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Opendata : les leçons à tirer de data.gov.uk, par Nigel Shadbolt

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Nous entamons la publication d'une série de vidéos tirées de la conférence l'opendata, et nous, et nous ?, que nous avons organisé le 17 mars avec le World e.gov Forum, au campus Microsoft.

Première vidéo : celle de la présentation de Nigel Shadbolt, professeur d'intelligence artificielle à l'université de Southampthon, mais qui a surtout participé au lancement du portail data.gov.uk, lancé en janvier 2010

Du punch, de l'envie, des conseils affutés : bref, sans doute une bonne source d'inspiration pour tous les participants : jugez-plutôt !

> L'intégralité de la présentation de Nigel Shadbolt 

 

> Son support de présentation

> Quelques points clefs

  •  Rien de tel qu'un peu de compétition !

Data.gov aux Etats-Unis, data.gc.ca au Canada : rien de tel qu'un peu de compétition pour être le plus performant possible, explique Nigel Shadbolt, pour débuter sa présentation. 

« On essaye de se mesurer, c'est un très bon stimulus. Quand Obama a lancé data.gov, en 2009, cela a envoyé un très bon signal en Grande-Bretagne : nous avions publié un petit rapport parlementaire en 2005 sur la question, et je crois sincèrement que cela aurait pu en rester là sans le stimulus venu des Etats-Unis. Et on peut surtout apprendre les uns des autres. »
  • « Où il n'y a pas de vision, le peuple périt » : les données au service de l'intérêt public

 Et Nigel Shadbolt de citer ... la Bible, et plus précisément, le livre des proverbes, chapitre 29, verset 18 ! Explication : à la question : des données pour quoi faire ?, la  réponse de Shadbolt est sans appel : elles doivent servir l'intérêt public. Et il prend deux exemples pour démontrer en quoi elles peuvent y contribuer :

> L'histoire, contemporaine, de la construction d'une carte répertoriant les lieux les plus dangereux pour les cyclistes à Londres, après un accident de vélo ayant tué un proche d'un conseiller du 10 Downing Street.

« Une fois les données publiées, une application était en ligne dans les 2 jours. Est-ce qu’un gouvernement aurait été capable de construire une application en deux jours ? Non. Il lui aurait fallu deux ans, et encore ... »

> Le cas, nettement plus ancien, du premier mash-up de données. Il remonte, selon Shadbolt, au 18e siècle - en 1854 pour être tout à fait précis, avec les travaux de John Snow :

« Snow a représenté sur une carte les cas mortels de choléra à Londres. Et a observé que tous les morts se trouvaient près des puits et autres sources d'eau. C'était la première fois qu'a été réellement compris le lien entre l'eau et la diffusion du choléra ! »

  • L'opendata n'est ni de gauche, ni de droite !

Bernard Stiegler nous expliquait, dans le long entretien qu'il nous a accordé pour préparer cette conférence, que l'opendata pouvait obéir à des logiques idéologiques très différentes : 

« Pour Barack Obama et Al Gore qui le conseille, il s’agit sans doute de reconstituer un pouvoir critique inspiré des Lumières et des « pères fondateurs » contre l’hégémonie des industries culturelles. Alors que dans l’esprit du néo-libéral David Cameron en Grande-Bretagne, l’objectif consiste plutôt à court-circuiter les services publics. »

Certainement pas, répond Nigel Shadbolt, qui recommande de ne surtout pas faire de l'opendata un sujet partisan. Et il cite la manière dont lui et Tim Berners-Lee ont travaillé successivement avec les équipes du travailliste Gordown Brown (les premières rencontres remontent à juin 2009), puis celles du conservateur David Cameron, puisqu'ils font partie du Public Sector Transparency Board, créé en juin 2010 :

« Nous avons changé de gouvernement en Grande-Bretagne. Les politiques ayant initié le mouvement opendata au niveau gouvernemental n'ont pas été réélus ... mais à vrai dire, dans leurs programmes, les conservateurs qui leur ont succédé ont poursuivi le mouvement. Et ils avaient d'ailleurs repris cela dans leurs programmes ! Débrouillez-vous pour atteindre un point où l'opendata n'est plus partisan ! »

  • Créer de l’engouement à tous les échelons

Qui doit initier une politique opendata ? L'Etat ? Les villes ? Les régions et les villes peuvent aller plus vite que l’Etat, lorsqu'elles sont propriétaires de certaines données, explique Nigel Shadbolt. Elles peuvent donner le la. Il n'y a donc pas vraiment de bon niveau pour mener une politique opendata, tous les échelons administratifs peuvent être concernés.

  • Quelques arguments ...

Quels arguments utiliser, pour convaincre des vertus de l'opendata ?

La transparence, bien sûr, mais il n'est pas non plus interdit de parler ... d’efficacité, voire de retour sur investissement, explique Nigel Shadbolt :

« En fait, vous en avez plus, pour moins ! Plus besoin de tous ces fonctionnaires chargés de vérifier si telle ou telle information peut être délivrée .. . Plus besoin, non plus, de se poser des dizaines de questions sur le format ! »

Nigel Shadbolt cite un autre cercle vertueux qui a été observé en Grande-Bretagne : celui de la vérification des données publiques par les citoyens, à travers la mise à disposition de données de transport (réseaux de train, et de bus), dans le cadre du National Public Transport Access Node (Naptan) :

« Plus de 300.000 arrêts de bus étaient répertoriés, mais 18.000 n’étaient pas à jour … ! Cela représente un taux d’erreur de 6% ce qui est finalement … plutôt bon. En représentant les données sur une carte et en permettant aux internautes d'indiquer les éventuelles erreurs, ce taux peut encore baisser »

(un clic sur la carte pour accéder aux travaux)

  • Est-ce que ça marche ? Quelles données sont le plus utilisées ?

Oui ! Toutes les données relatives au transport, et à la sécurité font des cartons. Mais attention, ne pensez pas pour autant que vous pourrez prévoir quelles données génèreront tel ou tel type d’application, avertit Shadbolt :

« Personne ne pensait que les données autour des 'anti-social behavior' [précisions icideviendrait l’une des applis les plus téléchargées ! Et le site dédié aux cartes des délits a enregistré 35 millions de clics en un jour [le site, sa présentation]. Cela montre l’appétit des citoyens pour les données ! »

  •  Les utilisateurs finaux et les citoyens sont-ils fiables ?

Nigel Shadbolt cite cet argument « anti-opendata », qu'il dit s'être vu opposé à plusieurs reprises par des hommes politiques :  « On ne peut pas faire confiance aux gens, ils ne sont pas fiables ! ». Sa réponse est cinglante :  « OK. Très bien. Mais que font les politiciens ? Que font les journalistes ? »

Et l'exemple qu'il cite est en effet ... croustillant : un article du Daily Mail a en effet affirmé très sérieusement, sur la base d'un rapport parlementaire, que le Royaume-Uni affichait la plus forte densité de population en Europe après les Pays-Bas

« Oui, c'était rigoureusement exact ... mais parce que le Pays-Bas avait été amputé, dans les calculs, de toutes ses surfaces situées sous le niveau de la mer. Et ça fait beaucoup ... ! »

Shadbolt voit dans le journalisme de données ou datajournalism une amélioration potentielle du niveau d'information.

  • Et quelques leçons opérationnelles
 
> Des approches top-down (TD, sur la présentation), bottom-up (BU), middle out (MO), laquelle privilégier ? Et bien finalement ... peu importe, explique Nigel Shadbolt :

« Si on peut avoir le « go » politique, comme celui que vient d’obtenir Séverin [Naudet], c’est parfait. » 

> Les activistes en voudront toujours plus : c’est normal, ils sont là pour ça.

Côté agences gouvernementales et opérationnel : utilisez des méthodes agiles.

>> « Et surtout : utilisez la communauté, c'est vous qui êtes la réponse ! »

> Pour aller plus loin :

> Revivez l'intégralité de l'atelier avec notre compte-rendu :

 

Antoine Bayet le 28/03/2011
antoine
Antoine Bayet le 28/03/2011

15 Comments


RSLNmag

[vidéo] Les leçons à tirer de data.gov.uk, par Nigel Shadbolt (@Nigel_Shadbolt) pour la conf #opendata : http://bit.ly/gabqnC

le 28 March 2011
LiberTIC

RT @RSLNmag: [vidéo] Les leçons à tirer de data.gov.uk, par Nigel Shadbolt (@Nigel_Shadbolt) pour la conf #opendata : http://bit.ly/gabqnC

le 28 March 2011
RochGiraud

RT @RSLNmag: [vidéo] Les leçons à tirer de data.gov.uk, par Nigel Shadbolt (@Nigel_Shadbolt) pour la conf #opendata : http://bit.ly/gabqnC

le 28 March 2011
citizensuite

RT @LiberTIC  pour la conf #opendata : http://bit.ly/gabqnC http://bit.ly/ht25eO

le 28 March 2011
ClaudeSuper

RT @RSLNmag: [vidéo] Les leçons à tirer de data.gov.uk, par Nigel Shadbolt (@Nigel_Shadbolt) pour la conf #opendata : http://bit.ly/gabqnC

le 28 March 2011
karima_rafes

RT @citizensuite: RT @LiberTIC  pour la conf #opendata : http://bit.ly/gabqnC http://bit.ly/ht25eO

le 28 March 2011
HenriLefevre

Via @RSLNmag : [vidéo] Les leçons à tirer de data.gov.uk, par @Nigel_Shadbolt pour la conf #opendata : http://bit.ly/gabqnC #fb

le 28 March 2011
arnaud_thurudev

Opendata : les leçons à tirer de data.gov.uk, par Nigel Shadbolt http://bit.ly/fXSoKr

le 28 March 2011
fcinq

[RSLN] L'opendata n'est ni de gauche, ni de droite, dixit @Nigel_Shadbolt (entre autres choses) : http://bit.ly/gabqnC #opendata

le 28 March 2011
JohnFMoore

RT @HenriLefevre: via @RSLNmag [vidéo] Les leçons à tirer de data.gov.uk, par @Nigel_Shadbolt pour la conf #opendata : http://bit.ly/gabqnC

le 28 March 2011
benmocshe

RT @JohnFMoore: RT @HenriLefevre: via @RSLNmag [vidéo] Les leçons à tirer de data.gov.uk, par @Nigel_Shadbolt pour la conf #opendata : h ...

le 28 March 2011
fcauchi

opendata : les lecons à tirer de data.gov.uk par nigel shadbolthttp://goo.gl/mkrTC

le 28 March 2011
michaeltartar

Opendata : les leçons à tirer de data.gov.uk, par Nigel Shadbolt #RSLN @opendata #v http://ow.ly/4o7CD

le 28 March 2011
Lyne_Robichaud

RT @JohnFMoore: RT @HenriLefevre: via @RSLNmag [vidéo] Les leçons à tirer de data.gov.uk, par @Nigel_Shadbolt pour la conf #opendata : h ...

le 28 March 2011
fcharles

RT @michaeltartar: Opendata : les leçons à tirer de data.gov.uk, par Nigel Shadbolt #RSLN @opendata #v http://ow.ly/4o7CD

le 29 March 2011

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