Décoder, décrypter et répondre aux questions de votre quotidien numérique : l’Antisèche est une nouvelle rubrique sur RSLN.
Après s’être intéressés aux dessous de la coupure du Net en Libye et à la façon d’écrire « Internet », nous vous proposons de regarder d’un peu plus près deux des objets centraux dans le monde actuel : la souris et le clavier.
Imaginez la scène : vous êtes devant un mur sur lequel est projetée une image de deux mètres de haut sur quatre mètres de large. L’ordinateur répond à vos gestes : vous zoomez avec vos deux mains, lancez une vidéo en en rapprochant une de l’écran.
Ça vous rappelle quelque chose ?
Eh bien non, vous n’êtes plus dans Minority Report et ce n’est plus (vraiment) de la science-fiction.
Vous êtes juste en train d’utiliser les nouvelles interfaces naturelles qui permettent d’interagir directement entre l’homme et la machine, sans bouton ni contrôleur. Regardez plutôt :
Pourtant, dans les bureaux, les salles de rédaction, les écoles et les foyers, les claviers et les souris encombrent toujours nos bureaux, continuant à jouer leur rôle historique d’intermédiaires entre l’utilisateur et l’ordinateur.
Pourquoi sommes-nous irrémédiablement liés à nos claviers et à nos souris ?
C'est la question que nous sommes allés poser à Andrew Fitzgibbon, chercheur à Microsoft Research Cambridge, l’un des « pères » de Kinect et spécialiste ces nouvelles interfaces naturelles :
« Est-ce que l’avènement de ces nouvelles interfaces marque la fin de la souris et du clavier ? Je ne pense pas, non. Même si le monde est de plus en plus digital, il y a toujours des stylos, du papier et des livres, non ? C’est la même chose ici : une nouvelle interface ne vient pas nécessairement remplacer la ou les précédentes. »
Il explique que ce qui compte vraiment en fait, c’est le type d’interaction, l’usage :
« Tout dépend de l’interaction en question : au plus, elle est longue – par exemple taper un texte, remplir des feuilles de calcul – plus les anciennes technologies sont efficaces, au moins pour le moment. »
Mais pour autant ces « anciennes technologies » continuent, elles-aussi, à évoluer pour continuer à remplir le mieux possible leurs missions :
« Chaque interface a ses avantages, on ne va pas remplacer la souris par autre chose. Les utilisations sont simplement différentes, c’est pour ça qu’il faut continuer à améliorer ces interfaces, tout en travaillant sur de nouvelles. »
L’exemple le plus frappant est sans doute celui de la souris : depuis son invention en 1963, elle a vu progressivement sa rapidité augmenter, sa précision s’affiner ou encore sa fameuse « boule » être remplacée par des capteurs optiques.

Son nombre de boutons a radicalement augmenté pour récemment… disparaître et être remplacés par des surfaces tactiles qui permettent des mouvements plus sophistiqués, à plusieurs doigts.
À la frontière entre les interfaces naturelles, tactiles et traditionnelles, elle est peut-être un des meilleurs exemples des possibilités offertes par la complémentarité de ces deux technologies.
> Pour aller plus loin :
> Illustrations :
- BW par please.choose.another, flickr, licence CC
- Mouses par youngthousands, flickr, licence CC