RAPPEL - RSLN organise, mercredi 16 novembre, un après-midi d’échanges et de réflexions, intitulé « Du web en politique : que nous réserve 2012 ? » - toutes les infos pour vous inscrire sont là, et le programme détaillé est à retrouver au bas de ce billet.
Pour alimenter les débats, nous nous lançons, en amont, dans une exploration du « paysage internet politique français ». Première étape : une plongée dans les usages du web politique, à l’échelle locale.
Les « big data » - ou, plutôt, leur maîtrise – seront au cœur de l’élection 2012 aux Etats-Unis, à tel point que la capacité d’Obama à pratiquer le « data crunching » (le croisement des données, en bon français) pourrait lui permettre de conserver le bureau ovale, aussi impopulaire soit-il en ce moment.
Des « big data », qu’est-ce que c’est ?
Derrière ce terme se cache évidemment la collecte et l'entretien
d'une énorme base de contacts, principalement des adresses électroniques, évidemment - à la fin de la campagne 2008, Barack Obama avait ainsi récolé 13 millions d’adresses électroniques et 2 millions d’utilisateurs d’un réseau social dédié,
mybarackobama.com.
Mais cette base de données, il faut surtout
savoir la solliciter à bon escient, explique Micah Sifry dans sa démonstration.
Alex Lundry, un expert ès data-mining (TargetPoint Consulting) républicain, explique ainsi dans l’article de Sifry :
« Le graal suprême de l’analyse de données, c’est évidemment l’harmonisation de celles-ci. Permettre à un politique de parler à un trésorier, et à un trésorier de parler aux militants de terrains, avec une remontée et un partage immédiats, des données qui permettent d’amender et développer de nouvelles actions : voilà, ça n’a l’air de rien ainsi, mais c’est évidemment très compliqué à implémenter. »
Et il continue :
« Prenez l’image d’une équipe de campagne comme d’un corps. Souvent, pendant le temps de la campagne, une main ne sait pas ce que l’autre est en train de faire ! Un bon management de vos données collectées vous permet au contraire de savoir si vous parlez souvent à une personne, vous éviter de la spammer d’information inutile et pas assez précise. »
On en est où, alors, pour 2012 ?
Pour les experts républicains interrogés par Sifry, la campagne républicaine a clairement un train de retard sur la question. Surtout, l’équipe de campagne de Barack Obama est d’ores et déjà en train de recruter des profils d’experts en analyse de données poussées.
Eh oui, vous avez bien lu. La mission de l'expert recherché est bien la suivante :
« Analyser des millions d’interactions par jour, tirer les enseignements de terabytes d’historiques de données, lancer des milliers d’expérience, en informer la stratégie de campagne. »
Et en France, alors ? Arnaud Dassier, entrepreneur internet et chroniqueur engagé de la campagne électorale en ligne côté UMP, résumait bien la possible avancée tactique permise au PS, après l’organisation des primaires :
Reste à présent à savoir ce que les équipes socialistes feront de ce « trésor » - et comment ils sont, ou non, les faire parler.
> Et pour aller plus loin :
- Six Provocations for Big Data, par danah boyd (septembre 2011), et sa traduction en VF, par l'équipe d'Internet Actu.
- « Cher internet politique ... » : notre invitation à la rencontre du 16 novembre, intitulée Du web en politique, que nous réserve 2012 ?
- Le programme des échanges du mercredi 16 novembre :
- Tous nos articles sur le couple nouvelles technos - politique,
- Retrouvez notre enquête sur la progressive affirmation du phénomène e-démocratique, publiée en décembre 2009, mais qui reste largement d'actualité :