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Politique

Web et Politique - Joe Trippi : comment réussir une campagne politique en ligne

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Nous vous proposons de revivre en vidéo notre événement « Du web en politique : que nous réserve 2012 ? » du mercredi 16 novembre dernier sur le campus de Microsoft France

Cinquième vidéo avec l'intervention de Joe Trippi, stratège politique, spécialisé dans les campagnes en ligne, et qui a été l’un des premiers à comprendre le potentiel d’Internet en politique, en réalisant notamment la campagne à la présidence américaine d’Howard Dean en 2004. Il explique ce que le Web change à la politique, avant d’en tirer des leçons pour réussir une campagne en ligne en France.

> La vidéo intégrale de son intervention :

> Abandonner une partie du pouvoir :

« Aujourd’hui en communication en politique, nous assistons à un changement de pouvoir » attaque Joe Trippi.

Joe Trippi insiste sur le changement de paradigme de la communication en général. « Le changement de communication vient du haut vers le bas ». Pour lui, « Les gens désormais ont plus de pouvoir que les leaders des partis », en prenant notamment pour exemple les réseaux sociaux qui permettent de nouvelles formes d’organisation et de mobilisation mais également en revenant sur le poids des blogs qui restent importants, même si leur heure de gloire est passée.

Dans ce nouveau monde numérique, il explique que nous avons créé des « Goliaths », des entreprises d’entreprises, des grandes corporations. En parallèle, chaque individu est un « David ». Et pour lui, il faut se demander ce que nous donnons comme pouvoir aux individus. Les partis doivent-ils armer les Davids, leur donner la parole. Pour Joe Trippi, il faut en fait donner des outils, notamment numériques, aux Davids, pour leur permettre de s’approprier le pouvoir.

Dans ces outils, Il souligne également l’importance de tous les utiliser et de tous les occuper : toutes les plateformes en ligne, des sites aux blogs en passant par les réseaux sociaux ou par les jeux vidéo, ont une fonction propre et complémentaire de celles des autres.

Selon lui, « de cette façon, les messages sont liés les uns avec les autres, et permettent de créer une caisse de résonnance qui fait revenir le message en écho ». Il appelle à voir plus large que chaque média ou canal pour penser le fonctionnement global.

> Dépasser la campagne de d’Howard Dean :

L’exemple de la campagne de Dean a montré les possibilités qu’offre le web. D’une candidature peu médiatisée, elle a rapidement donné naissance à la première grande campagne numérique. Les mêmes procédés ont ensuite été repris plus largement, notamment par Barack Obama, qui a su parfaitement tirer profit des réseaux sociaux pour faire passer les campagnes en ligne dans une autre dimension.

« A l’époque de la campagne d’Howard Dean, nous n’avions pas Youtube, Twitter et Facebook. Mais déjà à l’époque, il y avait un énorme potentiel, notamment pour lever des fonds. Aujourd’hui, le potentiel est gigantesque. »

Pour Joe Trippi, , il faut s’appuyer sur tous les citoyens, tous les « Davids », tant financièrement qu’idéologiquement, car il faut essentiel de les engager, de les mobiliser, de leur donner le pouvoir.

Dans ce sens, il ne faut surtout pas hésiter demander des idées, des avis, des conseils aux gens. Il faut : « laisser les gens trouver les solutions. Laisser la population choisir. Pourquoi demander à une agence de faire notre logo quant un internaute peut nous en proposer un ? Ce n’est pas une agence qui décide et impose ses choix ».

Pour illustrer son idée, Joe Trippi revient sur la campagne de Goodluck Jonathan, désigné comme le président de Facebook par CNN avec ses plus de 600 000 fans sur Facebook. Joe Trippi et son équipe ont accompagné Goodluck Jonathan lors de sa campagne électorale au Nigéria. Mais l’utilisation du réseau social ne s’est pas arrêtée avec la fin de la campagne : il échange régulièrement avec ses citoyens et leur demande directement des idées.

> Et en France ?

Pour Joe Trippi, les contraintes qui « pèsent sur les campagnes électorales » - la restriction des temps de parole, les contraintes lors de l’achat des bases de données – sont un défi pour la politique en ligne mais également l’une de ses meilleures opportunités.

Pour lui par exemple, la clé d’une campagne réussie est de commencer très tôt et de maintenir le dispositif sur le long terme, et notamment sans l’abandonner après l’élection.

Durant la campagne de Barack Obama, trois millions de personnes ont fait des donations pour soutenir la campagne. Un chiffre plus qu’honorable… mais qui ne représente que 1% de la population. Cela montre bien que ce n’est qu’une partie de la population qui a été touchée et qu’il reste encore des possibilités. En France, ces possibilités sont encore plus grandes, car il n’y a pas encore eu de campagne « référence » comme celle d’Howard Dean puis de Barack Obama aux Etats-Unis.

Joe Trippi a enfin souligné l’importance de la viralité à l’heure actuelle. Barack Obama a treize millions d’amis sur Facebook, s’il leur demande à chacun d’inviter un ami, il a directement vingt-six millions d’amis. Et si chaque ami invite un ami, un nombre considérable de personnes peut être atteint : un parfait exemple du pouvoir des internautes et de la force de recommandation par les pairs

> « La morale de l'histoire » ?

Pour permettre aux citoyens de s’approprier la politique en ligne, il faut accepter d’abandonner une partie du pouvoir. Et pour Joe Trippi, le candidat qui aura le courage de le faire en France, de prendre des « risques » sur les supports numériques et de donner les outils nécessaires aux internautes, aura, sans aucun doute, une grande longueur d’avance sur les autres candidats.

> Pour aller plus loin :

Découvrez notre magazine « Le temps de l'hypercitoyen »qui revient largement sur ces thématiques.

Claire Abrieux le 30/12/2011
Claire
Claire Abrieux le 30/12/2011

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