Le livre numérique, c'est pour bientôt ? débat

Internet et le souci de la qualité orthographique, littéraire, typographique

contributeur Jean-noël Lafargue Maître de conférences associé à l'Université Paris 8, enseignant le multimédia dans plusieurs écoles d'art : Le Havre, Rennes, e-Artsup le 28/10/2011

Je crois que c'est au début des années 1960 que les gens, pourtant de plus en plus alphabétisés, ont perdu l'habitude d'écrire : le téléphone, l'automobile et les grands changements de la configuration des familles ont peu à peu rendu inutile la lettre postale comme moyen de maintenir le lien familial et amical. Et puis trente ans plus tard, l'Internet grand public est arrivé et, de manière inattendue, a remis chacun de nous à l'écriture, grâce au mail, aux forums, au chat, etc.

Incidemment, le souci de la qualité orthographique, littéraire et même typographique ont fait un retour tout aussi surprenant. Quinze ans plus tard, encore, nous entrons sans doute dans un nouvel épisode de l'histoire de la lecture.

 
Même si ce n'est pas une surprise - il était annoncé depuis longtemps -, le livre électronique semble à présent en passe d'exister réellement. Les dispositifs sont prêts, avec le retour de la tablette, notamment ; les éditeurs et les distributeurs y croient beaucoup (comme renouveau commercial ou comme triste fatalité) ; le public y croit un peu, il attend de voir.
 
Va-t-on réussir à convaincre les lecteurs que le progrès, c'est que les livres fonctionnent avec des piles ? Que le progrès, ce sont des livres qui peuvent s'évaporer si un ayant-droit ou une personne diffamée gagne son procès ? Des livres qui ne fonctionnent plus lorsque la société qui gère leurs DRM met la clef sous la porte ? Des livres dont le contenu peut être modifié à distance ? Restera-t-il des gens pour lire, au fait ? Comme tout le monde, j'attends de voir.

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1 Comments


Jean-noël Lafargue

Complément : mon regard est un peu réactionnaire, mais je pense que les nouveautés technologiques correspondent à une crise (un instant de bouleversement) de la lecture, et il peut en sortir du bon et du mauvais. L'idée de pouvoir partir en vacances avec 500 livres sur moi est agréable ; les expériences de livres jeu, de livre vivant, de gens comme Étienne Mineur, me passionnent aussi ; la possibilité d'annoter ses lectures, là encore, est une perspective très agréable...

le 17 January 2011 à 9h18

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