Société

Comment les réseaux sociaux peuvent devenir les meilleurs amis des forces de police

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C’était il y a deux mois déjà, pendant les émeutes londoniennes. Souvenez-vous : le premier ministre britannique, David Cameron, échaudé par plusieurs journées d’émeutes qui ont été un peu rapidement présentées comme « facilitée par les réseaux sociaux » s'interrogeait sur la possibilité de permettre au gouvernement de « débrancher », purement et simplement, les réseaux sociaux, au nom du maintien de l'ordre.
 
Débats immédiats, en Grande-Bretagne mais pas seulement, sur l’air du : « Ne touchez pas à la liberté du net » - et, de manière plus fine et mieux documentée : « Ces politiques ne comprennent vraiment donc rien à internet, ni aux manifestants, d’ailleurs » - on peut d’ailleurs noter que le débat parlementaire britannique subit encore les contre-coups ce ces premières prises de positions – on discute, en ce moment, à Westminster, des « réponses aux émeutes ».

Loin de ces polémiques, des forces de police des Etats-Unis disons un peu plus « connectées », et, surtout, travaillant dans le long terme, viennent de tenir un congrès, baptisé « SMILE»  - tout un programme ! - pour « Social Media, the Internet, and Law Enforcement », dont Wired rend compte dans sa section intitulée : « Danger Room ». Soit la section dédiée habituellement à des histoires aussi sexy que l’espionnage industriel via ordinateur, les risques d’attaques cyberterroristes.
 
On y recueille un véritable guide des « do’s » et « don’t » à adopter lorsque, force de l’ordre, on souhaite faire un usage nuancé, équilibré, et fin du web. Et le tout avec des budgets très limités. Nous vous en présentons les principaux points.
 
1. Comprenez ce qui est une info et ce qui ne l’est pas
 
C’est un enseignement en forme de pré-requis, apporté par le capitaine Mike Parker (Los Angeles Country Sheriff ‘s Department) : « Sachez ce qui va attirer l’attention, et ce qui va passer inaperçu », explique-t-il, retenant 11 mots en « c » (de « catastrophe » à « conflit » en passant par « célébrité ») qui vont donner à une info un caractère potentiellement important.
 
2. Démentez les fausses informations
 
Retour cette fois en Grande-Bretagne, avec le témoignage de Mark Payne (West Midlands Police) :
 
« En faction et en patrouille sur le terrain lors des émeutes de l’été, il raconte que son temps aurait peut-être été plus utile s’il l’avait passé en ligne, à combattre les rumeurs, qui menacent de se transformer en prophétie auto-réalisatrice si elles ne sont pas combattues, démenties. »
 
3. Lorsque vous enquêtez, prenez une longueur d’avance
 
Vous découvrez une info que vous jugez « essentielle » sur le net ? Vite, sauvegardez là, avec une capture d’écran, ou en récupérant le fichier source d’une vidéo, par exemple, explique Johan Ortega (Dallas Police Departement).

4. Jouez de vos « check-in »
 
C’est certainement la plus iconoclaste des propositions. Elle est formulée par Scott Mills (Toronto constable). Ce policier, représentant de ces nouveaux flics 2.0, explique ainsi que, lors de ses patrouilles, il n’hésite à s’enregistrer sur la liste des participants à un événement Facebook dont il doit assurer la sécurité, ou à jouer d’un check-in sur Foursquare dans un bar de nuit où il descend pour le travail. « Dans l’éventualité où un délit serait commis, j’ai une première idée des types de publics concernés », explique-t-il, cité par Wired.
 
5. Existez en ligne sous votre vrai nom, et de manière responsable
 
Irresponsable ? Pas forcément. Car cette proposition a son revers. Elle interroge fondamentalement le policier sur le sens de sa présence en ligne. Et là, le même Mills n’y va pas par quatre chemin. Selon lui, il faut tout simplement que chaque policier entretienne une « extension » de lui-même, en ligne. Un personnage définitivement identifié comme « policier », qui publie sur twitter, tient sa liste d’amis / contacts Facebook à jour.
 
« Communiquer, fréquemment, et de manière informelle, sur les réseaux sociaux, sous leur vraie identité : c’est la seule manière pour les policiers de gagner la confiance, d’être identifiés comme des interlocuteurs crédibles, respectant l’esprit des lieux », expliquait-il, toujours cité par Bill Wasik.
 
« Une fois bien formé à la prise de parole en ligne, ce « policier 2.0 » peut faire énormément de bien », écrit le journaliste, visiblement convaincu.
 
> Pour aller plus loin : 
 
Twitter : « 22, v'la la police ... », une étude présentant les pratiques de policiers sur Twitter décortiquée par RSLN (septembre 2010, cela commence à dater, un peu)
 
> Visuel utilisé dans ce billet : 
 
Carrboro cops twitter, par dmason, licence CC
Antoine Bayet le 13/10/2011
antoine
Antoine Bayet le 13/10/2011

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