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Environnement

L'innovation au secours de la planète ? Voyage au coeur du couple développement durable et recherche

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(visuel : Green IT, par southgeist, licence CC)
 
La recherche fondamentale a beaucoup à apporter au développement durable - et vice-versa. Ce jeudi 27 janvier, le CNRS, l'Ecole Polytechnique et Microsoft [l'éditeur de RSLN] ont invité les meilleurs scientifiques français, aux côtés d'acteurs privés, publics, et de terrain à faire part de leur expérience dans le domaine du développement durable, à l'occasion des deux ans d'activité de la chaire « Optimisation et développement durable ».
 
Le constat à l'origine de la création de la chaire est simple : de nombreuses questions liées au développement durable peuvent être modélisées par des problèmes d’optimisation.
 
> Des algorithmes pour automatiser l'exploration des alternatives
 
Car toutes les décisions liées à l'environnement ont ceci de particulier qu'elles se prennent « dans le cadre d’un environnement marqué par de fortes incertitudes », rappelle le directeur de Polytechnique, le général Xavier Michel. 
 
Et ce : que l'on construise un bâtiment, que l'on s'interroge sur la gestion des centrales nucléaires en France, ou que l'on cherche à préserver l'écosystème d'un lac sénégalais.
 
Youssef Hamadi, l'un des deux directeurs de la Chaire, et chercheur au sein de Microsoft Research, à Cambridge, spécialiste de programmation par contraintes, précise ainsi que la chaire cherche à mettre à jour « une nouvelle génération d’algorithme, qui tienne compte des attentes d’un décideur dans la résolution de problèmes », pour « automatiser l’espace de design et l’exploration des alternatives ».
 
Exemple concret : parvenir à concilier des objectifs aussi contradictoires en apparence, dans le cas de la gestion d'un projet environnemental au Sénégal, de facteurs tels que : l'aléa et la pénurie des ressources naturelles, la préservation des exploitations familiales rurales, la volonté d'ouverture à l’investissement, et, évidemment, et la préservation de l'environnement. 
 
 
> De l'intelligence artificielle (mais pas trop non plus)
 
Deux chercheurs de l'équipe ont expliqué leur victoire lors du challenge Roadef, autour d'une question proposée par EDF R&D, visant à proposer un plan de production énergétique optimal respectant des contraintes complexes (sécurité, maintenance, logistique, etc.).
 
Très concrètement, le challenge posé concernait l'arrêt éventuel de production d'électricité dans une centrale nucléaire, en fonction de données telles que l'état de la production dans le parc national, etc. 
 
L'approche retenue par l'équipe de la chaire, explique Vincent Jost, consistait évidemment à fournir un programme d'aide à la décision, « et qui, au final, pèse quelque chose comme  5.000 lignes de codes ». Evidemment, on touche du doigt, dans ce cas, la question de l'intelligence artificielle - concept dont nous vous avons déjà parlé ici.
 
Mais attention, précise Vincent Jost, pas question de croire au mythe d'un choix opéré entièrement par une machine : « La décision de l'arrêt d'une centrale sera forcément prise par un humain. Nous faisons donc le choix du "à la main". »
 
> Un champ scientifique intégré
 
C'est une discussion abordée par Françoise Gaill, directrice de l'Institut écologie et environnement (INEE, CNRS, présentation) : il faut faire des « sciences de l’environnement » un champ scientifique intégéré, et non une simple discipline. Avec un mot d'ordre clef : « Il faut promouvoir l'interdisciplinarité ! » Cela passe par la mise en avant de la créativité et la formation dans les, sciences de l’évolution et de l’environnement, mais également un rapprochement de la recherche de l’action, explique-t-elle. Autrement dit : une approche assez similaire à celle de nos chercheurs spécialistes de programmation aléatoire !

 

Antoine Bayet le 26/01/2011
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Antoine Bayet le 26/01/2011

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