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Médias

Journal en ligne rentable : si, si !

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Voici un télescopage d’actualité né au hasard de deux nouvelles croisées sur le web. D’un côté Rue 89, qui, après quatre années d’exploration des nouveaux formats éditoriaux de l’info en ligne, annonce se vendre au groupe Nouvel Observateur. De l’autre, un article de Mashable, qui raconte par le menu comment la revue The Atlantic, née en 1857, est parvenue à atteindre la rentabilité, en ligne, en misant sur l’exigence. Et voici le compte rendu de nos lectures croisées.

> Rue 89, Médiapart : gratuit vs payant

Le hic avec la presse en ligne c’est qu’il s’agit d’un modèle à la croisée des chemins. La culture web va souvent de pair avec la notion de gratuité. Et pourtant, la création d’une information de qualité nécessite du temps et des compétences. Et a donc un coût certain. Mais où trouver ces ressources financières ?

Pendant longtemps, de nombreux acteurs ont fait le pari de la gratuité en fondant leurs espoirs sur les revenus de la publicité. C’est le cas de Rue 89 d’ailleurs, qui dès ses premiers pas avait choisi d’être entièrement gratuit. L’idée originelle du financement par la publicité : plus l’audience du site augmente, plus les revenus liés à la publicité augmente. Problème : cela ne fonctionne pas vraiment de cette façon en ligne.

«Le modèle fondé sur la pub a montré ses limites : quand on a démarré en 2007, on nous disait :un million de visiteurs uniques par mois, c'est un million d'euros de recettes publicitaires. C'est faux. On a 2 millions de visiteurs uniques, et on n'arrive pas au million pour la pub», explique Pierre Haski, cofondateur de Rue 89.

Ce déséquilibre, très bien expliqué ici, vient de la logique toute simple de l’offre et de la demande : au plus le nombre de pages et d’articles de presse augmente en ligne, au plus d’espace de publicité il y a, au moins l’offre publicitaire est intéressante pour les sites éditeurs…

L’information doit-elle être payante ? Pour Edwy Plennel, cofondateur de Mediapart, « il n’y a qu’un seul modèle viable : le paiement » soulignait-il dans le Point. Aujourd’hui, le site affiche 500 000 euros de bénéfices. Pourtant d’autres voies sont peut-être possibles comme le montre Matthieu de Vivie dans sa thèse , comme le journalisme de liens -qui recoupe la notion actuelle de curation- ou encore les blogs devenus des médias. Sans compter que des cas particuliers existent.

> The Atlantic, en ligne et en bénéfices

En à peine quatre ans, le journal The Atlantic est devenu rentable. Et grâce au digital en plus. Avec une croissance constante de leurs revenus liés à la publicité depuis quatre ans, Le journal The Atlantic apparait comme à la pointe d’une industrie journalistique où les faillites se multiplient. Et en plus la direction dit n’en devoir le crédit qu’à la stratégie du « digital d’abord » commencée il y a quatre ans.

Il s’agit là d’un magazine à périodicité mensuelle, où l’on parle de politique, d’affaires étrangères, d’économie ou encore de culture. Rien que des sujets costauds. En 2010, le journal a levé 1,8 million de dollars : sa première année de rentabilité depuis dix ans. En Octobre de cette année-là, les revenus des publicités digitales ont dépassé ceux du journal papier. Mais cela n’a pas pour autant signifié le sacrifice du format papier. En fait, the Atlantic a vendu plus d’espaces publicitaires dans le format papier ce même mois d’Octobre que tous les autres mois des années précédentes. Depuis les trois noms de domaine theatlantic.com, theatlanticwire.com et theatlanticcities.com ont dépassé le nombre de 11 million de vues uniques par mois.

L’idée de base était bien plus ambitieuse que de rendre le magazine rentable : il s’agissait de se servir de The Atlantic comme d’une marque médiatique digitale globale. Et concrètement ? La première étape a été de rendre le site entièrement gratuit et accessible. De cette façon, le journal pouvait se rendre compte de son audience réelle. En parallèle, The Atlantic a continué de développer un réseau de « grosses voix » pour le web, des rédacteurs influents. Une preuve que la force des voix individuelles est plus importante sur le web.

En se positionnant comme un media indépendant de tout parti politique ou de toute organisation influente, The Atlantic Monthly gagne peu à peu une audience stable. Le fait que le journal représente toutes les parties prenantes des débats en cours –qu’il s’agisse d’éducation ou de poésie- en fait un organe d’opinion fort. La particularité de magazine vient donc du fait qu’il est « une plateforme de voix », sans cohérence idéologique. Ce qui ne veut pas pour autant dire que la qualité et l’intelligence est sacrifiée : la rédaction préfère autant ne pas publier une histoire ou la publier trop tard que la publier sous une forme insuffisante.

> Pour aller plus loin :

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Claire Abrieux le 27/12/2011
Claire
Claire Abrieux le 27/12/2011

1 Comments


CeciLoge

Intéressant!

http://www.unechouettegeek.com/

le 27 December 2011

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