un devoir, celui d’enseigner ce qui se passe dans l’industrie numérique à nos responsables politiques ».

Que les dirigeants prennent tous, ou non, conscience de ces enjeux, l’année électorale sera à coups sûr remplie de « surprises, qu’on ne peut prédire par définition » commente le journaliste de Libération. Il ajoute que si l’élection présidentielle est « englobante » et se doit de mobiliser sur les réseaux, ces derniers ne peuvent « pas remplacer la réunion de quartier » lors des autres scrutins, à commencer par les législatives.

Valério Motta remarque enfin que lorsque la campagne officielle va démarrer, le temps de parole des candidats sera extrêmement réglementé et limité (égalité entre candidates et à la télévision et à la radio). Le web sera donc « un levier important pour mettre des sujets à l’agenda, grâce à des sites dédiés et des initiatives en ligne » conclue-t-il.

Jason Wiels le 04/01/2012
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Jason Wiels le 04/01/2012

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